Je me souviens… d’Angoulême !

Par Benoit MARCHON 30 janvier 2026 
Au moment où se déroule le non-Festival d'Angoulême, alias Off ou Girlxcott, une bouffée de souvenirs nous revient, d'un autre temps, d'un autre âge, en attente du futur. Petite rétrospective perso.

Moi qui suis un dinosaure (j’ai 75 ans) et qui fut « responsable BD » chez Bayard pendant de longues années, j’ai sillonné de long en large les rues, les « bulles » ( les chapiteaux), les expos d’Angoulême. Et rencontré pas mal de gens… Et j’ai eu l’idée de pondre ces petits témoignages très personnels à la manière du fameux « Je me souviens » de Georges Perec.

Pendant plus de trente ans (de 1978 à 2011), j’ai travaillé comme journaliste à Bayard Presse. Et j’ai eu, pendant pas mal de temps, le titre de « responsable BD », qui est l’équivalent d’éditeur ou de directeur littéraire dans l’édition, c’est-à-dire que je pilotais le travail d’auteurs de BD (scénaristes, dessinateurs, coloristes). À ce titre, j’ai participé à la grand’messe annuelle du Salon de la bande dessinée à Angoulême (qui prendra le titre de « Festival » en 1996), pour accompagner et promouvoir les auteurs-maison (Yvan Pommaux, Olivier Schwartz, Louis Alloing, Martin Berthommier, Bernadette Després, Tehem, Tito, Yomgui, Marc Wasterlain, etc). En m’inspirant du célèbre livre de Georges Perec, Je me souviens, je me suis amusé à écrire ces quelques souvenirs en vrac, datés ou non, sans aucune chronologie, comme des coups de flash composés de fragments de réels dans les méandres de ma mémoire…

Je me souviens… d'Angoulême !
Jean Mardikian et André Franquin au Festival d’Angoulême
Photo : Gérard Guégan

Je me souviens de Franquin, mon Dieu dans la BD, en séance de dédicace ! Cette année-là, j’apprends que Franquin dédicace dans une librairie de la ville. Bien sûr, je m’y rends illico. Il est tard dans l’après-midi, mais il n’y a que quatre ou cinq personnes devant moi. Je pense que j’ai des chances de lui parler et d’avoir une belle dédicace. Mais il est tellement perfectionniste qu’il passe de longues minutes sur le même dessin. Déçu et bredouille, je dois repartir de la librairie qui va fermer…

Mais je me souviens aussi d’avoir serré la main de Franquin en le remerciant ! Une autre année, je suis invité par la ville à une grande réception des professionnels de la BD. Je vois, en arrivant, que Franquin y est présent avec son épouse ! Cette fois, je me dis qu’il faut absolument que je lui parle ! Toute la soirée, intimidé, je le garde dans ma ligne de mire. Mais soudain, j’entends sa femme lui dire : « Allez, André, on s’en va ! » Et elle se dirige vers la sortie, suivie par son mari. J’ose alors m’interposer, je lui tends ma main droite et lui déclare : « Monsieur Franquin, je vous remercie pour tout le bonheur que vous m’avez donné, enfant, quand je lisais vos BD dans Spirou ! » Il me regarde d’un air surpris, me serre la main en baragouinant je ne sais quoi et file rejoindre sa femme. Mais moi, je suis le plus heureux des fans…

Je me souviens de ma plus belle nuit d’Angoulême, quand deux titres de Bayard ont reçu un Alph’Art ! C’est en 2003. Comme chaque année, les Alph’Art (ancien appellation des prix) sont proclamés au théâtre municipal. Les places à l’orchestre étant déjà prises, je monte dans les balcons. Le maître de cérémonie est Jean-Marc Thévenet, par ailleurs directeur du Festival.

À un moment est décerné l’Alph’Art Jeunesse 9-12 ans à Premières classes, le tome 1 de la série Zap Collège ! Je jubile car c’est moi qui publie cette série dans Okapi. L’auteur, Téhem, monte chercher son trophée sur la scène. Mais je suis un peu déçu car, dans son petit discours, il ne cite ni Okapi ni mon nom…

La cérémonie continue. Quelques instants plus tard est annoncé que l’Alph’Art Jeunesse 7-9 ans est attribué à L’Inspecteur Bayard chez les stars (tome 12 de l’Inspecteur Bayard), que je publie dans Astrapi. J’explose de joie intérieurement ! Les auteurs (Jean-Louis Fonteneau et Olivier Schwartz) étant absents, je crie à Thévenet que je peux venir chercher le trophée à leur place. Mais il me répond : « Non, ce serait trop long de descendre jusqu’à la scène ! » Je reste donc sur mon siège, aux anges, mais triste de ne pas avoir eu mon quart d’heure de célébrité warholien… !

Je me souviens de l’exposition sur Angelot du Lac que j’ai organisé au Centre Saint-Martial. En 1991, je monte une grande exposition sur Angelot du Lac, le chef d’œuvre d’Yvan Pommaux, que j’ai publié dans Astrapi. Elle a lieu au Centre Saint-Martial (rebaptisé plus tard Espace Franquin) et présente un certain nombre de superbes planches originales, ainsi que des grands tableaux réalisés par Yvan Pommaux pour l’occasion. J’avais transporté l’ensemble dans mon minicar, depuis Tours (où il habite) jusqu’à Angoulême. Cette exposition est un succès !

Dessin de Gus Bofa
DR

Je me souviens d’une grande vente de dessins de Gus Bofa ! Elle propose des dizaines de dessins originaux de cet immense illustrateur, qui sont présentés en vrac dans les couloirs des salons d’accueil de l’hôtel Mercure. Et ils sont vendus à des prix devenus dérisoires maintenant que la cote de Bofa est montée au plus haut ! Je n’en ai malheureusement pas acheté…

Je me souviens d’avoir interpelé Claire Bretécher dans une rue piétonne de la ville ! C’est pour l’informer que nous avons retrouvé par hasard dans des locaux techniques de Bayard des dizaines de ses planches originales, réalisées alors qu’elle était toute jeune pour les revues Rallye Jeunesse et Record, et que je souhaite lui restituer. Très interloquée, elle me donne son adresse et nous convenons d’un rendez-vous. C’est ainsi que j’ai eu la chance d’aller chez elle (dans une petite maison juchée sur le toit d’un parking en plein Pigalle !) et de prendre le thé avec cette grande dame de la BD !

Je me souviens d’avoir reçu un prix pour mon album sur Gandhi, dessiné par Leo. En 1988, j’ai écrit pour Astrapi un scénario sur la vie de Gandhi que j’ai demandé au jeune Leo de dessiner. Il n’a publié alors que des histoires courtes dans Okapi, où j’ai repéré son travail. Un album, son premier donc, sort ensuite chez Bayard Editions. Et celui-ci reçoit le prix « Regard chrétien sur.. », créé spécialement pour lui par le curé de la cathédrale d’Angoulême. Anecdote : ce prix était accompagné d’un petit chèque, signé par le curé, mais qui a été refusé par ma banque car non approvisionné ! Le curé, confus, s’est excusé, et m’en a fait un nouveau… Plus tard, Leo a pris son envol avec les séries Trent, et surtout Aldébaran, Bételgeuse, etc. Il est devenu un grand de la BD de science-fiction.

Je me souviens d’avoir accompagné Joann Sfar quand il a reçu un prix pour son Chat du rabbin. Une autre année, toujours à la cathédrale, Joann Sfar reçoit le prix Œcuménique pour son Chat du rabbin (tome 1). Impressionné, il n’ose pas entrer dans la cathédrale. Comme je l’accompagne, cela le rassure. Après l’annonce officielle du prix, il fait un petit discours brillant (comme il sait les faire). Revenu à côté de moi, je lui murmure en souriant « Tu pourrais être rabbin ! ». Eh bien, il a retranscrit plus tard cette petite phrase dans son Journal !

Je me souviens d’avoir vu, de mes yeux vus, Tchang accompagné de Bob De Moor ! Une année, il y a au Musée des Beaux-Arts une grande exposition des planches originales d’Hergé pour le Lotus bleu. J’y arrive quelques minutes avant l’ouverture officielle. Et je vois Tchang et Bob De Moor, le fidèle collaborateur d’Hergé, finir de visiter l’exposition en s’avançant de loin vers moi… Quelle émotion !

Hergé par Tchang. Il serait temps qu’ils écrivent "Georges Remi" correctement...
Photo : D. Pasamonik

Je me souviens d’avoir monté une exposition sur « Les grands de la BD dans Grain de Soleil ». Elle a lieu en 2003 dans l’église Saint-Martial, est composée d’une vingtaine de panneaux montrant des œuvres de différents dessinateurs de talent (Juillard, Leo, Schwartz, Dupuy/Berberian, Mathieu Bonhomme, Mathieu Sapin, Dominique Bertail, etc.) ayant accepté de travailler pour une revue de spiritualité chrétienne pour les enfants.

Je me souviens d’une table ronde télévisée avec André Juillard et Claude Moliterni. Lors de la sortie de la BD sur Charles de Foucauld dont j’ai écrit le scénario et que Léo Beker a dessiné, je suis invité à participer à une table ronde en direct à la télévision avec André Juillard et Claude Moliterni (l’un des premiers grands spécialistes de la BD) dans la cathédrale. Il y fait un froid de canard et nous sommes emmitouflés dans nos manteaux !

Je me souviens d’avoir remarqué les premiers travaux de Frédéric Boilet. Lors d’un des premiers salons auxquels je participe en 1981, il y a dans une « bulle » une exposition de travaux d’étudiants. Je remarque ceux d’un certain Hasenfratz et note ses coordonnées. Au retour d’Angoulême, j’apprends qu’Okapi cherche un dessinateur pour un scénario se passant dans l’Egypte antique. Je leur donne les coordonnées de ce jeune dessinateur, dont le vrai nom est Frédéric Boilet. La BD, La nuit des archées, sur scénario de Guy Deffeyes, paraît dans Okapi puis en album. Ce sera la toute première publication de Frédéric Boilet, qui sera des années plus tard l’un des initiateurs du manga en France.

Je me souviens de Morris me dédicaçant un dessin de Lucky Luke en clown. Une année, Morris dédicace sur le stand Dargaud. Il y a évidemment une énorme file d’attente et Morris dessine plus vite que son ombre des dizaines de profils de son héros. J’attends patiemment. Arrivé à mon tour, j’ai l’audace de lui demander s’il peut me dessiner un Lucky Luke en clown, car ma future ex-femme collectionne à l’époque les dessins de clown ! Il me regarde en levant la tête d’un air déstabilisé puis griffonne maladroitement une dédicace assez moche… !

Je me souviens d’Yves Chaland m’offrant un de ses albums collectors. J’ai fait travailler Yves Chaland à Astrapi pour lequel il a réalisé John Bravo le justicier et deux histoires d’Adolphus Claar. En 1986, le stand des Humanoïdes Associés jouxte celui de Bayard. Et Chaland est tout excité parce qu’il découvre son tout nouvel album de Freddy Lombard, La Comète de Carthage, juste sorti de chez l’imprimeur dans une version collector : les cahiers intérieurs sont ceux du tirage de tête, alors que la couverture est celle de l’édition courante. Et il me fait généreusement cadeau d’un exemplaire !

Yves Chaland
Photo DR

Je me souviens d’une discussion avec le scénariste Rodolphe qui a donné naissance à une série vedette d’Astrapi. Une année, je discute sur le stand de Bayard avec Rodolphe, le scénariste talentueux et prolifique. Et je lui propose de travailler pour les plus jeunes, lui qui n’a jusqu’à présent écrit que pour les adultes. Quelques semaines après, je reçois un petit mot de sa part (les mails et les téléphones portables n’existaient pas encore) me disant que ma proposition l’intéressait si elle tenait toujours. C’est ainsi qu’il conçoit bientôt la série des Aventures des Moineaux (du nom de leur famille) pour laquelle je fais appel au dessinateur très « ligne claire » Louis Alloing. Celle-ci est publiée avec succès dans Astrapi pendant de longues années et donnera lieu à huit albums.

Je me souviens de Moebius en dédicace. En 2001, Moebius publie 2001 après Jésus-Christ (avec un texte de Jean-Luc Coudray), un album illustré chez un éditeur marginal (Stardom) sur un sujet qui n’a rien à voir avec Blueberry et l’Incal. Bizarrement, il n’y a quasiment aucun de ses fans devant le stand. Et Moebius me dessine en quelques secondes une superbe dédicace d’une main rapide et virtuose !

Je me souviens de Bernadette Després, au milieu de centaines d’enfants fans de Tom-Tom et Nana. Vers la fin de sa vie, Bernadette Després est devenue une star chez les plus jeunes, avec sa série Tom-Tom et Nana (sur des scénarios désopilants de Jacqueline Cohen), publiée pendant des décennies dans J’aime Lire. Quand elle vient à Angoulême, il y a des foules de gamins accompagnés de leurs parents. Et pour répondre à la demande, Bernadette Després a fait faire plusieurs tampons à l’effigie de ses héros, qu’elle complète d’une petite dédicace personnalisée, toujours avec le sourire d’une grand-mère et des petits mots gentils à ses innombrables lecteurs !

Bernadette Desprès
Photo : D. Pasamonik

Je me souviens avoir échangé quelques mots avec Burne Hogarth, le dessinateur de Tarzan juste avant sa mort. En 1996, dans la salle réservée aux auteurs et aux journalistes, j’échange quelques mots en anglais avec un très vieux monsieur fatigué que je ne reconnais pas. On m’apprend après coup qu’il s’agit de Burne Hogarth, le célèbre dessinateur de Tarzan, invité d’honneur du Festival. Et j’apprendrai quelques jours plus tard qu’il est mort en revenant d’Angoulême…

Je me souviens de Francis Groux, l’un des pères fondateurs du Festival d’Angoulême. Au fil des ans, nous nous sommes croisés dans les vernissages d’expositions, les tables rondes, les séances de dédicaces, les rencontres informelles, etc. Et nous sommes peu à peu devenus amis. J’appréciais sa personnalité franche et décidée. En 2011, quand il a publié sa passionnante autobiographie intitulée Au coin de ma mémoire (Editions PLG), , je lui ai demandé une dédicace. Il m’a écrit : « Pour Benoit, tu vas en apprendre de belles !!!  » (voir photo). Vu ce qui se passe aujourd’hui, il ne croyait pas si bien dire…

Autres souvenirs à suivre ? Peut-être…

Par Benoit MARCHON

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Article mis à jour le 5 février 2026.

Histoire Tours Angoulême 2026
 
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7 Messages :
  •  Rectificatif
    30 janvier 20:03, par Tehem

    Heu…Benoit, j’étais bien présent pour la remise de l’Alphart jeunesse, et je suis allé sur la scène le récupérer…c’est donc moi qui ai bénéficié du quart d’heure de gloire :)

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    • Répondu par benoit marchon le 2 février à  15:20 :

      Salut, Thierry ! Bon sang, mais c’est bien sûr, ma mémoire m’a joué des tours. Je corrige mon article. Zappement vôtre : -)

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  • Je me souviens… d’Angoulême !
    1er février 11:58, par steph

    Bonjour, moi aussi j’ai vu Tchang lors de l’exposition Hergé au Musée des Beaux-Arts avec l’ensemble des planches du Lotus Bleu, un grand souvenir. Tchang était intervenu dans une rencontre également et avait signé très gentiment quelques ouvrages pour les tintinophiles présents. Son buste d’Hergé a été inauguré durant cette édition (Angoulême 16).
    Sauf que .. c’était en janvier 1989, soit presque 6 ans après la mort d’Hergé en mars 1983...!
    Par contre Hergé était bien présent à Angoulême en janvier 1977.

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    • Répondu par benoit marchon le 2 février à  15:26 :

      Bonjour Steph,
      Vous avez raison, en refouillant dans ma mémoire, je me suis souvenu que c’est Bob de Moor, le fidèle collaborateur d’Hergé, que j’ai vu avec Tchang, et non pas Hergé lui-même ! Je corrige mon article.

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  • RE : Je rme souviens… MAL !d’Angoulême !
    1er février 14:13, par Delphine Groux

    Monsieur
    Je vous remercie de nous relayer ces souvenirs riches de 53 ans d existence que nombre voudraient faire disparaître au profit d un grand remplacement pathétique. Cependant les faits sont têtus et parfois il arrive que la mémoire les enjolive. Si je m en réfère à votre souvenir : « Je me souviens d’avoir vu, de mes yeux vus, Hergé accompagné de Tchang ! Une année, il y a au Musée des Beaux-Arts une grande exposition des planches originales d’Hergé pour le Lotus bleu. J y arrive quelques minutes avant l’ouverture officielle. Et je vois Hergé et Tchang finir de visiter l’exposition en s’avançant de loin vers moi… Quelle émotion ! »
    Je me permets de vous faire remarquer que Hergé n est venu qu’une seule fois à Angoulême, en 1977 et que
    Tchang est venu voir avec une très grande émotion TOUTES les planches du « Lotus Bleu » au Musée.
    Il a ensuite participé à une rencontre et a signé très gentiment quelques ouvrages pour les tintinophiles présents…
    SAUF que c’était en janvier 1989 - Angouleme 16 – soit 6 ans après la mort d’Hergé en mars 1983.
    @actuabd : trop occupé à détruire le FiBD, vous en êtes à oublier l essentiel : la vérité.

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    • Répondu par Laurent Colonnier le 1er février à  19:29 :

      @actuabd : trop occupé à détruire le FiBD, vous en êtes à oublier l essentiel : la vérité.

      N’importe quoi, Actuabd laisse une tribune libre à Benoit Marchon, il nous offre ses souvenirs, parfois reconstitués, parfois inexacts, mais l’émotion qui s’en dégage est totalement vraie et sincère, c’est bien le principal et Actuabd ne détruit rien, les "héritiers" s’en sont chargés tous seuls.

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    • Répondu par benoit marchon le 2 février à  15:31 :

      Bonjour Madame, vous avez raison : en y réfléchissant, ce n’est pas Hergé que j’ai vu ce jour-là avec Tchang, mais Bob de Moor, son fidèle collaborateur. Désolé, la mémoire nous joue parfois des tours...

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