Oneira - L’ère des souverains T. 1- Par Cab et Federica Di Meo - Kana

Par Malgorzata NATANEK Très bon 30 janvier 2026 
L’Ère des Souverains signe le retour de la saga Oneira, qui troque l’intime pour le vertige du politique, où l’équilibre du monde semble désormais en jeu. Entre intrigues de palais, luttes d’influence et disparition inquiétante des chasseurs de cauchemars, les épeires, le lecteur est plongé au cœur d’une dark fantasy foisonnante et menaçante.

Petit rappel : le premier cycle, L’Enfant cauchemar, se concentrait sur Arane, Vénus et Bastione, et sur une relation mère-fille mise à rude épreuve. Chasseuse de cauchemars légendaire, Arane voyait sa fille adoptive devenir l’enjeu d’un conflit mêlant Église, secrets et monstres nés des cauchemars humains, dans un arc intime qui posait les bases de l’univers et de la profondeur émotionnelle de ses héroïnes.

D’ailleurs, L’Ère des Souverains s’ouvre sur une mise en abyme élégante, qui résume en images les moments clés de L’Enfant cauchemar et permet aux nouveaux lecteurs de plonger dans ce cycle sans avoir lu le premier arc. Quelques références peuvent demander un léger temps d’adaptation, mais la narration rend l’ensemble fluide, lisible et immédiatement accrocheur.

Oneira - L'ère des souverains T. 1- Par Cab et Federica Di Meo - Kana
Oneira planche
© 2025 Di Meo – Cab – Kana (Dargaud-Lombard s.a.)

Avec L’Ère des Souverains, Cab et Federica Di Meo changent radicalement d’échelle. Si le lien entre Arane et Vénus demeure central, la menace devient globale et politique. Dès l’ouverture, une mission impliquant l’épeire Carnada et des paladins menés par Alisteir Tancrède installe un climat de tension immédiat : les épeires, chasseurs de cauchemars maniant le canvas, sont sur le déclin, tandis que la lithomancie des paladins annonce un dangereux basculement des rapports de force.

Le message est clair : les puissances en place commencent à se débarrasser de ceux qui les ont longtemps servis. La corruption de l’Ordre, prêt à s’allier à un royaume pratiquant tortures et oppressions, renforce la dimension critique du récit. À l’image des guerrières mi-humaines mi-démons du manga Claymore, les épeires illustrent comment ceux qui protègent peuvent devenir des cibles, leur rôle et leur existence menacés par ceux qui les ont longtemps instrumentalisés.

Oneira planche
© 2025 Di Meo – Cab – Kana (Dargaud-Lombard s.a.)

Le tome introduit de nouveaux personnages charismatiques, parmi lesquels plusieurs épeires. Ovide Lydie s’impose comme une figure forte et diplomate, redoutable face au souverain Octavian, tout en jouant un rôle central dans l’apprentissage de Vénus. Saladin, un autre épeire de renom, explore les inquiétantes Terres sans Aube, au milieu de ruines chargées de menaces. L’atmosphère oppressante de ces lieux, sombre et démoniaque, rappelle celle d’univers comme les jeux Diablo, où le danger est palpable à chaque pas. L’alternance avec une scène champêtre, d’apparence paisible, accentue la tension : un calme trompeur avant la tempête.

Visuellement, le niveau a franchi un nouveau cap. Le trait dense et texturé de Federica Di Meo, déjà solide, gagne en densité et maîtrise. Les noirs et les contrastes renforcent l’atmosphère gothique, tandis que le découpage fluide et les détails foisonnants offrent une immersion totale. L’univers, mêlant inspirations médiévales, Renaissance et touches steampunk, affirme une identité forte et immédiatement reconnaissable, au service d’une dark fantasy somptueuse.

Oneira planche
© 2025 Di Meo – Cab – Kana (Dargaud-Lombard s.a.)

Ce début d’arc réussit un pari délicat : intégrer l’intrigue passée tout en permettant aux nouveaux venus de suivre l’histoire, élargir le propos et transformer une dark fantasy intime en fresque politique menaçante, portée par une patte graphique unique et de nouveaux personnages déjà mémorables.

Par Malgorzata NATANEK

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Code EAN : 9782505124641
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