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Très bon
10 juillet 2025
Ce sont en effet des épisodes un peu particuliers que nous propose Cuvie pour boucler la deuxième année de Kanade. Un sentiment doublement étrange car cette année scolaire doit se conclure sur le passage en Upper, la section supérieure de l’école, à laquelle accédera seulement la moitié des élèves en raison des places limitées et d’une compétition rude. Mais cette compétition se trouve finalement éclipsée au profit d’autres thèmes. Une tournure d’événements intéressante qui permet d’éviter une certaine répétitivité.
En effet, des concours et des sélections, Kanade et ses amis en ont déjà connu beaucoup : ces événements parsèment et structurent le récit. Mais rien de plus naturel pour une série sur la danse et le cheminement vers un rêve où les places sont réservées aux meilleurs des meilleurs. Mais fi de tout ceci dans le tome 24, consacré à l’apprentissage pour Kanade et ses amis du pas-de-deux. En effet, ils sont enfin en âge pour cette danse nécessitant une certaine force musculaire.
Mais grandir, c’est aussi découvrir l’amour. Si notre héroïne reste étrangère à ces sentiments, ce n’est pas le cas de Rebecca et Matt. Cependant la jeune fille refuse d’aller plus loin en raison d’une règle en vigueur à l’école du Royal Ballet : l’interdiction de toute relation amoureuse entre jeunes élèves. Rebecca craint aussi que cette attirance ne les détourne de leur objectif premier de devenir des professionnels accomplis. Keira leur propose alors de créer un pas-de-deux spécialement pour eux.
Cette longue séquence de tranches de vie, qui met à l’honneur les amis et camarades de Kanade, est brutalement interrompue par l’arrivée du coronavirus. C’est surprenant car cette partie du manga a été dessinée en 2023-2024, donc bien après. Mais la mangaka a décidé d’utiliser la pandémie pour montrer de quelle façon elle a touché le monde du ballet et du spectacle. C’est un choix intéressant qui ramène l’univers de Kanade à des choses très concrètes, lui faisant prendre conscience de leur fragilité, à travers par exemple les annulations de spectacles préparés depuis longtemps.
Très concrètement, l’arrivée du coronavirus entraîne la fermeture de l’école du Royal Ballet et force tous les élèves à rentrer chez eux, ce qui signifie pour Kanade qu’elle doit retourner au Japon. Là-bas, la jeune fille vit le confinement sans pouvoir danser. La déprime de notre héroïne, réduite à des exercices, fonctionne bien. Cependant, la solitude finit par s’estomper un peu par l’organisation de cours en visio-conférence afin que les élèves, en pleine formation, ne perdent pas leurs acquis. Et suivant le calendrier de l’épidémie, Kanade et les autres se retrouvent logiquement à passer l’examen sanctionnant leur année scolaire en visio-conférence.
Des tomes surprenants qui entraînent le lecteur vers l’inattendu. Les spectacles et les entraînements classiques sont mis de côté pour se concentrer sur les sentiments des personnages, qui grandissent et passent une nouvelle étape, contrariée par l’épidémie de coronavirus. Une façon maline et intéressante d’explorer de nouvelles situations, et de maintenir une lecture passionnante, riche en émotions et en épreuves.
Par Guillaume BOUTET
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En scène ! T.24 & T.25. Par Cuvie. Traduction : Satoko Fujimoto. Kurokawa, collection "Shôjo". Sortie le 9 janvier 2025 & le 12 juin 2025. 192 pages. 7,95 euros.
En scène ! sur ActuaBD :
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