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Jean-Baptiste Andreae, un éclusier de l’imaginaire graphique [PODCAST]

Par Didier PASAMONIK 3 avril 2026 
Il est du genre discret Jean-Baptiste Andreae, tenaillé par ce doute qui est souvent l’apanage des génies. Vous ne l’avez peut-être pas encore calculé, malgré sa vingtaine d'albums à son actif, mais vous n’allez pas tarder à le découvrir grâce aux génies du scénario qui, depuis quelque temps, regardent par-dessus son épaule. Les deux derniers ? Wilfrid Lupano et Fabien Vehlmann, excusez du peu, deux fines lames qui savent choisir leurs collaborateurs.

Lupano d’abord, avec Azimut (cinq volumes aux éditions Vents d’Ouest) qui lui a offert un univers sur mesure, digne de Lewis Carroll et Jonathan Swift, c’est-à-dire loufoque, trépidant, quelquefois délirant mais toujours empreint de sagesse philosophique. « Azimuté » est l’adjectif qui lui convient : on y évoque la golémisation de l’humain face aux moloch-machines, des dérèglements climatiques paroxysmiques, des dirigeants cacochymes hébétés que manipule de la graine de fachos... Un descriptif peut-être un peu trop proche de notre actualité pour apprécier pleinement en frissonnant un dessin et la mise en place d’un univers d’une richesse inouïe.

Vehlmann, le malin, se détache l’air de rien de toute intention politique pour filer davantage la métaphore vers le social et nous livrer une comédie de personnages entre ceux de Pierre Dubois, le célèbre elficologue, et celui du Grandgousier de Rabelais.

Les deux premiers volumes de la Cuisine des ogres parus chez Rue de Sèvres (où Vehlmann nous a ramené Seuls) rendent justice au dessinateur de Mangecoeur et de la Confrérie du crabe : ses créatures sont énormes et son univers cruel, effrayant, qui jamais ne quitte le domaine naïf de la peur enfantine. En cela, il s’inscrit dans la lignée des meilleurs illustrateurs pour la jeunesse dont il se revendique, offrant un prolongement aux impressionnantes scènes d’ombre et de lumière du romantique Gustave Doré, aux bleus royaux et aux soleils d’or d’Edmund Dulac ou aux portraits noueux des macrâles d’Arthur Rackham, tout en gardant dans l’œil le trait rond et grotesque de Carlos Nine ou de Dave Cooper.

La futée Blanchette alias Trois-fois-morte, l’ingénu korrigan Brèche-dents, le tendre et monstrueux maître-coq Beauregret sont les trois figures qui rythment cette trilogie magnifique dont le deuxième tome vient de paraître. Nous en parlons avec son dessinateur qui en profite pour raconter son parcours avec une modestie d’humble artisan.

Par Didier PASAMONIK

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Code EAN : 9782810208173

La Cuisine des ogres T. 2, une vie de vaurien - Par Fabien Vehlmann & Jean-Baptiste Andreae - Ed. Rue de Sèvres

Interview : Didier Pasamonik & Kelian Nguyen
Montage audio : Lyne Geynet
Montage vidéo : Colin Besnier & Kelian Nguyen

La Cuisine des ogres Rue de Sèvres ✏️ Jean-Baptiste Andreae à partir de 13 ans Fantastique France
 
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PAR Didier PASAMONIK  
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