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13 août 2024
Le parallèle n’est pas anodin. En 1924, les Jeux Olympiques étaient également à Paris créant une liesse qui correspondait bien aux nationalismes de l’époque. Le monde était partagé en deux blocs, déjà : le fascisme et le communisme. On sait ce qu’il en est advenu... L’Art, le Dadaïsme en particulier, avait indiqué l’issue alors même que la Première Guerre mondiale faisait rage : supplanter la plombante réalité par la puissance de l’imagination. Le Surréalisme qui lui succède est mieux structuré, sans doute parce que moins libertaire : le Manifeste du Surréalisme lancé le 15 octobre 1924 par André Breton fait la jonction entre les théories de l’inconscient et une création qui prend racine dans des œuvres pionnières de Sade à Lautréamont jusqu’à Baudelaire, Rimbaud ou Appolinaire. Mais, ça c’est le cours d’histoire…
Ce n’est pas l’angle que choisit Damien MacDonald. Tout se passe dans un bistrot où une jeune femme rencontre un producteur. Elle a l’idée d’un film qui raconte le surréalisme. Elle pitche la chose au bonhomme qui est une caricature de sa profession mais qui, pas con, s’intéresse au sujet et interroge son interlocutrice. Le lecteur part dans un voyage où sont convoquées toutes les figures du mouvement surréaliste : Breton, Aragon, Desnos, Crevel, Arthaud… et ses sources Marsile Ficin, Eliphas Lévi, le Dieu Pan et tout un bric-à-brac d’expériences psychiques et ésotériques. Cela donne un parcours fascinant et kalédioscopique.
Ce « traité graphique » qui donne à comprendre l’essence même du mouvement centenaire exposé à Beaubourg arrive à raccrocher son propos à des préoccupations contemporaines : les clameurs de la guerre, le réchauffement climatique, la course folle de l’Intelligence artificielle, la colère des peuples… Les images fusent, convoquant roman populaire, cinéma, peinture, graphisme… C’est foisonnant et brillant. On ressort de l’ouvrage avec l’appétit de découvrir ou de redécouvrir une pensée, une créativité, qui a comme vertu, hier comme aujourd’hui, de chercher à renverser la table.
Par Didier PASAMONIK
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