Kazuo Umezz est un mangaka japonais né en 1936, reconnu comme le pionnier du kyôfu manga (manga d’horreur). Son œuvre se caractérise par une atmosphère oppressante, des récits psychologiquement complexes et des personnages souvent confrontés à l’irrationnel.
Au fil de sa carrière, il a exploré des genres variés allant de l’horreur à la science-fiction Je suis Shingo (Ed. Le Lézard noir) ou à la comédie absurde Makoto-chan (Ed. Le Lézard noir), tout en conservant un style graphique immédiatement identifiable. Son influence sur le manga contemporain et la culture populaire japonaise est immense, et a d’ailleurs reçu le Fauve du Patrimoine en 2018 pour Je suis Shingo.
L’itinéraire proposé de l’exposition plonge dans trois dimensions de l’œuvre de l’auteur.
La première, Aux sources de l’horreur, revient sur ses débuts, où ses récits pour jeunes filles cohabitent avec des histoires guerrières. Pionnier de ce qui se développera sous le vocable de kyôfu manga (manga horrifique), Umezz y développe sa propre manière de faire naître la peur, révélant ses inspirations et la construction singulière de ses histoires.
La section Les enfants terribles se concentre sur les œuvres qui ont forgé sa renommée, de L’École emportée (Glénat) à Je suis Shingo (Le Lézard Noir). Fidèle à son regard d’enfant sur le monde, Umezz place souvent de jeunes personnages au centre de ses récits, des êtres à la fois vulnérables et acteurs de leur destinée, confrontés à des forces souvent incontrôlables.
Enfin, Un jeu de masques explore des aspects plus inattendus de sa carrière : expérimentations narratives, humour décalé ou visions apocalyptiques témoignent de la diversité de cet auteur qu’Osamu Tezuka, le « Dieu des mangas » himself, considérait comme un « génie ».
L’exposition propose également une galerie de créatures et de visions cauchemardesques, le tout dans une mise en scène qui reflète l’univers unique de Kazuo Umezz. L’ambiance sera frissonnante lors du prochain Festival international de la BD d’Angoulême, et pas seulement en raison du climat !
Par Alice D’ANDREA
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