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Rentrée BD : Casterman joue les alliances inédites

Par Christian MISSIA Dio 20 août 2025 
Entre adaptations marquantes, suites très attendues et arrivées remarquées de jeunes auteurs, Casterman signe une rentrée 2025 foisonnante. De l’Atlantide d’Alix Senator aux ruelles post-apocalyptiques de C’est où, le plus loin d’ici ?, en passant par l’intimité bouleversante de Les Lignes qui tracent mon corps ou la flamboyance rock de Starman, la maison conjugue héritage et audace pour séduire toutes les sensibilités de lecteurs.

Entre adaptations marquantes, suites attendues et audaces graphiques, Casterman signe pour août-septembre 2025 une rentrée riche et contrastée. Au menu : des rencontres improbables entre auteurs confirmés, de nouvelles voix à suivre de près, et le retour de héros incontournables.

Les événements de la rentrée

Difficile d’ignorer l’ouverture de saison avec Libres d’obéir, adaptation en bande dessinée du best-seller de l’historien Johann Chapoutot par Philippe Girard. Plus de 60 000 exemplaires vendus en librairie dans sa version essai, et désormais une transposition graphique qui mêle histoire du nazisme et critique du management contemporain. L’ajout de récits de deux femmes-cadres confronte frontalement passé idéologique et pressions professionnelles actuelles. Un album coup de poing, aussi dérangeant que nécessaire.

Autre moment fort, Et c’est ainsi que je suis née marque l’arrivée chez Casterman de Fanny Michaëlis. Dans ce récit initiatique poétique et politique, l’autrice explore les différentes formes de coercition sociale à travers un conte visuel d’une grande liberté formelle.

Pour les amateurs de récits post-apocalyptiques, C’est où, le plus loin d’ici ? de Matthew Rosenberg et Tyler Boss arrive en France. La série (prévue en trois tomes) débute dans un décor de ruines urbaines où des bandes d’ados luttent pour survivre… et sauver une camarade disparue. Un duo venu du comics US qui promet une énergie brute et un attachement fort à ses personnages.

Enfin, Blanche Sabbah, autrice engagée connue sur Instagram sous le nom @lanuitremueparis, publie La Bataille culturelle, un manifeste illustré qui appelle à contrer le fascisme par l’art et la créativité populaire.

Rentrée BD : Casterman joue les alliances inédites
Libres d’obéir | Et c’est ainsi que je suis née | La bataille culturelle

Les retours attendus des séries à succès

Casterman soigne ses piliers avec plusieurs nouvelles livraisons très attendues. Airborne 44 T. 11 de Philippe Jarbinet nous entraîne dans une enquête familiale autour de la disparition mystérieuse d’un soldat américain en Europe. Un récit nourri de recherches historiques minutieuses.

Côté science-fiction poétique, Avaler la lune T. 2 de Lucie Castel, Grégory Jarry et Robin Cousin poursuit l’odyssée d’Agafia sur une Lune devenue refuge biologique, où chaque choix pourrait condamner un monde.

Les amateurs d’aventure antique retrouveront Alix Senator T. 16 – L’Atlantide par Valérie Mangin et Thierry Démarez. Ce dernier tome du cycle promet tensions entre peuples et interrogations sur la place des dieux. Et pour un public plus jeune, Alix Origines T. 5 – Corsica de Laurent Libessart et Marc Bourgne mêle voyage, amitié et survie sur fond de paysages corses dévastés.

C’est où, le plus loin d’ici ? (T. 1 & T. 2)
Matthew Rosenberg & Tyler Boss © Casterman

Jeunesse : nouvelles signatures et récits immersifs

Casterman mise aussi sur la diversité de ses propositions jeunesse. La Fleur des absents (Neetols & John Moore) joue la carte du fantastique tendre avec l’histoire d’un adolescent timide qui se retrouve à cohabiter avec le fantôme d’une jeune fille bien décidée à bousculer son quotidien.

La Nuit aux loups T. 1 de Van inaugure une trilogie jeunesse mêlant malédiction lycanthrope et atmosphère mystérieuse dans un Québec nocturne.

Le jeune public retrouvera aussi la suite de C’est où, le plus loin d’ici ? T. 2, qui approfondit le voyage initiatique de Sid, et ses dangers, dans un monde en ruines.

Récits intimes et engagement social

Parmi les nouvelles voix, Mansoureh Kamari signe Les Lignes qui tracent mon corps, témoignage graphique puissant sur l’oppression patriarcale en Iran et le chemin vers la liberté. Un récit autobiographique qui rejoint la tradition Casterman des albums à forte portée sociétale et personnelle.

Amours fragiles – Intégrale 2 de Philippe Richelle et Jean-Michel Beuriot poursuit l’exploration sensible et documentée des amours contrariées sous l’Occupation, entre Paris et Cologne.

Airborne 44 T. 11 - M.I.A. : Missing In Action | Great Trailers T. 3 | Amours fragiles – Intégrale 2

Icônes et pop culture

Dans un registre musical, Reinhard Kleist livre Starman – Les années Ziggy, fresque de 344 pages retraçant la métamorphose de David Bowie en Ziggy Stardust et les tourments qui ont accompagné ce succès planétaire.

Les amateurs d’univers imaginaires retrouveront également Schuiten & Peeters avec Les Cités Obscures – L’écho des Cités, anthologie atypique des grands reportages illustrés issus de leur fameux magazine fictif.

Explorations japonaises et science-fiction - Sakka

Le manga occupe aussi une place remarquée. Ryoko Kui (Gloutons & Dragons) revient avec Le Terrarium dans mon tiroir, recueil de 33 histoires courtes inventives.

Suehiro Maruo signe quant à lui Underground, plongée dans la contre-culture tokyoïte des années 1960. Enfin, Akira Miyagawa poursuit avec Great Trailers T. 3, mêlant course-poursuite futuriste et secrets martiens.

Alix Senator T. 16 – L’Atlantide | Alix Origines T. 5 – Corsica | Lefranc T. 36 – La régate

Aventure classique et voyages lointains

La série historique (univers Jacques Martin) Lefranc T. 36 – La Régate de Régric et Roger Seiter entraîne son héros en Indonésie, pris dans un complot menaçant jusqu’au jeune sultan local. Un classique de l’aventure franco-belge revisité.

Une rentrée entre diversité et cohérence

Ce programme Casterman confirme l’équilibre entre grands noms (Schuiten & Peeters, Jarbinet, Mangin, Richelle, Kleist), alliances inédites (Rosenberg/Boss, Castel/Jarry/Cousin), et nouvelles signatures prometteuses (Fanny Michaëlis, Neetols, Mansoureh Kamari, Van).

Entre engagement politique, expérimentation graphique et plaisir narratif, la maison conjugue héritage et prise de risque, pour une rentrée qui séduira aussi bien les amateurs de récits intimistes que les passionnés d’aventure et de mondes imaginaires.

Les Cités obscures - L’Écho des Cités (Nouvelle édition)
François Schuiten & Benoît Peeters © Casterman

Par Christian MISSIA Dio

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Code EAN : 9782203284296
Casterman Casterman Sakka Belgique France Paris Tokyo Québec Cologne
 
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25 Messages :
  • Tous ces livres et ces albums qui analysaient le passé, la guerre, la montée du nazisme et ses conséquences inhumaines me semblaient indispensables avant. Maintenant je ne vois plus en quoi ces ouvrages sont indispensables, au vu de ce que nous voyons tous en direct et contre lequel nous ne faisons rien. L’humanité reste la même, elle ne tire aucune leçon du passé. Livre inutile tant que nous ne nous battons pas contre tous les extrémismes et tous les fascismes modernes.

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  • Oh non, Chapoutot qui va encore essayer de nous convaincre que le libéralisme est un nazisme, que Macron est pire que Goebbels et va savoir quoi encore…

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    • Répondu le 20 août 2025 à  10:43 :

      Oui, c’est dommage de voir virer vers le militantisme un jeune historien qui promettait tellement. Mais c’est une tendance générale, on a des historiens médiatiques de droite très à droite, et des historiens médiatiques de gauche très à gauche. Les historiens qui font encore sérieusement un travail intéressant ne sont pas médiatisés (et vendent beaucoup moins de livres).

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      • Répondu le 20 août 2025 à  17:18 :

        Rien de fantastique depuis que Gallimard a pris les rênes de Casterman, qui ne fait plus que de la BD CSP+. Déjà que Gallimard BD ça casse pas la baraque…

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        • Répondu le 20 août 2025 à  20:40 :

          Pas vraiment l’impression que Alix, Lefranc, Airborne 44 etc soit de la BD pour CSP+.

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          • Répondu le 21 août 2025 à  09:47 :

            Airborne 44 est une exception et on ne construit pas un catalogue avec une exception. Airborne 44 existait déjà avant le rachat par Gallimard. Quant aux licences historiques de Casterman, il faut bien continuer à rentrer de la thune pour financer ce qui se vend mal.

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            • Répondu le 21 août 2025 à  10:46 :

              Ben oui c’est vrai pour tous les généralistes, Casterman comme les autres.

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            • Répondu par Gina Vanilla le 21 août 2025 à  16:16 :

              Voui, les BD qui continuent les séries créées par Jacques Martin (Alix et Lefranc, deux beaux blonds, à des époques différentes) se vendent plutôt bien, en dépit (ou grâce à ?) de la valse des auteurs concernés.
              L’album cartonné couleurs tout public, soigneusement réalisé, a encore de beaux jours devant lui !

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              • Répondu le 21 août 2025 à  20:49 :

                "L’album cartonné couleurs tout public, soigneusement réalisé, a encore de beaux jours devant lui !" LOL, si vous le dites !

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                • Répondu par Milles Sabords le 24 août 2025 à  07:31 :

                  Ben si, ça se voit dans les chiffres de ventes de GFK.

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                  • Répondu le 24 août 2025 à  09:54 :

                    Oui si vous pensez que l’avenir c’est toujours Astérix, Lucky Luke, Blake et Mortimer, Gaston, Alix etc. Et quand bien même, les ventes de la plupart de ces séries canoniques sont en baisse. Les lecteurs meurent de vieillesse au bout d’un moment.

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                    • Répondu par Milles Sabords le 24 août 2025 à  13:21 :

                      Undertaker, L’Arabe du futur, Les nombrils, Les Sisters, Team Rafale, Le Scorpion, Tramp, Carthago, etc... en effet, que des séries canoniques qui cartonnent et qui ne sont lues que par un public vieillissant.

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                      • Répondu le 24 août 2025 à  18:54 :

                        Les Nombrils, 2004, Les Sisters, 2008, Team Rafale, 2007, le Scorpion, 2000, Tramp, 1993 (!), Carthago, 2007… A part Undertaker qui a seulement 10 ans, toutes les séries que vous citez ont 20 ou même 30 ans d’âge ! Faut vraiment remettre vos fiches à jour… Et l’Arabe du Futur est un roman graphique et pas une série en albums cartonnés.

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                        • Répondu le 24 août 2025 à  21:42 :

                          C’est quoi le rapport entre cette conversation et la rentrée de Casterman ? Casterman a justement cette année tenté un retour de la série cartonnée en 48 pages, avec la série de Bastien Vivès, je me demande si ça a marché…

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                          • Répondu le 25 août 2025 à  08:17 :

                            Casterman qui avait juré il y a quelques années de ne pas faire de "BD du Réel" et de rester dans le giron de la fiction de l’imaginaire… les voilà qui montent en dernier dans le train du "roman graphique" sur des sujets poilitques et de société "édifiants" et "progressistes", au moment où tout le monde se lasse complètement…

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                        • Répondu par Milles Sabords le 25 août 2025 à  07:39 :

                          Les séries dont vous faites référence ont été créées entre 1946 et 1959, alors si pour vous les années 2000 sont déjà datées, pensez à changer votre boulier. Certes, L’Arabe du Futur est un roman-graphique, mais le trait de Sattouf est très « franco-belge », Hergé fut d’ailleurs l’une de ses inspirations. Ceci dit, les séries canoniques continuent toujours à séduire de nouvelles générations. Le talent s’abolit toujours des modes et des époques.

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                          • Répondu le 25 août 2025 à  13:49 :

                            Je ne trouve pas du tout que Sattouf soit d’inspiration franco-belge. C’est un enfant de l’école underground… c’est marrant j’ai voulu vérifier et quand on tape Riad Sattouf sur Google Images, y a pas moyen de voir plus qu’un ou deux dessins de lui, il n’y a quasiment que des photos de sa tête…

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                          • Répondu le 25 août 2025 à  13:52 :

                            "les séries canoniques continuent toujours à séduire de nouvelles générations." Vous connaissez un moins de 35 ans qui lit Blake et Mortimer, vous ? C’est comme pour le réchauffement climatique, on peut toujours se voiler la face tant et plus parce que ça aide à vivre, mais ça demande de plus en plus de mauvaise foi.

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                            • Répondu par Milles Sabords le 25 août 2025 à  15:48 :

                              Oui, j’en connais, et même encore qui lisent Tintin, Lucky Luke, ou Astérix ! Faites les brocantes et vous verrez le nombre de jeunes qui achètent des « anciennes » séries…

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                              • Répondu le 25 août 2025 à  22:38 :

                                Heureusement car ce sont d’excellentes BD, mais les ventes en brocantes ne reflètent pas le marché.

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                                • Répondu par Milles Sabords le 27 août 2025 à  05:55 :

                                  N’empêche, cela donne aux jeunes le virus de la BD et par la suite, de fréquenter les librairies.

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                                  • Répondu le 30 août 2025 à  23:27 :

                                    Si ça vous rassure de penser que les gamins traînés par leurs parents à leur vide-grenier de village vont tous devenir d’énormes consommateurs de vieilles BD "à la papa", tant mieux pour vous. On a besoin d’illusions dans la vie.

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                                    • Répondu par Milles Sabords le 31 août 2025 à  07:13 :

                                      Primo, les jeunes y vont aussi de leur plein gré, secundo, la curiosité les amènera aussi à fréquenter des librairies et découvrir d’autres formes de BD.

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                      • Répondu le 27 août 2025 à  22:57 :

                        Si vous le dites… en tout cas, la suite des commentaires sont illisibles.

                        Répondre à ce message

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