Bon
13 juillet 2024
Au XIIe siècle, les nombreux tournois permettaient aux chevaliers de démontrer leur bravoure. Ils combattaient pour l’honneur de leur blason. Généralement, on se cognait bien dessus, allègrement, passionnément et avec méthode. On se faisait assez mal et c’était tout un art. On tentait d’envoyer l’adversaire au tapis sans toutefois trop l’abîmer. Au moment du coup fatal, le vaincu criait « rançon » pour garder la vie sauve. Il fallait ensuite s’acquitter de sa dette en monnaie sonnante et trébuchante. C’était cela l’esprit chevaleresque de l’époque.
Dès les prémices de ce deuxième tome, quelque chose se trame. le secret de Jehan semble en danger... Affolé, Paulin court la rejoindre Jehan, elle et Josselin, pour les prévenir du danger. En chemin, il se heurte au Noirci. De leur côté, nos deux chevaliers ont été défiés par Gaucher de Joigny. Ce dernier pense qu’ils sont de mèche avec le Noirci et que leurs combats lors du dernier tournoi étaient truqués.
En échange du silence de Gaucher, Jehan et Josselin doivent se coucher lors du duel à venir : même si l’accusation est fausse, elle pourrait faire de Jehan une cible et finir par trahir sa véritable identité... Nos héros peuvent-ils se le permettre ? Pour s’en sortir, ils devront former de nouvelles alliances avec ceux qu’ils considéraient jusqu’alors comme leurs adversaires : le chevalier Noirci et le mercenaire Oddard. Mais sauront-ils tous mettre de côté leurs vieilles rancœurs ?
Le premier tome de ce diptyque entamé l’année passée a connu un beau succès. Le thème a accroché un bon nombre de lecteurs. Ils seront heureux de retrouver les deux héros principaux : Josselin dit Chevron d’argent et Jehan alias Tête de chien. Dans cette suite attendue, nos deux chevaliers sont prisés dans les tournois. Ils ont en effet pris de la valeur après leur victoire inespérée sur le redoutable Chevalier noirci.
Paulin, leur jeune accompagnateur qui se vante d’être leur écuyer va entendre une conversation où il est question d’occire une donzelle sur les lieux du combat. Le secret de Tête de chien aurait-il été percé ? Cachée derrière son heaume et son armure, elle l’avait bien gardé jusque là. Le combat contre elle serait annulé en cas de défaite de son adversaire car il s’agit bien d’un sacrilège. Une femme ne pouvait être chevalier. Et si elle était tuée, la faute serait pardonnée à son meurtrier.
On ne peut pas véritablement parler d’une BD historique. L’action se situe certes en France au XIIème siècle sans qu’il y ait véritablement de références notables qui caractérise cette période du Moyen Age. Les auteurs ne s’encombrent pas de détails historiques et privilégient l’aventure et l’action. Ce livre 2 comblera ceux qui avaient aimé le premier tome, de même pour les amateurs de combats épiques. Les scènes de bataille sont nombreuses et bien réalisées. On se retrouve en lice au milieu du ferraillement dans un vacarme étourdissant. L’histoire ne se limite pas à une suite de pugilats en armure. L’intrigue est bien menée. Elle surprend le lecteur à plusieurs reprises, celui-ci étant mené sur de fausses pistes jusqu’à son dénouement final.
Dans ce deuxième tome d’une série pleine de rebondissements et d’humour, nous continuons à suivre les aventures du trio de jeunes héros, dans un scénario toujours brillamment mené par Vincent brugeas, restitué par le dessin flamboyant de Ronan Toulhoat et les couleurs éclatantes de Yoann Guillo.
Par David SPORCQ
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