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22 juin 2025
Commence alors une véritable enquête sur la trace de grands-parents disparus dans les camps de la mort -Drancy puis Auschwitz-Birnekau- et le rôle de ses grands-parents adoptifs « justes parmi les Nations ». Une histoire que son père, par pudeur, parce qu’elle réveillerait trop de douleurs, a préféré tenir secrète.
L’enquête est difficile, car il fallait dissimuler son identité face aux Allemands. Marie l’apprend quand elle atteint l’âge de 13 ans : son vrai grand-père n’est pas Pierre de Lattre, mais Ismak Kogan. Il était peintre, il vivait dans le quartier de Montparnasse pendant les Années Folles, c’était un réfugié juif venu d’Ukraine. Sa femme aussi était juive : c’est Frieda, le prénom caché. Ensemble, ils conçoivent un fils : Jacques, son père.
La guerre survient, la famille doit se cacher et y parvient grâce à Pierre de Lattre, un ami de son grand-père. Cela n’empêchera pas les malheurs de survenir : ses parents sont raflés, envoyés à Drancy et déportés à Auschwitz-Birkenau où ils seront assassinés.
Et Madeleine ? C’est là que cela se complique. Madeleine et Pierre de Lattre se sont connus par l’intermédiaire d’Ismak Kogan. ils ont chacun un secret qui les rapproche : ils ont promis de sauver Jacques…
C’est cette « promesse » qui est racontée avec des mots simples, lumineux, sans pathos. Elle rappelle la profonde humanité de certains « justes » qui ont consacré leur vie à sauver des enfants destinés à disparaître. En racontant leur histoire, Marie de Lattre a fait un formidable travail de mémoire qui fut d’abord un livre, et aujourd’hui une BD adaptée par Nicolas Buysse.
Le graphisme de la jeune dessinatrice allemande Julia Freund accompagne, par sa touche picturale délicate et sensible, cet émouvant récit. Cela donne un joli livre pour transmettre la mémoire de la Shoah, mais également celle de non-juif qui ont risqué leur vie par générosité et humanité.
Des livres sur la Shoah, il en paraît désormais aujourd’hui à chaque saison, c’est l’époque qui veut cela. Mais celui-ci, en termes de tendresse et de justesse, en dépasse plus d’un.
Par Didier PASAMONIK
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