Wayne Shelton, T. 14 - Par Denayer, Van Hamme & Denoulet - Éd. Dargaud

Par Charles-Louis DETOURNAY Bon 21 novembre 2024 
Tombé de rideau pour le série "Wayne Shelton" et en même temps pour son dessinateur Christian Denayer, qui termine ainsi sa carrière commencée en 1962 auprès d'un certain... Jean Graton !

Une fois n’est pas coutume : tout va bien dans la vie de Wayne Shelton ! Il traverse le Pacifique dans un magnifique voilier en compagnie de sa Honesty chérie. Et il reçoit même des mots doux, lui proposant de renouer avec son son passé pour mettre la main sur 20 tonnes d’or, soit l’équivalent de 7 milliards de dollars ! Bon, pour vous donner une idée, c’est plus ou moins la fortune de Largo Winch, un autre héros de Van Hamme.

Sauf que pour retrouver cette manne littéralement tombée du ciel, Shelton doit se rappeler son rôle sombre lors de la guerre du Vietnam, lorsqu’il dirigeait des opérations secrètes qui se déroulaient derrière la ligne de front. Voilà l’occasion pour Shelton de dévoiler la face sombre de son passé à la femme qu’il aime et de se préparer pour une retraite dorée. Sauf que c’est bien le problème avec une période où tout se passe bien : ça finit toujours mal !

Sept ans ! C’est le temps qu’a mis Christian Denayer pour terminer cet ultime épisode de Wayne Shelton. Rien de plus normal, car le dessinateur, qui a commencé sa carrière en réalisant les décors, les voitures et les couleurs de Michel Vaillant à partir de 1962 sur le 8e Pilote, frôle maintenant les 80 ans. Cela ne se ressent pourtant presque pas à la lecture de ce 14e épisode de Wayne Shelton. Certes, certains rares visages sont parfois un peu figés, mais les véhicules sont toujours parfaitement réalisés et l’action menée tambour battant.

Bien sûr, la couverture de ce dernier opus étonne, avec une case détourée de l’une des dernières pages de l’album, sur un fond dégradé avec une bulle assez agressive. Mais lorsque l’illustrateur indique lui-même qu’il interrompt sa carrière juste après la publication de l’album, on peut imaginer que des ennuis de santé ont émaillé le cours de la réalisation de ce dernier opus. Malgré cela, dessinateur des Casseurs, de Yalek et d’Alain Chevalier, de Cœur collège, de Gord et de bien d’autres albums, réalise une magnifique sortie !

Il faut dire qu’il travaillait sur un scénario cousu main, une série créée à sa demande par Jean Van Hamme, puis reprise par ce dernier en 2010 après l’avoir laissée aux soins de Thierry Cailleteau pendant cinq albums. Rappelons que Wayne Shelton est le personnage favori d’Huguette, l’épouse de Jean Van Hamme. Elle apprécie cet héros vieillissant qui mêle humour et coup de force, remettant en permanence sa vie en jeu.

Il y a sûrement des parallèles à trouver avec le début de cette histoire, car Jean Van Hamme et Huguette ont fait le tour du monde. Il y a donc fort à parier qu’ils aient également traversé le Pacifique comme Shelton et Honesty, avant de se retrouver en baie de Ha Long. Les similarités s’arrêtent là car Van Hamme n’a pas servi pendant la guerre du Vietnam. Par contre, le passé de son héros donne encore plus d’épaisseur à ce dernier, démontrant d’où viennent sa science des armes et des coups durs, ainsi que cette vie d’aventures qu’il a commencé très tôt.

En travaillant sur le passé et le présent, Van Hamme livre un scénario ultra-complet qui aurait sans doute pu s’étaler sur deux tomes. On prend donc le temps de lire tous les dialogues et de revivre la chute de Saïgon. Comme d’habitude avec le scénariste émérite, rien n’est laissé au hasard. Et lorsqu’on se pose une petite question sur une case ou l’autre, c’est pour mieux comprendre la résolution en fin de récit, lorsque les auteurs dévoile la mariée.

Au final, on ne boude pas son plaisir à la lecture de ce dernier opus : il respecte l’ADN initial de la série, à savoir celui d’un baroudeur rattrapé progressivement par son âge et qui cherche surtout à s’enrichir pour finir ses jours au soleil. Et surtout, Denayer termine sa carrière avec les honneurs, auréolé par les couleurs de Bertrand Denoulet. Merci Monsieur Denayer pour ces dizaines années de cascade, de poursuite de carambolage et d’action au service de la bande dessinée !

Par Charles-Louis DETOURNAY

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Code EAN : 9782505116851
Wayne Shelton Dargaud ✍ Jean Van Hamme ✏️ Christian Denayer à partir de 13 ans Aventure
 
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13 Messages :
  • J’espère que c’est une couv provisoire.

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  • Il suffisait juste de virer la bulle (à la portée de tout infographiste), de recadrer différemment le personnage féminin et de mieux travailler le dégradé du fond. Je trouve que pour un immense auteur comme Denayer, pour une fin de carrière aussi prestigieuse, Dargaud n’a pas été à la hauteur. M. Denayer, quel travail à 80 balais ! Il faut le faire ! Une belle leçon de professionnalisme à enseigner dans toutes les écoles de BD.

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    • Répondu par Oleg le 21 novembre 2024 à  17:05 :

      Bof, les deux mains sont mal foutues, et franchement, la reprise du logo L’Or de Maison du café pour le titre, ça craint.

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      • Répondu le 22 novembre 2024 à  13:23 :

        C’est pourtant une excellente marque de café. Bonne retraite, M. Denayer et merci pour les Casseurs !

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    • Répondu le 22 novembre 2024 à  14:51 :

      Arf, maintenant Mille Sabord nous donne des leçons de maquette et de graphisme… en employant ce terme "infographiste" que plus personne n’utilise depuis 1992…

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      • Répondu par Milles Sabords le 22 novembre 2024 à  18:08 :

        « Infographiste » s’utilise encore, sauf dans votre grotte visiblement. Donnez nous votre idée de la maquette de couverture, gros malin…

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        • Répondu le 23 novembre 2024 à  00:56 :

          Ça ne s’utilise plus pour désigner ce métier-là en tout cas. Prenez-le un peu avec un peu d’humour quand on vous chambre…

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        • Répondu par Dolly le 23 novembre 2024 à  17:24 :

          Bah non, ça fait 20 ans qu’on dit graphiste, puisque toutes les maquettes se font à l’ordi maintenant.

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          • Répondu le 24 novembre 2024 à  13:12 :

            Oui, infographiste ne s’emploie plus que pour les gens qui font des infographies, c’est à dire des schémas, des courbes, des diagrammes, des camemberts… (pas le fromage)

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            • Répondu par Milles Sabords le 25 novembre 2024 à  08:37 :

              Bien sûr qu’un graphiste utilise aussi un ordinateur. Mais un infographiste, par définition, n’utilise que l’ordinateur ; là où le graphiste utilisera aussi des techniques plus artisanales : peinture, feutres, crayons, collages papier, etc… regardez les petites annonces d’emplois sur le web, l’appellation « infographiste » n’a pas disparue.

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              • Répondu par ಠ_ಠ le 25 novembre 2024 à  14:35 :

                Il y a 20 ans cette réalité était encore vraie. Aujourd’hui, à quelques exceptions près, une grosse majorité des graphistes ne travaillent que sur ordinateur et/ou tablette, hormis pour faire des croquis ou recherches rapides de mise en place.
                Le terme infographiste est obsolète - sauf dans l’imprimerie et dans l’édition parfois - et l’appellation graphiste s’utilise plus couramment.

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                • Répondu par Milles Sabords le 25 novembre 2024 à  20:26 :

                  Il suffit de tapez graphiste et infographiste sur le net, et des multitudes d’offres d’emploi apparaissent pour les deux appellations, et pas que dans l’imprimerie ou l’édition. Ou alors c’est que le net est obsolète.

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                  • Répondu par ಠ_ಠ le 26 novembre 2024 à  12:45 :

                    Pas la peine d’être condescendant !
                    Je n’ai pas dit que le terme n’était plus du tout employé, j’ai dit qu’il était obsolète ou bien circonscrit à certains domaines (j’ai d’ailleurs oublié le jeux vidéo ou l’audiovisuel qui l’utilisent encore).
                    Mais en grande partie, le partage des tâches graphiste/infographiste n’existe plus aujourd’hui. Dans la réalité du métier tout passe directement par l’informatique et on désigne plus volontiers le terme graphiste pour désigner l’ensemble de ces 2 métiers.

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