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Seccotine : Mystère à Champignac - Par Elric et Sophie Guerrive - Éd. Dupuis

Par Philippe LECLERC Excellent 1er juin 2026 
Seccotine au premier plan, entre clin d'œil rétro et modernisme. Dans le vaste panthéon de la bande dessinée franco-belge, certains personnages semblent condamnés à graviter éternellement autour des héros principaux. C’est précisément le destin auquel paraissait vouée Seccotine, cette journaliste intrépide née dans l’imagination du génial Franquin au sein de l’univers de Spirou et Fantasio. Avec Mystère à Champignac, la voilà propulsée au premier plan dans une aventure qui lui ressemble : vive, curieuse, mordante, mais aussi véritablement contemporaine.

Pour les plus vieux d’entre nous, voir Seccotine sortir son portable pour commander une pizza à Champignac-en-Cambrousse est assez rigolo.
Confié au scénario de Sophie Guerrive et au dessin d’Elric, l’album fait partie des séries dérivées de l’univers Spirou tout en revendiquant une tonalité moderne. Le point de départ est simple : fatiguée des grandes aventures et du tumulte journalistique, Seccotine vient chercher le calme à Champignac-en-Cambrousse. Évidemment, le village n’a rien d’un refuge paisible. Des animaux et des habitants disparaissent mystérieusement, les tensions montent entre militants écologistes et chasseurs locaux, et l’apparente tranquillité rurale se fissure rapidement.

Seccotine : Mystère à Champignac - Par Elric et Sophie Guerrive - Éd. Dupuis

Ce qui frappe d’abord dans Mystère à Champignac, c’est la manière dont l’album réussit à réinventer un personnage ancien sans le trahir. Seccotine conserve son tempérament volontaire, son ironie et surtout son indépendance, mais le récit lui donne une profondeur nouvelle. Elle n’est plus seulement la rivale journalistique de Spirou ou la jeune femme audacieuse surgissant ponctuellement dans l’intrigue, elle devient ici le véritable moteur narratif avec de petits clins d’œil nostalgiques.
Champignac est une vraie scène de théâtre, campagne accueillante en façade… mais un village traversé de rancœurs et de contradictions en profondeur. Derrière le charme bucolique pointe aussi une satire des fractures contemporaines : écologie militante, défense des traditions locales, paranoïa sécuritaire. Les auteurs jouent avec les codes du mystère feutré, indices disséminés, faux-semblants, notables suspects, communautés repliées sur elles-mêmes, personnages secondaires à la fois grotesques et inquiétants.

Graphiquement, Elric opte pour une approche qui respecte l’héritage franco-belge sans tomber dans le copier/coller. On retrouve la ligne claire, le sens du mouvement et du gag visuel propre à l’école Dupuis. Les scènes de village possèdent une chaleur presque automnale, idéale pour une enquête à combustion lente. En donnant à Seccotine un récit plus intimiste, plus ironique et plus ancré dans les tensions du réel, les auteurs démontrent qu’il reste encore des territoires narratifs à explorer dans cette mythologie vieille de plusieurs décennies.

Au final, Seccotine : Mystère à Champignac réussit un exercice délicat : satisfaire les amoureux du patrimoine franco-belge tout en proposant une œuvre accessible à un nouveau lectorat. C’est une BD malicieuse et bien écrite, qui rappelle qu’un bon personnage secondaire n’attend parfois qu’un peu d’espace pour devenir une héroïne de premier plan.

Par Philippe LECLERC

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Code EAN : 9782808506830
Dupuis ✍ Sophie Guerrive ✏️ Elric tout public France
 
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6 Messages :
  • Mais oui c’est un album très plaisant sur le fond et sur la forme !
    Marrant, les boomers ronchons sur un autre site ont décrété que cet album est "une catastrophe" que la scénariste est "trop jeune" pour bien connaître l’univers de Spirou (eh oui quand on est jeune on ne connaît pas grand chose, tous les vieux savent cela). Le dessinateur est qualifié de "médiocre" sans davantage d’arguments. Et l’ensemble constitue "une catastrophe industrielle".

    Youpi !!

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  • Sympathique sur la forme, mais niveau scénario et humour, c’est une catastrophe, quand même... À force de vouloir ne pas caricaturer les uns ou les autres, le récit devient d’une platitude hallucinante. Le dessin est correct sans être extraordinaire, il y a toujours les petits soucis de proportion d’Elric mais moins que dans La Baie des cochons, tout de même.
    Bref, pas complètement détestable, mais aucun intérêt tout de même. Il faudra largement muscler l’intrigue et l’humour s’ils prévoient des tomes à suivre... (Aucune idée du succès en librairie, actuellement)

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  • C’est assez mortifère pour la BD cette mode du faux vintage...

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    • Répondu le 2 juin à  22:56 :

      Et la mode du néo-rétro dans l’industrie automobile, vous en pensez quoi ? Il semble que le XXIe siècle prenne une tournure si inquiétante qu’on se retourne vers le XXe avec une nostalgie étrange (et un peu déplacée vu le cortège d’horreurs et de guerres traversées par ce siècle-là aussi). Je me demande si les gens du XIIIe siècle avaient la nostalgie du XIIe. Probablement que oui.

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  • Marre des spins off ; je ne vais même pas ouvrir cet album.

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    • Répondu le 2 juin à  22:56 :

      Si c’est pour ne pas l’ouvrir, un conseil : ne l’achetez pas.

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