Bon
11 octobre 2025
Notamment connu pour sa série American Parano chez Dupuis avec Hervé Bourhis au scénario, Lucas Varela s’est illustré dans la bande dessinée indépendante avec le personnage de Paolo Pinocchio. Il plonge le personnage de Carlo Collodi dans un récit tenant de l’enfer de Dante et de la commedia dell’arte. Son scénario à tiroir opposant le diable et Dieu, avec des poissons rêvant d’avoir des mains et des ailes en personnages secondaires, est incroyable.
Le jour le plus long du futur est paru initialement chez Delcourt, en 2015. Récit sans parole, cette nouvelle édition remaniée est enrichie d’une trentaine de planches supplémentaires et dans un grand format de 21,5x28,5 cm permettant de mieux apprécier les planches de six à huit cases.
L’album débute avec un oiseau percuté par un aéronef, en guise de prélude. La publicité qu’il tenait s’envole. Puis, le lecteur fait connaissance avec un extraterrestre bleu et son symbiote (ou son enfant ?) sous la forme d’une boule avec quatre patte et un cordon.
Ils se reposent, sur une plage, à l’ombre d’un parasol. Un camion de glace volant plus tard, les deux personnages sont poursuivis par des espèces de spaghettis roses. Fuyant à travers les espaces-temps, ils se crachent sur une planète où s’affrontent deux firmes agro-industrielles, l’une ayant une tête de cochon pour logo et l’autre, une tête de lapin. La guerre ne sera pas que commerciale...
Chapitré en six temps (Le Trou de verre ; La Pomme ; La Mouche ; Le Mauvais café ; La Machine à tuer ; Paradiso), Le Jour le plus long du futur, au titre entre film de guerre (le Jour le plus long) et film de science-fiction (Retour vers le futur), s’avère moins facile d’accès que les précédents albums de l’auteur.
Comme dans le film de Quentin Dupieux, Incroyable mais vrai, que l’Argentin Lucas Varela ne connait probablement pas, la pomme bien mûre d’aspect se révèle infestée. Derrière une apparence idéale, la réalité est sombre : ainsi, des employés en rang d’oignon, dans un open space géant dont on ignore ce qu’ils font, de spots publicitaires gore pour de la malbouffe, des robots programmés pour se battre...
Un album graphiquement réussi qui nécessite plusieurs lectures de la part d’un auteur exigeant à découvrir si vous ne le connaissez pas encore.
Voir en ligne : Des extraits disponibles sur le site des éditions Tanibis
Par Christian GRANGE
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Il existe une version anglaise de l’album