Dans un communiqué publié ce vendredi 8 août 2025, le Syndicat des Travailleur·euses Artistes Auteur·ices CNT-SO et le collectif Me Too BD, déjà à l’origine d’un premier appel au boycott en avril dernier, réaffirment leur position. En début d’année, ils avaient conjointement lancé une pétition pour faire pression non seulement sur la direction actuelle du FIBD, 9eArt+, mais aussi sur l’Association qui en détient la propriété. Le contrat liant l’Association à 9eArt+ a été dénoncé mais d’aucuns soupçonnent que l’appel d’offre lancé, dans sa forme et dans ses intentions, ne serait qu’un habillage insincère pour reconduire la société de Franck Bondoux, l’actuel délégué général de la manifestation, démissionnaire à partir de 2028.
À ce jour, la pétition a recueilli plus de 2 200 signatures, dont plus de 400 auteurs et autrices revendiquant leur droit de se retirer du festival. Ils estiment ainsi vider le FIBD de sa substance pour que leur « point de vue […] soit enfin entendu et pris en compte » dans l’organisation de l’événement.
Même s’ils reconnaissent certains changements intervenus depuis le lancement de la pétition : « La dénonciation du contrat liant l’association à 9eArt+ a bien eu lieu et, derrière, un appel à projets a bien été lancé par Delphine Groux. […] Franck Bondoux est même annoncé sur le départ. Nous avons entendu dire que nous aurions alors eu gain de cause. » Mais ils ne s’en contentent pas.
Le communiqué s’insurge notamment contre une communication jugée trompeuse : « Ce ne sont ni le Syndicat National de l’Édition, ni le Syndicat des Éditeurs Alternatifs, et encore moins le Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs, groupement BD, qui ont appelé au boycott. Et ils n’ont pas non plus signé notre pétition. »
Ils revendiquent donc de porter seuls la parole des auteurs et autrices signataires. « Il est alors plutôt incroyable de lire, dans le dernier communiqué des financeurs publics du FIBD, que "les représentants des différentes organisations syndicales nationales, représentant l’édition, les autrices et les auteurs, ont confirmé leur participation pour l’édition 2026". »
Le communiqué déplore un manque flagrant d’écoute : « Ni le Festival International de la Bande Dessinée, ni l’Association pour le Développement de la Bande Dessinée à Angoulême ne nous ont contacté·es pour échanger et écouter les revendications des 400 auteur·ices ayant signé l’appel au boycott. » Ils y voient même un certain mépris : « La seule réaction de l’association d’Angoulême a été faite par le biais de la presse, dans laquelle on pouvait lire que nous n’avions qu’à postuler à l’appel à projets si nous n’étions pas satisfait·es du festival. »
Ils dénoncent également les modalités restrictives mises en place pour l’appel à projets : « Un appel à projet dont le cahier des charges n’est accessible qu’après l’envoi d’une lettre de motivation à Delphine Groux, et réservé à une [...] structure [qui] devra être à objet unique, dédiée à l’événement, ne pas permettre la distribution des bénéfices et répondre ainsi aux critères nécessaires pour pouvoir solliciter et bénéficier de subventions publiques. Cela implique, entre autres, que 9eArt+ peut se représenter, avec ou sans Franck Bondoux, ce qui est plus ou moins confirmé dans leur communiqué "9eArt+ et l’avenir du Festival". De plus, Franck Bondoux étant l’actionnaire principal de 9eArt+, on voit mal comment il ne resterait pas impliqué, d’une manière ou d’une autre, dans la gestion du festival. Johanna Bondoux, sa fille, reprendra-t-elle sa place ? » Outre cette question, cette condition exclurait de facto toute structure événementielle déjà en activité, capable d’organiser d’autres manifestations dans l’année ?
Pour le Syndicat des Travailleur·euses Artistes Auteur·ices CNT-SO et le collectif Me Too BD, le combat continue : « Nous le redisons donc haut et fort : non, nous n’avons pas tou·tes confirmé notre participation, et oui, le boycott est toujours d’actualité. »
Ils appellent à repenser un FIBD qui relèverait du bien commun : « Ce festival, dont le financement est en grande partie soutenu par la collectivité, est central dans le milieu de la bande dessinée, et il n’est pas acceptable que les conditions d’organisation restent à ce point le privilège d’une minorité qui l’accapare. »
Une partie de bras de fer s’engage donc alors même que la programmation 2026 est en train de se construire... L’édition 2026 du FIBD aura-t-elle lieu ? La question se pose.
Par Kelian NGUYEN
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Participez à la discussion