Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Bon
30 avril 2025
Le jeune Tao Tigrou se rêve en super-héros. Et c’est donc la réponse qu’il fait lorsque l’instituteur lui demande le métier de ses rêves. Cette réponse — pourtant cohérente puisqu’il s’agit bien d’un rêve — déplaît à l’institution scolaire. Les adultes sont compliqués.
Et lorsqu’il rentre chez lui, il effraie sa mère avec son masque de Catmask Boy. Si un masque de chat n’est pas le plus évident pour un super-héros, ce n’est pas cela qui déplaît le plus à sa maman : il a oublié de faire ses devoirs. Bref, il se fait disputer et reçoit un coup de bâton. Fin du chapitre 1 : « Autant de super-héros que de super-méchants ; autant de paresseux que de devoirs ».
Tao constate qu’il a perdu son bulletin de notes. Il s’élance à la poursuite du précieux feuillet ; d’autant qu’il a progressé en passant de la dernière à l’avant-avant-dernière place, ce qui le rend très fier.
Le manga de Linus Liu, découpé en huit chapitres, nous immerge dans le Hong Kong des années 1970. Encore colonie britannique, Hong Kong abrite un quartier mal famé, « la citadelle de Kowloon », bidonville labyrinthique de 359 bâtiments construits les uns sur les autres et habités par plusieurs dizaines de milliers de personnes. Outre cette densité de population, le quartier est réputé pour ses fumeries d’opium, ses salles de jeu, ses trafics, ses mafias… et ses dentistes ! C’est dans ce quartier que Tao part à la recherche de son bulletin.
Multipliant rebondissements, suspense, humour, Catmask Boy offre un moment de lecture divertissante. Histoire d’amitiés, la BD de Linus Liu est aussi une réflexion sur la violence urbaine, l’éducation, la réalité sociale de ce territoire chinois par sa population et sous tutelle britannique par son histoire (conséquences des guerres de l’opium et du traité de Nankin).
La preuve en quelques citations :
« Vous n’avez pas payé la taxe de protection ! Vous chercher les ennuis. » (page 40)
« Je sais, c’est un cul-de-sac. Il n’y a que des vendeurs de blanche par là… » (page 80)
« Super-héros ? Ouais, ben faut quand même prendre un ticket. » (page 66)
« - Mais t’as gagné. Pourquoi tu leur a tout donné ?
– A quoi ça sert d’avoir toutes les cartes, si personne ne joue avec moi. » (page 105)
« Quand on grandit dans un quartier mal-famé, on croise des méchants tous les jours (…) Maman veut que je reste sur le droit chemin en étudiant sérieusement. » (page 156)
« C’est vrai que tu m’as pas adopté ?
– Si seulement c’était vrai. L’accouchement a été si difficile. » (page 160)
En résumé, premier manga publié dans son sens de lecture original à La Boîte à Bulles, il se caractérise par une narration efficace, offrant plusieurs niveaux de lecture, un dessin dynamique et un découpage convaincant.
Par Christian GRANGE
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.