Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Au cours du stage qui démarre sur les chapeaux de roues, Enzo découvre l’univers impitoyable de l’agence avec les bizarreries du bizutage, les petits chefs pervers et imbus de leurs pouvoirs, les arcanes et les pièges de l’informatique, les absences et les excentricités du grand patron qui se la joue comme une star, le copinage avec les autres petites mains de l’équipe, le travail jusqu’à plus d’heure, le renoncement à toute vie sociale, amicale et sentimentale, les problèmes de colle dans la fabrication d’une maquette, etc.
Le titre, énigmatique, fait référence à une expression ancienne employée par les étudiants en architecture qui transportaient sur des charrettes à travers Paris leurs maquettes, achevées in extremis, pour les soumettre aux jurys des concours.
L’auteur, Danicollaterale (de son vrai nom Daniele Pasin), architecte lui-même, né en 1987 en Italie et installé à Paris, sait nous raconter avec force détails précis, amusants ou grotesques, le quotidien de l’agence. Malgré de très nombreuses informations très techniques, on ne perd jamais le fil. Il se permet même quelques passages décalés pour aérer son récit (quatre pages avec des réponses à choix multiples, un cauchemar prenant la forme d’un jeu vidéo). Et puis, il nous promène dans des lieux emblématiques du Paris architectural prestigieux (la Fondation Cartier, le centre Pompidou, la BNF, le Panthéon, l’immeuble du Monde, la passerelle Simone de Beauvoir, la Tour Eiffel…).
En plus d’une plongée passionnante dans le monde de l’architecture contemporaine, cette BD peut être lue comme un roman d’apprentissage et une leçon de vie…
L’auteur, dont c’est la première BD (il a publié auparavant un album jeunesse illustré chez Sarbacane), est encore un peu malhabile dans son dessin (et la couverture n’est pas vraiment attractive), mais ce défaut de jeunesse est largement compensé par sa parfaite maîtrise du découpage et de la narration.
Par ailleurs, le choix de n’utiliser que deux couleurs en aplats (nuances de bleus et de rouges), avec des noirs en abondance et des trames constitue un parti pris graphique très intéressant et qui n’est pas sans rappeler les recherches du groupe Bazooka (dans les années soixante-dix). Une belle réussite !
Par Benoit MARCHON
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