Arno Monin, l’atout « feelgood » du label Grand Angle [PODCAST]

Par Didier PASAMONIK 9 novembre 2024 
On en a besoin des bandes dessinées comme celles-là, entre les reprises de héros éculés, les récits d’aventure et de castagne venus d’Asie, des USA et d’ailleurs, et les « romans graphiques de non-fiction » donneurs de leçon qui envahissent nos librairies : une bonne série pleine d’empathie, de sentiments, de personnages complexes malmenés par la vie mais qui s’en sortent grandis, comme ses lecteurs, avec un supplément d’humanité. La série « L’Adoption» de Zidrou et Arno Monin fait partie de ces perles rares. Plutôt que d’interroger, une fois de plus, le talentueux et prolifique Zidrou, nous avons voulu rencontrer le discret mais charmant Arno Monin au dessin sensible duquel, cette touchante série doit principalement son succès.

« Feelgood », Arno Monin ne l’a pas toujours été mais, toujours, les sujets qu’il a abordés dans ses BD ont été porteurs de sens : l’antisémitisme dans les quatre albums de L’Envolée sauvage (Grand Angle / Bamboo), sa première bande dessinée qu’il dessine pour Laurent Galandon ; L’Enfant maudit, qu’il réalise avec le même scénariste raconte quant à lui le destin de l’enfant d’une femme tondue à la Libération pour « collaboration horizontale » avec un soldat allemand (Grand Angle / Bamboo) ; Merci, sa première collaboration avec Zidrou met en scène une jeune ado condamnée à faire 150 heures de travaux d’intérêt général pour un tag insultant ; Monsieur Jules, scénarisé par Aurélien Decoudray (Grand Angle / Bamboo) nous introduit dans la vie pépère d’un proxénète qui fait travailler quelques filles…

Chez Arno Monin, tout cela n’a rien de sordide. Son trait doux, empreint d’empathie, fait passer le message sans que ce ne soit jamais traumatisant. C’est encore le cas dans la série L’Adoption où Zidrou (L’Élève Ducobu, Tamara, Boule à zéro, Ricochet, Les Beaux Étés, Léonard, La Bête, Hollywoodland…) met tout son talent à donner vie à des familles, comme on dit, « recomposées ». Des récits puissants, touchants, ancrés dans la réalité, à dimension sociale et humaine, une réussite du genre.

Photo DR

Si vous cherchez pour Noël une série d’albums qui sort des sentiers rebattus de la bande dessinée, une vraie série « Feelgood », L’Adoption est un choix cinq étoiles.

Par Didier PASAMONIK

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Code EAN : 9791041103188
L’Adoption Bamboo - Grand Angle ✍ Zidrou ✏️ Arno Monin tout public Feelgood Marché de la BD : Faits & chiffres
 
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3 Messages :
  • Arno Monin, l’atout « feelgood » du label Grand Angle
    9 novembre 2024 19:12, par Gina Vanilla

    Oui, il a l’air sympa cet album, je pourrais bien me le faire offrir !
    Je n’aime pas les séries "jeunesse" de Zidrou comme Ducobu ou Tamara, mais dés qu’il sort de ce genre, il est excellent, avec des scénarios pleins d’émotions !

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  • Essai, encore !
    12 novembre 2024 11:58, par brio

    « Roman graphique de non-fiction » ?
    Sachant que le "roman" désigne la littérature de fiction, on ne peut pas faire de la fiction de non-fiction. Les librairies généralistes apportent la solution à ce paradoxe : aux côtés du rayon "romans", le domaine de la pensée non-fictionnelle est nommé "essais".
    Si bien qu’au lieu de l’appellation monstrueuse autant qu’indéfendable de "roman graphique de non-fiction", il suffit de parler des "essais graphiques", ce qui est tout de même plus simple. Ouf.

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    • Répondu le 14 novembre 2024 à  23:56 :

      Essais graphiques, on pensera qu’il s’agit de "tentatives de quelque chose de graphique". De toute façon, c’est trop tard à mon avis. Le terme roman graphique s’est imposé, même si comme vous l’avez justement fait remarquer, le terme est impropre dès qu’il s’agit de "non-fiction". De toute façon, roman graphique ne voulait déjà pas dire grand chose quand il ne s’agissait que de fiction. Il y a des bandes dessinées de fiction, et des bandes dessinées de non-fiction, et puis voilà tout.

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