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C’était un peu rock ‘n roll, il faut bien le dire. Avec peu d’éléments et un recours juridique toujours pendant de la part de 9eArt+ (le tribunal statuera le 18 mars, la semaine prochaine), il a fallu aux candidats construire une proposition qui tienne debout, tout en incluant dans le périmètre une collaboration nécessaire avec la Cité de la Bande Dessinée et de l’Image d’Angoulême.
Plusieurs dizaines d’opérateurs avaient retiré le Cahier de charges de l’appel d’offre, mais seulement quatre sont allés jusqu’au bout de l’exercice en déposant leur dossier auprès de l’ADBDA. Trois d’entre eux seront retenus entre le 16 mars et le 3 avril par un jury dont la composition est tenue secrète mais qui sera l’émanation des 40 représentants de l’Association ADBDA ; puis entre le 6 et le10 avril, trois candidats feront une audition en présentiel à Angoulême. Le verdict devrait tomber entre le 13 et le 17 avril 2026.
Quatre candidats, quatre options…
Qui sont-ils ? Ils sont souvent du sérail, sinon de la BD à Angoulême, au moins du domaine du 9eArt. La plupart étaient dans le dernier round des candidatures de l’Association du FIBD avant que celle-ci ne sombre dans un naufrage suicidaire (et complotiste) en choisissant… 9eArt+, précisément l’opérateur que tous, auteurs, éditeurs ou financeurs publics voulaient voir dégager.
1. L’option festive
Il en est une que l’on connaît bien : Céline Bagot, originaire d’Angoulême, ancienne salariée de 9eArt+ entre 2016 et 2019, fondatrice du Pop Women Festival dont nous sommes partenaires média, opérant également pour la communication des Rencontres de la BD d’Amiens auxquelles ActuaBD est également associé. Elle opère avec Marie Parisot, ancienne directrice marketing et commerciale de Dargaud que l’on a vu passer en météore aux Humanoïdes Associés. Elles sont associées au groupe Morgane, organisateur des Francofolies de La Rochelle et du Printemps de Bourges, qui produit aussi pour France TV l’émission « Conciliabule », animée par Pénélope Bagieu.
2. L’option internationale
Nous connaissons aussi les acteurs de la société Visiona, déjà en lice en novembre dernier. Il s’agit des organisateurs du Comicon de Naples, la 2e la plus importante d’Italie qui, avec ses 181 000 visiteurs a développé un événement sur le modèle international de Lucca, de San Diego ou de Japan Expo, c’est-à-dire en incluant dans l’offre le cinéma et l’animation, le jeu vidéo, etc. Elle a aussi créé la comicon de Bergame.
Une option qui effraie les éditeurs traditionnels de bande dessinée, mais la présence cependant dans le « board » de Matteo Stefanelli, grand connaisseur de la BD honorablement reconnu, parfaitement francophone, et de Jean Pacciuli, l’ancien directeur général des éditions Glénat, devrait rassurer. Ayant tiré les leçons de l’appel d’offre désastreux de novembre, les organisateurs se sont trouvés un ancrage local avec la Fcol, Fédération charentaise des œuvres laïques, notamment organisateurs du salon des métiers et de la base de voile du plan d’eau de Saint-Yrieix. Malin…
3. L’option événementielle
Le groupe de médias Sud Ouest est aussi de la partie au travers de sa filiale Côte Ouest. Ils ont derrière les quotidiens Sud Ouest et La Charente Libre très implantés dans la région. Des relais puissants. Cette structure pilote notamment Bordeaux fête le vin ou encore les fanzones de l’Union Bordeaux Bègles, du Mondial de foot, de l’Euro… Du lourd.
4. L’option locale
Dernier candidat : la société bordelaise A Bord de Stanislas Bonnin, déjà prestataire auprès du FIBD de Bondoux, associée à Drôles & Co, une structure appartenant à Ezilda Tribot, elle aussi d’origine angoumoisine, ancienne responsable événementielle et directrice artistique jeunesse du FIBD pendant douze ans. A Bord, si l’on en croit La Charente libre, assure la direction technique de la Fête du cognac, travaille avec La Nef, le complexe culturel consacré aux musiques actuelles à Angoulême, opère comme régisseur au Festival international des Arts de Bordeaux Métropole ou encore au Palm Fest, le festival de musique de La Palmyre.
Globalement des pros donc, qui devraient faire l’affaire. Les arbitres des élégances seront sans doute La Cité de la Bande Dessinée et la mairie d’Angoulême dont on ne connaîtra le locataire qu’après les élections qui auront lieu dans les prochains jours. D’où un certain nombre d’incertitudes. La capacité de ces organisateurs de s’accorder avec leurs futurs partenaires : la Cité, les auteurs, les éditeurs, les syndicats, les artistes locaux, Magelis, et les financeurs publics va être déterminante, de même que l’aptitude à obtenir des financements.
Si on se dirige vers une année 2027 qui risque de constituer une autre année blanche avec un 2e « Grand Off » moins improvisé qu’en janvier dernier, on reste dans l’attente d’une concrétisation. Les quatre candidats sont crédibles. Il leur reste à séduire et convaincre.
Rendez-vous à mi-avril 2026 pour le verdict.
Par Didier PASAMONIK
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