Bon
20 juin 2025
Assa est une celte qui vit des jours heureux jusqu’au jour où des soldats romains saccagent et massacrent son village. Sa famille est décimée. Elle est épargnée et vendue comme esclave à un notable de Pompéi. Vouée à servir le riche Probus, son sort est encore enviable par rapport aux autres victimes de sa condition. Elle s’occupe de l’intendance dans un cadre cossu et luxueux. Le fils de son maître, Aurelius, tombe sous son charme. Les sentiments sont réciproques au point d’envisager le mariage. Impensable pour Probus qui a d’autres projets pour son fils. Il vend Assa à un lupanar afin de l’éloigner définitivement.
L’idée de suivre le destin de personnages fictifs dans les derniers jours de la fascinante cité romaine est originale. Elle permet une reconstitution vivante des us et coutumes de l’époque dans leur environnement. Le scénario (complet en un tome) nous conte l’histoire tragique d’une esclave, d’un amour interdit et d’une vengeance. On est loin des intrigues de palais habituelles ou des manœuvres militaires dont les lecteurs de péplum sont accoutumés. L’intrigue en souffre car un peu linéaire, mais les auteurs privilégient des scènes de vie d’un quotidien plausible basé sur une documentation historique qui se retrouve dans les détails du décorum, accessoires, les comportements... La brutalité des événements et la fin dramatique sont tempérées par des éléments poétiques visuels qui jalonnent le récit.
Le dessin de Paolo Grella assure une belle maîtrise éclectique. Il reproduit aussi bien certains détails de peintures murales que les divers bâtiments (Villas, boutiques, rues, …) ainsi que la nudité assez présente. La mise en couleur à l’aquarelle qu’il réalise lui-même imprime son style qui convient à la narration. Des couleurs claires traduisant la douceur des sentiments entre les amants et la beauté des lieux contrastent avec les couleurs sombres exprimant la violence et la fin tragique de Pompéi. Cette antinomie est d’ailleurs le reflet de la civilisation romaine, si avancée dans les arts et en même temps restée si brutale.
Au final, Pompéi Assa propose une belle invitation dans la cité historique qui nous a laissé tant de vestiges, témoins d’un type de société et d’un style de vie.
Par David SPORCQ
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