Bon
26 décembre 2024
Il existe plusieurs versions de La Belle au Bois dormant. Si l’imaginaire collectif garde la douce romance rose et bleu des studios Disney, inspirée de la version de Charles Perrault, d’autres versions plus anciennes n’ont rien d’un conte de fée.
Tout en introduisant l’album par un texte de mise en contexte, ce nouveau numéro de La Sagesse des Mythes interprète une des versions les plus anciennes du conte. Issue d’une nouvelle catalane du XIVe siècle, cette première partie de l’album se déroule dans un monde glaçant régi par les pulsions. Un monde où le prince, après avoir violé et enfanté la princesse endormi, se perd dans la recherche d’un remède pour la soigner et la réveiller. Le dénouement est cynique et la morale discutable. Cette version est mise en vis-à-vis avec une interprétation de celle de Perrault (XVIIe s.), bien plus proche de nos standards.
Gianenrico Bonacorsi, déjà dessinateur dans la collection à plusieurs reprises, opte cette fois-ci pour un découpage plus classique. Sa patte graphique s’affirme d’album en album, les visages de ses personnages, par leurs ressemblances deviennent une signature. Comme à son habitude, l’auteur franco-italien use de plusieurs effets de mise en scène pour, tout de même, dynamiser et moderniser des albums qui peuvent paraitre poussiéreux.
Dans son habituel dossier documentaire, l’ancien ministre de l’éducation nationale Luc Ferry se concentre sur la mouvance des textes mythologiques. Cette bande dessinée en deux parties donne aussi cette leçon : la volatilité d’une passion populaire, passant de la tradition orale au texte écrit, puis au film d’animation.
Par Kelian NGUYEN
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La Belle au Bois dormant - Par Clotilde Bruneau, Gianenrico Bonacorsi & Luc Ferry - Ed. Glénat
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