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Isolationnisme US et Eisner Awards 2025

Par Akira OIKAWA Didier PASAMONIK 31 juillet 2025 
San Diego, 27 juillet 2025 : c'est le rituel du milieu de l'été. Les Eisner Awards sont proclamés à la Comic-Con de San Diego, la plus grande convention du pays. Les années passant, on constate que la BD franco-belge y est de moins en moins présente. Le palmarès, produit par un mix entre des professionnels de la profession (critiques, éditeurs, libraires...) et un vote du public ressemble à cette Amérique trumpiste qui se renferme de plus en plus sur elle-même, xénophobe et appliquant des droits de douane abusifs au reste du monde. Certes, une ouverture est faite à la BD japonaise, parce que, comme chez nous, elle prend désormais un part importante du marché, mais en ce qui concerne la BD francophone : c'est l'adaptation en BD d'un roman américain faite par Manu Larcenet qui attire à elle seule l'attention, c'est tout dire. Pour le reste, la BD franco-belge est vouée au Hall of Fame, une sorte de fosse commune de la BD internationale. Pas très reluisant.

On remarque d’entrée l’honneur fait à Joe Sacco, prix du meilleur one-shot pour The War on Gaza, chez Fantagraphics. Voici ce que nous en disions lors de sa publication en 2024 chez Futuropolis : « Cette façon de simplifier le propos au seul scandale de la guerre (quelle guerre n’est pas scandaleuse ?), sans nuance ni explication, de dénoncer un « génocide » - terme contesté - que perpétrerait un seul homme, le président américain Joe Biden, participe certes à la communication des thèses du Hamas, mais certainement pas à une compréhension des enjeux du conflit, ni à sa résolution. C’est le rôle d’un « pamphlet » direz-vous, destiné à convaincre surtout ceux qui sont déjà convaincus. Mais on n’a jamais fait évoluer le monde par un slogan. »

Voilà à quoi en est réduite l’excellence de la BD américaine. N’y avait-il pas mieux à faire ? Will Eisner doit se retourner dans sa tombe.

Idem pour la BD franco-belge. Si l’on doit constater, au fil des ans, un désintérêt des Etasuniens pour la bande dessinée européenne (seul Blacksad surnageait l’année dernière), le choix de la seule BD franco-belge élue cette année : La Route, le best-seller de Manu Larcenet, s’intéresse à un auteur américain de roman adapté en BD. Pas vraiment glorieux.

Reste le "Hall of Fame". Là encore, le seul nom qui apparaît est Philippe Druillet, co-fondateur de Métal Hurlant. Outre un auteur japonais, incontestable et célébré jusque chez nous : Shigeru Mizuki, la plupart des noms sorti du chapeau par le jury sont anglo-saxons. L’élection de Druillet cotoyant le classique allemand Wilhelm Busch (1832-1908) signe l’enterrement de première classe pour notre créateur encore bien vivant.

Isolationnisme US et Eisner Awards 2025

Gardons cependant contre mauvaise fortune bon coeur en remarquant les oeuvres US qui sont distinguées, en dépit de la sinistrose qui se dégage de ce palmarès.

On ne contestera pas les distinctions de Charles Burns ou de David Mazzuchelli largement reconnus chez nous, ni celle de Gene Luen Yang que nous avions eu déjà l’occasion de rencontrer chez ActuaBD, rare respiration humaniste dans une Amérique trumpiste. C’est d’ailleurs les voix discordantes de l’ambiance brune de la BD américaine qui nous laissent un filet d’espoir.

Notamment, côté Meilleur ouvrage documentaire, c’est Suffrage Song de Caitlin Cass qui a été distingué pour son exploration des luttes autour du droit de vote et des intersections entre genre et race dans l’histoire américaine.

Des femmes et des créateurs asiatiques à l’honneur

Gene Luen Yang, déjà plusieurs fois récompensé notamment aux Harvey Awards, brille à nouveau avec Lunar New Year Love Story, réalisé avec LeUyen Pham, remportant deux prix majeurs : meilleure publication pour ados et meilleur roman graphique original. Yang y est distingué comme le meilleur scénariste de l’année.

Du côté asiatique, la trilogie Tokyo These Days de Taiyo Matsumoto (qui a reçu Le Prix Asie ACBD à la Japan Expo et le Prix littéraire Emile Guimet en France cette année) a reçu quant à lui le Prix de la meilleure BD étrangère catégorie Asie. Là aussi, un prix incontestable.

LA LISTE COMPLÈTE DES LAURÉATS :

- Meilleure histoire courte : Spaces, par Phil Jimenez, dans DC Pride 2024 #1 (DC)
- Meilleur album : The War on Gaza, par Joe Sacco (Fantagraphics)
- Meilleure série en cours de publication : Santos Sisters, par Greg & Fake, Graham Smith, Dave Landsberger, et Marc Koprinarov (Floating World)
- Meilleure mini-série : Zatanna : Bring Down the House, par Mariko Tamaki et Javier Rodriguez (DC)
- Meilleure nouvelle série : Absolute Wonder Woman, par Kelly Thompson et Hayden Sherman (DC)
- Meilleure publication jeunesse pour primo-lecteurs : Hilda and Twig Hide from the Rain, par Luke Pearson (Flying Eye)
- Meilleure publication jeunesse : Plain Jane and the Mermaid, par Vera Brosgol (First Second/Macmillan)
- Meilleure publication pour ados/ Jeunes adultes : Lunar New Year Love Story, par Gene Luen Yang et LeUyen Pham (First Second/Macmillan)
- Meilleure publication humoristique : Processing : 100 Comics That Got Me Through It, par Tara Booth (Drawn & Quarterly)
- Meilleure anthologie : Godzilla’s 70th Anniversary, édité par Jake Williams et autres (IDW)
- Meilleur ouvrage documentaire : Suffrage Song : The Haunted History of Gender, Race, and Voting Rights in the U.S., par Caitlin Cass (Fantagraphics)
- Meilleur travil mémoriel : Feeding Ghosts : A Graphic Memoir, par Tessa Hulls (MCD/Farrar, Straus & Giroux)
- Meilleur nouveau roman graphique : Lunar New Year Love Story, par Gene Luen Yang et LeUyen Pham (First Second/Macmillan)
- Meilleur roman graphique issu du patrimoine (Réédition) : The One Hand and The Six Fingers, par Ram V, Dan Watters, Laurence Campbell, et Sumit Kumar (Image)
- Meilleure adaptation d’un autre médium (littérature, cinéma…) : The Road (La Route), par Cormac McCarthy, adapté par Manu Larcenet (Abrams)
- Meilleure bande dessinée internationale : The Jellyfish (La Méduse), par Boum (Pow Pow Press)
- Meilleure bande dessinée internationale (Asie) : Tokyo These Days, vols. 1–3, par Taiyo Matsumoto (VIZ Media)
- Meilleure collection patrimoniale pour un comic strip : Thorn : The Complete Proto-Bone Strips 1982–1986, and Other Early Drawings, par Jeff Smith (Cartoon Books)
- Meilleure collection patrimoniale pour un comic book : David Mazzucchelli’s Batman Year One Artist’s Edition, par Frank Miller et David Mazzucchelli, sous la direction de Scott Dunbier (IDW)
- Meilleure publication consacrée à la bande dessinée : The Beat, collectif dirigé par Heidi MacDonald (comicsbeat.com)
- Meilleur ouvrage consacré à la bande dessinée : Tell Me a Story Where the Bad Girl Wins : The Life and Art of Barbara Shermund, par Caitlin McGurk (Fantagraphics)
- Meilleure publication académique consacrée à la bande dessinée : Drawing (in) the Feminine : Bande Dessinée and Women, sous la direction de Margaret C. Flinn (Ohio State University Press)
- Meilleure graphisme de mise en page et de maquette : David Mazzucchelli’s Batman Year One Artist’s Edition, conçu par Chip Kidd (IDW)
- Meilleure bande dessinée numérique : My Journey to Her, par Yuna Hirasawa (Kodansha)
- Meilleur Webcomic : Life After Life, par Joshua Barkman (falseknees.com/comics/24ink1.html)
- Meilleur scénariste : Gene Luen Yang pour Lunar New Year Love Story (First Second/Macmillan)
- Meilleur auteur complet : Charles Burns pour Kommix (Fantagraphics) ; Final Cut (Pantheon) ; Unwholesome Love (co-publié avec Partners & Son)
- Meilleur encreur ou équipe d’encreurs : Bilquis Evely, Helen of Wyndhorn (Dark Horse)
- Meilleur travail artistique en couleurs : Eduardo Risso, The Blood Brothers Mother (DSTLRY)
- Meilleur artiste de couverture : Tula Lotay, Groupies (Comixology Originals), Helen of Wyndhorn #1, Count Crowley : Mediocre Midnight Monster Hunter #3, Dawnrunner #1, Barnstormers TPB (Dark Horse) ; Somna et autres titres (DSTLRY) ; The Horizon Experiment (Image)
- Meilleure mise en couleurs : Jordie Bellaire, Absolute Wonder Woman, Birds of Prey, John Constantine, Hellblazer : Dead in America, The Nice House by the Sea (DC) ; The City Beneath Her Feet (DSTLRY) ; The Exorcism at 1600 Penn (IDW) ; W0rldtr33 (Image) ; G.I. Joe, Duke (Image Skybound)
- Meilleur Lettrage : Clayton Cowles, Animal Pound (BOOM ! Studios) ; FML, Helen of Wyndhorn (Dark Horse) ; Absolute Batman, Batman, Batman & Robin : Year One, Birds of Prey, Jenny Sparks, Wonder Woman (DC) ; Strange Academy, Venom (Marvel)

TEMPLE DE LA RENOMMÉE (HALL OF FAME)

- Choix des juges : Peter Arno, Gus Arriola, Steve Bissette, Wilhelm Busch, Lucy Shelton Caswell, Philippe Druillet, Phoebe Gloeckner, Richard « Grass » Green, Rea Irvin, Jack Kamen, Joe Maneely, Shigeru Mizuki, Bob Oksner, Bob Powell, Joe Sacco, Bill Schanes, Steve Schanes, Ira Schnapp, Phil Seuling, Frank Stack, Angelo Torres.

- Choix du public : Kyle Baker, Eddie Campbell, Roz Chast, Dan Clowes, Junji Ito, Todd Klein, John Romita Jr.

Par Akira OIKAWA Didier PASAMONIK

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Code EAN : 9782505119890
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16 Messages :
  • On ne voit pas trop le rapport entre le protectionnisme « trumpiste » que vous évoquez et ce palmarès. Si le San Diego Comic Con était vraiment devenu trumpiste, il n’aurait pas choisi comme meilleur album le War On Gaza de Joe Sacco. La désignation de ce bref album, qui s’apparente à un légitime coup de colère et n’est pas le plus subtil de son auteur, a au contraire tout d’un geste politique envers l’actuel gouvernement israélien et donc envers Trump qui le soutient inconditionnellement. Concernant le prix remis à Larcenet, ils sont plutôt bienveillants car l’immense auteur américain Cormack McCarthy aurait mérité une bien meilleure adaptation.

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  • Isolationnisme US et Eisner Awards 2025
    31 juillet 2025 12:14, par Seb

    Ah voilà, donc parce que Trump a été élu l’ensemble de la bande dessinée américaine et sa production seraient devenues trumpistes ? Les auteurs français seront ravis d’apprendre que ça fait 8 ans qu’ils signent tous des oeuvres macronistes du coup...
    Franchement qu’est-ce qu’il ne faut pas lire comme énormités : la grande majorité des auteurs aux US sont de tendance libérale-démocrate, soit clairement pas trumpistes. Tiens d’ailleurs Jimenez qui se fait récompenser pour une histoire de Pride, ça semble quand même plus wokiste que redneck, non ? Sans compter le reste des autrices et séries plutôt féministes mises à l’honneur. Bref, on peut comprendre que vous soyez peinés de l’absence d’auteurs européens, mais de là à y voir un palmarès trumpiste, c’est clairement un abus.

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    • Répondu par Milles Sabords le 31 juillet 2025 à  13:15 :

      Les gens sont-ils si désespérés par leur quotidien qu’il leur faut une dose supplémentaire de noirceur ? La Route de Larcenet est un album sinistre, n’ont pas que par le sujet, mais aussi par son traitement graphique qui est un empilage informatique de traits, de textures, d’hachures, qui entretiennent une confusion lourde tout au long des 160 pages. Lisez le roman et regardez le film, et vous pourrez largement vous passez d’une BD qui manque de cœur, de coffre, d’humanité, mais qui aligne les rêveries glauques (déjà vues dans ses précédents albums) d’un Larcenet malin mais pas habile qui peut dire « Merci Monsieur MacCarthy ! ».

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    • Répondu le 31 juillet 2025 à  20:03 :

      Ne vous emballez pas. Il n’est jamais écrit dans l’article que l’ensemble de la profession et des auteurs sont devenus trumpistes. Aux USA comme ici, et comme vous le dites, la très grande majorité des auteurs de BD (et des artistes en général) sont situés plutôt à gauche du spectre sur le plan politique. On peut d’ailleurs se demander pourquoi.

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  • Isolationnisme US et Eisner Awards 2025
    31 juillet 2025 12:42, par Ddupuis

    On remarque quand même la présence de Boum, autrice montréalaise, avec son album La méduse (The Jellyfish) aux éditions Pow Pow (Grand prix Québec BD des Bédéis Causa 2023 et Prix de la critique ACBD de la bande dessinée québécoise 2023, entre autres). Un autre petit bout de francophonie.

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    • Répondu par Johnny Tanpête le 31 juillet 2025 à  15:57 :

      Deux raisons à ce faible nombre d’albums francobelges primés à San Diego : d’une part, je pense qu’il y en a peu de traduits en anglais, ce qui réduit les chances. D’autre part, il faut bien reconnaitre que la grande majorité de nos albums se lit surtout en Europe. Même chose pour nos films dont peu ont du succès aux Etats-Unis (parfois les producteurs US achètent juste l’idée, puis ils le font réécrire, et bien sûr jouer par des acteurs actrices US !

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      • Répondu par Milles Sabords le 31 juillet 2025 à  19:04 :

        Il ne faut pas perdre de vue que le marché américain et très protectionniste et qu’il est difficile pour les éditeurs Européens d’y exporter leurs productions. Ajouter à cela un public qui se sent peu concerné par la culture BD européenne, un manque de plus en plus criant de librairie aux states et de lecteurs, ce qui explique pas mal de choses sur ce palmarès… sans compter les frais de douanes de Trump sur toutes sortes de produits venant d’Europe.

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        • Répondu le 1er août 2025 à  07:27 :

          Les frais de douane de Trump ne sont pas encore en vigueur. La production artistique et littéraire européenne s’exporte peu aux États-Unis depuis des siècles. Ce n’est pas parce que vous êtes un descendant d’immigrants allemands, irlandais ou italiens que vous allez avoir forcément très envie de lire les œuvres de Goethe, de Joyce ou de Goldoni.

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          • Répondu par denis le 1er août 2025 à  13:02 :

            Et pourtant, nous on se fade toute la camelote américaine depuis des décennies ;-)

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          • Répondu par Milles Sabords le 1er août 2025 à  14:11 :

            Ils ne sont pas encore en vigueur, mais ça va faire mal quant ils le seront. Je parle de BD, pas des descendants des migrants. Quoique, la littérature, le cinéma, la danse, le théâtre, les produits de luxe, etc, beaucoup d’éléments de l’art de vivre en Europe ont fait tache d’huile aux US à travers les décennies. C’est bien bien de notre chère BD, quasi absente, dont il est question, même si des auteurs Européens ont influencer des auteurs de Comics. Ce n’est pas une histoire de descendants, mais plutôt un manque d’ambition de nos éditeurs.

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            • Répondu le 2 août 2025 à  10:28 :

              Ils ne lisent pas nos BD parce qu’ils ne rêvent pas de revenir en Europe. Nous on a été abreuvés de culture américaine et de Conquête de l’Ouest dès 1945…

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          • Répondu par Johnny Tanpête le 1er août 2025 à  19:45 :

            Ce serait amusant que Donald s’amuse à taxer les BD, romans et films ou séries télé français, les USA exportent beaucoup plus vers l’Europe que nous vers eux !!
            Il est plus facile pour lui de taxer nos vins et fromages qui se vendent très bien aux States, par manque de concurrence de qualité !

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            • Répondu par Milles Sabords le 2 août 2025 à  08:08 :

              Trump s’en fiche, il taxe tout, même les boutons de chemise. Sa hantise, c’est l’étranger.

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              • Répondu le 2 août 2025 à  13:33 :

                Oah les analyses de politique internationales, ça vole haut ici.

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                • Répondu par Sandra Screenscream le 3 août 2025 à  19:45 :

                  On notera que le livre de Larcenet est paru chez un éditeur généraliste littéraire , Abrams, et non chez un éditeur de comics traditionnel. Donc sans doute distribué en dehors des comics-shops. Au moins, le livre existe aux Etats-Unis, c’est déjà ça de gagné pour Larcenet et son éditeur Dargaud ! Mais c’est vrai que ce livre ne fleure pas l’optimisme débridé, ou la simple joie de vivre. Je crois que c’est encore plus sombre que du Tardi quand il évoque les horreurs de la guerre.

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                  • Répondu par Didier Pasamonik - L’Agence BD le 3 août 2025 à  20:50 :

                    Abrams est comme Dargaud une filiale de Media Participations.

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