La conférence débuta par le traditionnel tour des présentations : Pacha auteur de La Boutique d’Artefacts, Tpiu auteure des Héritiers d’Agïone et Elsa Brants qu’on ne présente plus (Save me Pythie, Par le pouvoir des dessins animés) qui vient de publier Myrtis.
Elsa Brants a rappelé brièvement que ses premiers pas furent dans la bande dessinée franco-belge, en tant que dessinatrice et coloriste, tandis que Tpiu est passée par l’auto-édition et fut quelques concours avant d’être publiée dans une maison d’édition : l’aboutissement d’un rêve débuté à 12 ans. Quant à Pacha, il a écrit, durant son adolescence, de longs scénarios avant de s’essayer au manga.
Ils ont tous les trois les yeux tournés vers le Japon, mais pas tout à fait animés par la même perspective : Elsa Brants trouve son inspiration dans la culture international dont fait évidemment partie le Japon. Tpiu a étudié au Japon et a envoyé des histoires à des éditeurs, tandis que Pacha a pour ambition un jour de voir de ses propres yeux une adaptation en animé d’une de ses œuvres.
Ils expliquèrent ensuite la spécificité de leur publication chez Kana : ils ont signé pour trois tomes. Et si le succès est au rendez-vous, leur série se poursuivra et d’autres tomes suivront le mouvement. Un autre de leur point commun ? Ils ont tous trois attendu d’avoir quasiment terminé leur tome 3 pour publier le premier, afin que la sortie de tous leurs tomes soit assez rapprochée. L’objectif est ainsi de ne pas tenir trop en haleine le lecteur qui souhaite impatiemment voir la suite. C’est une question de fidélisation envers un nouveau lectorat.
Ils discutèrent après coups de leur méthode de travail. Par exemple, Elsa Brants écrit tous ses dialogues à l’avance, étant donné qu’elle travaille sur l’humour. Tandis que Pacha décrit les grandes lignes avant d’aborder le détail au moment des esquisses des planches.
Concernant leur protagoniste, Elsa Brants a choisi pour Myrtis une anti-héroïne, pour diverger au regard de sa série précédente. Tpiu a opté pour une princesse combative qui lui ressemble, tandis que Pacha a vraisemblablement changé d’orientation pour son héros lors du processus de création.
Fut également évoqué la façon dont ils allient profession et vie privée - même si les conditions n’ont rien à voir avec l’enfer des auteurs japonais qui, à l’image d’Eiichiro Oda, l’auteur à succès de One Piece, travaille parfois jusqu’à 21 h par jour. Tpiu a regretté le manque de reconnaissance de la profession de mangaka. En revanche, ce n’est pas le sentiment d’Elsa Brants : à son sens, ce n’est plus un problème de nos jours.
Ils furent néanmoins tous d’accord sur le fait que le manga à la française devait avant tout être constituée d’une touche à la française : il ne s’agit pas de copier les japonais en tout point. Puis, après avoir évoqué les genres de leurs œuvres, uchronie pour Pacha, fantaisie pour Tpiu et humour pour Elsa Brants, ce fut le moment des questions du public.
On évoqua le syndrome de la page blanche : Elsa Brants a conseillé, si l’ocassion se présente, de changer d’air, et en particulier de réaliser de longues marches, une action idoine pour remettre les idées en place. Puis ce fut la fameuse question "Comment se faire éditer". Comme toujours depuis la nuit des temps, l’envoi d’un dossier complet, adjoint par la présence de nombreuses relances, reste la meilleure façon de procéder.
Enfin, on leur demanda leur source d’inspiration graphique : sans surprise, il s’agit de Rumiko Takahashi pour Elsa Brants, Hayao Miyazaki pour Tpiu et Suzuki Sanami (La Petite Fille aux Allumettes) pour Pacha.
Par Guillaume BOUTET
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