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Favori de la rédaction
20 juillet 2026
Ainsi découvre-t-on la genèse de la série Johan et Pirlouit de Peyo, celle-là même dans laquelle sont nés les merveilleux Schtroumpfs. Il est fascinant de voir les premières ébauches : une sorte de diamant brut qui s’affine peu à peu sous les conseils d’André Franquin, celui qui pistonne le jeune Pierre Culliford — son véritable nom — auprès de Charles Dupuis en 1951.
On voit ainsi se succéder les premières pages des aventures du page : Le Maître de Roucybeuf (1953), Le Châtiment de Basenhau (1954), Le Lutin du Bois aux Roches, qui introduit l’ineffable Pirlouit (1955), avant La Flèche noire (1956), qui inaugure ce que les auteurs qualifient de « début d’un âge d’or ».
De fait, les chefs-d’œuvre s’enchaînent et nous offrent un Moyen Âge vivant, peuplé de mages et de sorcières, de seigneurs félons, de géants et de dragons, de troubadours et de chevaliers. Des récits simples, mais riches en rebondissements, d’une lisibilité exemplaire. Ces planches, reproduites souvent dans leur format original, montrent toute la netteté et la splendeur du dessin. Tout est beau, jusqu’au lettrage, cette minuscule italique parfaitement tracée. C’est la quintessence d’un art.
« La qualité première de Peyo, m’a dit un jour Franquin, c’est que l’on peut placer l’une de ses pages à cinq mètres de distance : on comprend encore parfaitement ce qui s’y passe. » La narration est d’une épure remarquable, simple et évidente, et aboutit à sa création maîtresse : les Schtroumpfs.
Rien n’est plus simple que cette invention : un peuple de personnages presque jumeaux, une création unique déclinée en une infinité de variations. Une merveille dont l’efficacité n’échappe pas aux producteurs de dessins animés. Le premier sera d’ailleurs produit par… Dupuis, avec son studio TVA, qui réalise les premiers films pour la télévision dès 1961. Il faudra toutefois que les petits gnomes bleus traversent l’Atlantique pour acquérir une véritable portée universelle.
Bref, cette balade merveilleuse dans l’univers de celui qu’Hugues Dayez appelait « Peyo l’enchanteur » est une expérience que nous vous recommandons vivement. Ce qui frappe, une fois le volume refermé, c’est de constater que ces dessins, qui ont parfois plus de 70 ans, n’ont pas pris une ride. L’œuvre de Peyo, c’est la jouvence éternelle, la pierre philosophale de la création, celle que Gargamel cherche en vain, sans se rendre compte que cette pierre, c’est lui-même !
Par Didier PASAMONIK
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Peyo - Johan et Pirlouit : une vie en dessins – Par Eric Verhoest, David Amram et Clément Lemoine – Ed. Champaka / Dupuis. Avec une magnifique maquette de Philippe Ghielmetti.
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