Spécialisée dans la bande dessinée indépendante, notamment dans les romans graphiques, La Boîte à bulles a su découvrir et fidéliser de jeunes auteurs et s’ouvrir à des auteurs confirmés. Plutôt exigeant dans ses choix, la maison d’édition tourangelle, créée en 2003 par Vincent Henry, confirme avec les nouveautés annoncées, sa ligne éditoriale engagée autour de l’intime, du témoignage et du documentaire.
Pour la rentrée 2024, la Boite à bulles annonçait d’une part cinq nouveautés et deux nouvelles éditions et d’autre part, le report de L’Arche des illusions (annoncé pour début 2025 - sans nouvelle date connue à ce jour).
Sauf que Vincent Henry annonce sur LinkedIn son départ...
Pour la rentrée automnale 2025, après l’annonce de la faillite des Humanos (groupe d’édition dont fait partie la Boite à bulles), on ne sait dans quelles conditions, il est prévu une publication en septembre, deux en octobre et une en novembre, sachant que deux albums paraissent cet été (Le Permis et Gerda Taro).
Sur le second semestre, la programmation ralentit légèrement même si l’éditeur ne serait en principe pas affecté directement par la liquidation des Humanoïdes Associés. Les deux maisons devraient continuer à publier des albums, cette dernière serait, dit-on, pilotée des États-Unis.
En novembre, les amateurs de romans graphiques pourront s’intéresser à L’Homme du dernier kilomètre par la journaliste Virginie Lorentz et Anaële Hermans (au scénario) et David Cénou (au dessin). Dix ans après les attentats du 13 novembre 2015, cet album préfacé par Georges Salines, père d’une des victimes des attentats du Bataclan, reviendra sur l’attaque terroriste préparée par les frères Abdeslam qui fit plus de quatre cents blessés et cent trente morts. La BD, annoncée pour novembre, adoptera le point de vue d’Ali Oulkadi, l’homme du dernier kilomètre.
David Cénou a déjà publié quelques BD depuis Mirador, tête de mort en 2013 jusqu’a Yougo en 2024, chez le même éditeur. Anaële Hermans, professeure de langue française, est l’autrice de La Balade des dangereuses qui suit l’incarcération de Valérie Zézé pour vol dans une maison d’arrêt en Belgique (BAB, 2018), de Ting Tang Sap Sap qui se déroule au Burkina Faso (BAB, 2020) et d’Hayat qui raconte l’itinéraire d’Alep à Bruxelles, d’une jeune femme fuyant la Syrie (BAB, 2023). 2025 constitue une année importante pour Anaële Hermans avec la publication de deux autres BD : Lointains, mes mots chez Dargaud et Quelques battements d’ailes chez Delcourt.
Ce sont donc des auteurs aux personnalités fortes et aux parcours de vie riches qui se penchent sur le 13 novembre 2015.
Autre album attendu, Blue Tattoo par Rodolphe et Pierre-Emmanuel Duquest qui devrait sortir en octobre.
Si vous souhaitez connaître davantage ce scénariste prolifique, Rodolphe revient dans Old School ? (2025, éditions PLG) sur cinquante ans au service de la BD.
Il s’est associé à Pierre-Emmanuel Duquest, illustrateur pour la presse et l’édition depuis une vingtaine d’années, pour cet album, Blue Tattoo. Western historique, l’album contera l’incroyable destinée d’Olive Oatman surnommée « la femme tatouée », enlevée par les Amérindiens et intégrée dans une tribu bienveillante puis arrachée à sa famille adoptive pour retrouver la « civilisation ».
La Boîte à bulles annonce également Mary-Ann Bevan : La femme la plus laide du monde par Alice Geslin au scénario et Jean-Come au dessin ainsi que Les Enfants du pays par Annick Kamgang (scénario & dessin) et Adelphe Touck Ntep (scénario).
La femme la plus laide du monde retrace la vie de Mary-Ann Bevan et de cette pratique des zoos humains qui attiraient les foules. Mère de famille nombreuse et infirmière, Mary-Ann Bevan développe une maladie qui déforme progressivement son corps jusqu’à l’empêcher d’exercer toute activité professionnelle. Acculée par la maladie et son veuvage, elle s’inscrit au concours de la « femme la plus laide possible » organisé par l’antenne anglaise du cirque américain Barnum & Bailey. Voilà un album qui pourrait bien être une des bonnes surprise de l’automne.
Enfin, selon le résumé de l’éditeur, Les Enfants du pays aura pour fil conducteur le retour de Miriam au Cameroun pour retrouver son père malade. Sur place, elle découvrira que ce dernier ne les a pas abandonnés mais protégés… Un thriller autofictionnel sur la lutte pour l’indépendance du Cameroun.
Par Christian GRANGE Didier PASAMONIK
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