Saku a éconduit Haruki, convaincue que c’était la meilleure chose à faire. Mais elle en souffre, tout comme Haruki, alors qu’il tente de mettre de l’ordre dans ses sentiments, entre son amour pour Saku et son ressentiment envers Hazuki, son ancien amour. Kotono, fidèle amie, décide alors de provoquer une remise en question salutaire.
Ce tome met en lumière un point intéressant : les deux protagonistes partagent un complexe d’infériorité similaire.
Saku se compare à Hazuki, qu’elle considère comme une rivale inaccessible. Mais cette situation éclaire surtout un aspect plus profond de son personnage : son envie d’être un « bon samaritain » n’est pas qu’une qualité, c’est aussi un masque. Elle s’y est réfugiée pour donner un sens à ce qu’elle croit ne pas avoir, comme si elle n’était rien sans ce rôle.
Haruki, de son côté, se sent toujours dans l’ombre de son frère, doué en tout. Ce sentiment a été esquissé dans les tomes précédents, notamment à travers les filles qui ne s’intéressaient à lui que pour son aîné. Mais ici, cette frustration reste trop peu développée : Haruki ne confronte jamais son frère, et la prise de conscience tombe un peu à plat.
La rencontre entre Saku et Haruki a créé un lien qui les a fait évoluer. Grâce à cette relation, Saku affirme enfin son identité propre, sans devoir s’effacer derrière son rôle d’aidante. Haruki, en tombant amoureux d’elle, parvient à mieux comprendre ses émotions et qui il est. Ils se révèlent donc mutuellement, mais tout cela semble peu approfondi, donnant une impression de résolution précipitée.
Un autre élément important du récit revient enfin sur le devant de la scène : la fameuse quête de l’identité du « sauveur » qui a poussé Saku à devenir celle qu’elle est. Ce point, resté en suspens pendant plusieurs tomes, revient brusquement, mais comme il a été mis de côté trop longtemps, cette réapparition surprend un peu et n’a pas l’impact qu’on aurait souhaité. La boucle est bouclée, ce qui fait sourire, mais c’est dommage car cela aurait pu avoir beaucoup plus de poids.
La fin du tome reste globalement prévisible, avec des personnages peu développés, des prises de conscience soudaines et une dynamique émotionnelle qui peine à convaincre. L’intrigue traîne, les malentendus sont artificiels, et la communication entre les personnages semble volontairement absente pour faire durer l’histoire. En comparaison avec d’autres œuvres d’Io Sakisaka, Sakura, Saku apparaît ici en retrait.
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