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Bon
1er juin 2026
Il est des chanteurs dont on ne connaît ni la ville ni la région de naissance. Ils ne s’en revendiquent pas. Ce n’est pas le cas de Bernard Lavilliers qui ne s’en est jamais caché ; il l’a même revendiqué et chanté [1].
Les éditions Jarjille ont proposé ce projet à Yann Madé. Certes, il habite Marseille, mais il a de fortes accointances avec Saint-Étienne, une ville qu’il connaît très bien et qu’il apprécie.
Cet auteur a souvent travaillé sur des musiciens, des albums (Colette Magny, Sandiniste !, et même Microsillons).
Mais comment aborder ce personnage, un monument de la chanson française, qui a lui-même entretenu des zones d’ombres sur sa jeunesse ?
Yann Madé, par le biais d’histoires courtes, fait des liens entre sa vie, ses propres engagements et ceux de Lavilliers. Plus exactement, il reprend des chansons de l’artiste pour établir des parallèles avec son vécu et sa sensibilité. C’est à la fois un album de fan, car très clairement Yann apprécie le travail de Bernard, mais il est également sans concessions. Anarchiste à ses débuts, le chanteur s’est peut-être « assagi » par la suite, mais il a toujours porté une vision très critique de la société et s’est toujours voulu le parolier des travailleurs et des opprimés. Il a aussi mêlé, toute sa vie, des rythmes différents, parcourant le monde et s’éloignant par là même de sa ville natale.
Un album finalement très personnel de Yann Madé, presque intime, dont la dernière histoire boucle magnifiquement l’album et établit un lien fort avec la carrière du dessinateur.
Par Jérôme BLACHON
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[1] Dans la chanson Saint-Étienne