Excellent
16 mars 2026
Odilon déteste les livres. C’est dommage lorsqu’on est fils de libraire et qu’on est condamné (le mot n’est pas trop fort) à passer ses vacances dans le magasin paternel.
Alors il s’occupe comme il peut : il se construit une cachette, il déchire quelques pages, il observe les clients, il dort, il se fait (un peu) gronder… Rien de bien palpitant.
Jusqu’au jour où un énigmatique et inquiétant personnage fait son apparition. Il se cache un peu, prend un livre et y met une paille. Une paille ?
Odilon en aura le cœur net… Sitôt l’inconnu reparti, il va vérifier. Le livre est totalement vierge !
À n’en pas douter, il s’agit d’un vampire qui ne se nourrit pas de sang comme les autres, mais d’encre. C’est une catastrophe ! Et s’il venait à boire tous les livres de son père ? Odilon le suit… jusqu’au cimetière (évidemment !).
C’est là qu’il fera la rencontre qui changera sa vie.
Steve Baker n’adapte ici que le premier tome de la saga créée par Éric Sanvoisin. C’est la naissance de ce petit bonhomme curieux, qui va découvrir toute la richesse des livres après les avoir détestés.
Le sujet de l’enfant qui découvre la joie de la lecture et la force de l’imaginaire n’est pas très original, mais il est précieux pour le romancier, aujourd’hui bibliothécaire en retraite.
Et c’est surtout le traitement qu’il en fait qui est intéressant : en transformant Odilon en (spoiler alerte) vampire, il en fait à la fois un prédateur des livres, puisqu’il en efface les pages, mais aussi un protecteur, et surtout un amoureux.
Car, non content de boire l’encre du livre, il en absorbe toute l’essence, tout le texte, toute la poésie.
Le dessin de Steve Baker est très réussi, avec un encrage léger qui donne une vraie dynamique. Et la mise en couleur, en dégradé des trois couleurs primaires, est magnifique. Elle est un élément essentiel de l’album.
L’album bénéficiera d’une exposition lors des Rendez-vous de la BD d’Amiens en juin, ce qui permettra à tous de découvrir une œuvre et un travail qui valent vraiment le détour, pour les enfants comme pour les plus grands.
Par Jérôme BLACHON
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