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C’est par hasard que José-Louis Bocquet rencontre son héroïne au festival Étonnants Voyageurs, cet événement malouin fondé par l’éditeur Michel Le Bris, lequel réédite à ce moment-là les œuvres de la bourlingueuse des sept mers. Elle a alors 93 ans. Le scénariste est immédiatement séduit par son charisme.
Puis, Catel et Bocquet habitant Fécamp, ils constatent qu’Anita Conti est une figure très connue là-bas, surtout par les marins. Sur la base d’un quiproquo lors du tournage d’un documentaire, Catel décide d’en faire la biographie. « Elle a marqué son temps, insiste-t-elle, elle a forgé le concept de pêche responsable dès les années 1930, à une époque où l’on croyait les ressources naturelles inépuisables… »
Bocquet a recueilli une abondante documentation, « Pas assez pour un historien, mais trop pour un scénariste » dit-il, lucide, pour en faire un récit chronologique découpé par date et par lieux.
Ainsi surgit sur le papier cette femme incroyable, à la fois scientifique, pionnière de l’écologie avant la « génération Cousteau », poétesse, photographe (certains dessins de l’album reproduisent des photos), lanceuse d’alertes au service des océans, qui a œuvré à faire reconnaître le principe de la responsabilité écologique bien nécessaire aujourd’hui, alors que les industriels pour maximiser leurs profits raclent les océans quitte à y supprimer toute trace de vie.
Un travail de sensibilisation et de transmission nécessaire qui a obtenu le soutien de Laurent Girault Conti, le fils adoptif de celle qui a si bien défendu ceux que Victor Hugo surnommait les travailleurs de la mer.
Par Didier PASAMONIK
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Anita Conti - Par Catel et José-Louis Bocquet – Ed. Casterman