« Feelgood », Arno Monin ne l’a pas toujours été mais, toujours, les sujets qu’il a abordés dans ses BD ont été porteurs de sens : l’antisémitisme dans les quatre albums de L’Envolée sauvage (Grand Angle / Bamboo), sa première bande dessinée qu’il dessine pour Laurent Galandon ; L’Enfant maudit, qu’il réalise avec le même scénariste raconte quant à lui le destin de l’enfant d’une femme tondue à la Libération pour « collaboration horizontale » avec un soldat allemand (Grand Angle / Bamboo) ; Merci, sa première collaboration avec Zidrou met en scène une jeune ado condamnée à faire 150 heures de travaux d’intérêt général pour un tag insultant ; Monsieur Jules, scénarisé par Aurélien Decoudray (Grand Angle / Bamboo) nous introduit dans la vie pépère d’un proxénète qui fait travailler quelques filles…
Chez Arno Monin, tout cela n’a rien de sordide. Son trait doux, empreint d’empathie, fait passer le message sans que ce ne soit jamais traumatisant. C’est encore le cas dans la série L’Adoption où Zidrou (L’Élève Ducobu, Tamara, Boule à zéro, Ricochet, Les Beaux Étés, Léonard, La Bête, Hollywoodland…) met tout son talent à donner vie à des familles, comme on dit, « recomposées ». Des récits puissants, touchants, ancrés dans la réalité, à dimension sociale et humaine, une réussite du genre.
Si vous cherchez pour Noël une série d’albums qui sort des sentiers rebattus de la bande dessinée, une vraie série « Feelgood », L’Adoption est un choix cinq étoiles.
Par Didier PASAMONIK
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