Edel Rodríguez (Worm) : « T’es parti, mais qu’as-tu laissé derrière toi ? » [INTERVIEW]

Par Jorge SANCHEZ 4 novembre 2024 
De passage sur Paris, l'auteur de Worm : une odyssée cubano-américaine nous a fait part de ses pensées sur son premier album et sur son île natale, au futur aussi incertain qu'imprévisible. Illustrateur mondialement connu pour ses contributions incendiaires contre le trumpisme pour le Times et Der Spiegel, il retrace dans sa BD son enfance à Cuba durant les années du Quinquenio gris (décennie noire de 1970), l'exil par le port de Mariel et sa carrière comme dessinateur de presse. Il nous parle aussi de ses inquiétudes pour une Amérique rongée par la séduction d'un totalitarisme trop proche de celui qu'il a vécu dans son pays natal...

La Caféothèque, haut lieu de l’intelligence latino-américaine à Paris, est le cadre de cette rencontre entre deux cubains, exilés d’un pays qui avait tout pour être le paradis sur terre - du moins, c’était ce que les premiers espagnols avaient cru voir en arrivant - mais qui s’apparente plus à un sinistre casse-tête chinois lorsque l’on tente de réviser son histoire récente et encore plus son avenir...

Jorge Sanchez
Pourquoi raconter votre histoire ? Qu’est-ce qui vous a motivé à la partager ? Et pourquoi avoir choisi le format de la bande dessinée ?

Edel Rodríguez
Eh bien, en partie, pour documenter un événement historique comme celui du Mariel, une histoire peu connue et que beaucoup, même parmi les Cubains de Miami, ignorent totalement.

Mais aussi, une raison très importante pour moi était de créer un endroit où ma famille pourrait être réunie, car certains membres sont décédés ou ont déménagé très loin. Le Mariel a été une sorte d’explosion pour ma famille, et raconter cette histoire m’a permis de comprendre ce que j’ai vécu enfant, un grand événement qui n’était pas de mon ressort mais celui de mes parents. Aujourd’hui, je suis cubano-américain et parfois même davantage américain, mais j’avais besoin de comprendre pourquoi cela s’est passé et ce qui s’était passé, en posant des questions à mon père.

Photo de Sylvie Chabroux

Quant au choix de la BD, c’est parce que pour moi, les images ont un impact bien plus fort. Ce sont des images que j’avais constamment en tête et qui me permettent de toucher les personnes qui n’ont pas l’habitude ou l’envie de lire des livres. Pour plusieurs membres de ma famille, le format traditionnel du livre ne les attire pas vraiment, mais une BD a un impact visuel qui motive à relire et à revenir sur certains passages avec plus d’attention.

J.S
De nombreux lecteurs connaissent votre travail, vos affiches, et un peu votre histoire. Mais avant tout chose, quelle est votre méthode pour faire de la BD ? Vous commencez avec le crayon, l’encre, ou vous travaillez directement sur tablette ?

E.R
Eh bien, pour être honnête, ça a été le plus difficile. J’ai commencé à dessiner en 2012. J’ai tracé une lettre (W) sur une feuille et y ai ajouté un petit dessin, comme une idée pour la couverture. Cela faisait deux ans, et je me suis dit, "et maintenant, je fais quoi ?". À cette époque, je dessinais des images brouillon de ce qu’était le Mariel, le camp, les chiens, un grand bateau… J’avais des souvenirs, mais comment les amener ailleurs ? « Comment dire ça ? » Pendant des années, j’avais tout dans des pages éparses, des bandes, des notes… jusqu’à ce que je réalise qu’il fallait que je fasse des interviews !

J’ai donc interviewé mon père et ma mère, et quand j’ai tout rassemblé, j’ai compris que ça allait devenir un livre. J’ai tout mis en dessins et j’ai commencé à écrire. Cela m’a pris une autre année pour relier toutes ces histoires, tous ces récits.

Worm de Edel Rodríguez. Ed. Bayard Graphic
©Edel Rodríguez

Même si j’avais lu beaucoup de BD, je me disais que ce format n’était peut-être pas le plus approprié pour mon histoire. La BD a ses codes, sa manière de raconter, et je ne voulais pas faire ça. J’avais besoin de transmettre beaucoup d’informations, avec des détails si importants, que je ne voulais rien de superficiel. Je voulais aussi quelques pages qui s’ouvriraient en grand, comme dans un magazine. J’avais une idée visuelle bien précise de ce que je voulais faire à ma manière. J’ai donc cherché un format, une structure qui fonctionnerait pour moi et mon ordinateur, et qui permettrait au lecteur de passer 15 ou 20 minutes sur une page. C’est ce que je veux pour un livre.

C’est avec cette idée en tête que j’ai créé le premier chapitre, et cela m’a convenu. J’avais ainsi trouvé le format que je recherchais. Ensuite est venue l’idée des chapitres, chacun encadré par des motifs comme sur les boîtes de cigares.

Worm de Edel Rodriguez. Ed. Bayard Graphic
©Edel Rodriguez

L’inspiration m’est venue bien sûr de ces boîtes de cigares que nous avions chez moi. Comme beaucoup de Cubains, on les utilise pour garder des photos et des souvenirs. C’est l’effet que je voulais obtenir. Chaque chapitre est ainsi devenu une boîte de cigares, remplie de récits et de souvenirs que le lecteur pouvait ouvrir.

J.S
Quand on lit votre livre, en tant que Latino-Américain, on ressent une influence du muralisme mexicain, que ce soit dans les silhouettes, les expressions, etc. Cela nous amène à parler de vos influences, vous en tant que Cubain… Par exemple, Antonia Eiriz, une peintre expressionniste cubaine, nous semble assez proche de votre travail.

E.R
C’est intéressant. Parfois, on me dit souvent : « Hé, ton style ressemble à celui de tel ou tel artiste. » Je me souviens qu’une fois, je peignais un coq, et quelqu’un m’a dit : « Oh, c’est comme Portocarrero, le maître de la peinture ! », et j’ai répondu : « Qui est Portocarrero ? » En fait, j’ai grandi à Cuba jusqu’à mes huit ans, dans un petit village des années 60 en périphérie de La Havane, où il n’y avait ni bibliothèques ni art. Puis je suis parti et j’ai rejoint les États-Unis. Mes premières grandes références étaient alors Dalí et surtout Goya, avec sa série « Los Caprichos ».

Avec le temps, en peignant, j’ai commencé à revisiter des artistes espagnols comme El Greco et des Mexicains comme Diego Rivera, Orozco et Frida Kahlo. Les artistes cubains, je les ai découverts plus tard, en commençant l’université, et ce sont les contemporains comme Los Carpinteros ou Ana Mendieta.

J.S
Donc, El Pidio Valdés [1] n’a rien à voir avec cette histoire.

E.R
(Rires) Non.

Worm de Edel Rodriguez. Ed. Bayard Graphic
©Edel Rodriguez

J.S
Dans une vignette, vous vous représentez enfant, malade, avec des airs d’un tableau de Siqueiros, comme si vous étiez prisonnier, torturé par la douleur d’une maladie. Cette thématique, la douleur, est dans votre livre un élément central, qu’il s’agisse de la douleur physique, morale, ou de l’angoisse…

E.R
Oui, tout à fait. Je ne suis pas le premier Cubain à avoir ressenti la douleur et la peinture espagnole en est aussi pleine. Pour moi, cette histoire de mon enfance, ce qui m’a marqué, ce sont ces douleurs physiques. Comme le jour où quelqu’un m’a lancé une pierre en plein front. La douleur physique de cette vignette, a aussi plusieurs liens au sein du livre et avec le titre [2], puisque ce ver qui m’a attaqué le pied quand j’étais enfant, et devenu plus tard le "titre" octroyé par le pouvoir pour nous définir.

Cela s’est ensuite transformé en une autre douleur : celle de la séparation, de devoir quitter mes grands-parents quand j’avais huit ans. On ne m’avait rien dit parce que mon père préparait tout en cachette. Ils ne pouvaient pas me l’annoncer, de peur que j’en parle à l’école ou à mes amis. Jusqu’au jour où l’armée est arrivée chez nous. Ils ont dit : « Est-ce que vous voulez quitter le pays ? » J’ai alors vu ma grand-mère pleurer, mon grand-père en larmes… Tout cela a été très marquant. C’est pour cela que mon livre est en partie une collection de moments intenses, d’images fortes de ma mémoire visuelle. Je voulais partager cela, non seulement pour moi, mais aussi pour tous les Cubains.

Worm de Edel Rodríguez. Ed. Bayard Graphic
©Edel Rodríguez

Il est essentiel de comprendre, ou de faire comprendre, ce qu’est un migrant, car lorsqu’un migrant quitte son pays, il emporte toute son histoire avec lui. Ce qui m’irrite aujourd’hui, c’est la manière dont on parle des migrants, comme s’ils n’étaient pas des personnes, mais des chiffres. Au lieu de dire « 1 500 personnes sont arrivées », on dit « il y a mille migrants à la frontière » ou « il y en avait 58 dans le bateau ». On ne donne jamais le nom de ces personnes. On n’interviewe jamais quelqu’un qui serait heureux d’en être arrivé là. « T’es parti, mais qu’as-tu laissé derrière toi ? » Je voulais écrire un livre pour que l’on comprenne que l’émigrant abandonne tout. Trump, lui, n’y accorde aucune importance et parle des migrants comme s’ils venaient « voler ceci ou cela ». Mais personne ne se demande tout ce qu’ils ont laissé derrière eux.

J.S
Justement en parlant de choses que vous n’aimez pas, en lisant votre livre, on a l’impression que vous n’aimez pas les foules, les attroupements…

E.R
C’est un sujet intéressant. Si tu regardes la page où la révolution triomphe et que tu la compares à celle de l’attaque du Capitole par les partisans du fasciste, c’est pratiquement la même scène, comme une copie.

Worm de Edel Rodriguez. Ed. Bayard Graphic
©Edel Rodriguez
Worm de Edel Rodriguez. Ed. Bayard Graphic
©Edel Rodriguez

En ce sens, le livre fonctionne un peu comme un piège à oiseaux, comme on en fait à Cuba, avec un bâton qui se referme une fois l’oiseau entré. Quand tu commences à le lire, tu te dis « ce livre est contre les communistes ! » et tu continues dans ce sens, mais ensuite, en arrivant ici (vers les dernières pages), tu te dis « tiens, la situation s’est inversée ! ». Donc on part d’une critique des communistes pour finir par une critique des fascistes. Quand j’ai commencé à dessiner cette page en 2019 (celle du triomphe de la révolution), quelques mois plus tard, il y a eu l’attaque du 6 janvier. J’ai alors pensé « mince, regarde ce qui se passe ici », et je suis revenu en arrière pour changer le titre du chapitre en « Insurrection ». Il y a des liens entre l’extrême gauche et l’extrême droite, alors que la majorité d’entre nous se trouve au centre, complètement déconnectée de tout ça. Ils vivent leur propre vie à part. Je voulais que le lecteur arrive à la fin et voie où cela mène, pour qu’il ait envie de relire le livre avec un nouveau regard.

Pour moi, cela ce sont les meilleurs livres, comme ceux de Mike Ford, un de mes auteurs préférés. Et c’est aussi ce que j’ai essayé de faire avec ce livre.

J.S
Un autre thème qui imprègne votre livre, c’est celui de la peur : à Cuba, en dehors de Cuba, dans les conversations et les gestes des personnages. On a parfois l’impression de voir des marionnettes qui bougent de manière militaire, officielle, et derrière, la peur comme un sous-texte omniprésent…

Worm de Edel Rodríguez. Ed. Bayard Graphic
©Edel Rodríguez

E.R
J’ai grandi dans la peur. Dès l’âge de six ou sept ans, je me souviens de ma famille, joyeuse autour d’un cochon rôti, puis soudain un « Chuuuut ! » et l’attente en silence. Cela marquait mon esprit. Quand j’étais enfant, chez moi, ma grand-mère me disait : « Tais-toi, mon garçon ! » parce que quelqu’un était peut-être à proximité, et je me demandais « Pourquoi ? Qu’est-ce qui se passe ? » Et lorsque j’ai recommencé à aller à Cuba, je retrouvais des amis d’enfance. Après un moment, ils me prenaient à part, là où personne ne pouvait nous voir, et se mettaient à pleurer pour des choses qu’ils ne pouvaient dire à personne d’autre. La surveillance, la peur, l’insécurité… Tant de peur accumulée qui se déversait en larmes, et puis, on ressortait de la pièce comme si de rien n’était. Pour moi, c’est très dangereux, et c’est quelque chose que, dans des pays comme la France ou l’Espagne, les gens ne peuvent même pas imaginer.

Couverture pour Der Spiegel, par Edel Rodríguez
©Edel Rodríguez

Pour moi, c’était comparable à Cuba, jusqu’à ce que, comme je l’explique dans le livre, cela m’arrive aux États-Unis. Je présentais mon travail à l’école de ma fille, avec des affiches contre Trump et ce que je considère être le fascisme. Après la présentation, une mère est venue me voir et m’a chuchoté discrètement : « J’adore ce que tu fais, continue ! » Je lui ai répondu : « Mais pourquoi me parles-tu à voix basse ? » Elle m’a dit : « Parce que j’ai peur qu’un supporter de Trump nous entende. Je ne veux pas que cela affecte mon enfant à l’école. » Pour moi, c’était comme si on était à Cuba.

Cette expérience m’a beaucoup contrarié et m’a fait comprendre qu’ici, aux États-Unis, il faut que quelqu’un crie haut et fort pour que les gens réagissent. J’ai vu beaucoup de personnes utiliser mes images dans des manifestations, sur des blogs, lors d’événements, même si je ne suis pas vraiment quelqu’un qui descend dans la rue. Je suis plutôt un activiste d’internet, je crée des images pour que les gens puissent s’exprimer sans crainte. Car comme tu l’as dit, les attroupements de gens, ce n’est pas pour moi. Je ne suis jamais allé à une manifestation. Tout cela me rappelle trop Cuba, la foule qui arrivait chez moi en criant et lançant des œufs. Ce que je veux, c’est que les gens communiquent, parlent, autour d’un café si possible.

Couverture du Times par Edel Rodríguez
©Edel Rodríguez

J.S
Dans un chapitre du roman La brève et merveilleuse vie d’Oscar Wao de Junot Díaz, deux personnages dominicains de New York se disputent au sujet de leur passé jusqu’à ce que l’un d’eux, dans un accès de désespoir, s’écrie : "Nous sommes tous Trujillo !". Cette phrase, cette affirmation si dure, illustre en partie un problème commun aux Cubains : l’exportation de la culture de la dictature. En tant que "communauté" d’exilés, on ne respecte pas la diversité d’opinions et on réprime, si nécessaire, toute divergence. C’est une sorte de prolongation du fascisme cubain qui avait débuté dans les années 1920-30 sous la dictature de Machado [3], et qui persiste encore à Miami [4]...

E.R
Oui, tout à fait. On dit souvent que celui qui, à Cuba, frappait son peuple, se retrouve l’année suivante à Miami, dans la Calle Ocho, à soutenir le camp adverse et à frapper quiconque le critique. C’est la chose la plus difficile au monde. Moi, j’aimerais que chacun puisse donner son avis, dire : « Allons, mettons un bulletin dans la petite boîte et votons. Si tu gagnes et que tu veux que le pays soit communiste, d’accord, tu as deux ans pour mener ton projet, et si cela ne marche pas, on remet les bulletins dans la boîte et on passe à autre chose. » Ce serait l’idéal pour Cuba comme pour les États-Unis. Le problème, c’est quand un groupe entre en jeu, comme à Cuba, et ne permet pas l’existence de cette boîte ou, comme aux États-Unis, n’accepte que celle qui sert ses intérêts.

J.S
Le critique d’art cubain, Rufo Caballero, disait que "l’art forge l’histoire" pour les jeunes nations, en partie parce qu’elles ont tendance à construire et détruire des cathédrales en permanence. Quand il n’y a pas d’histoire, de récit, nationale gravée dans le béton, l’art vient la « créer ». En ce sens, je pense que votre livre contribue justement à construire une partie de cette histoire de notre pays, notamment la décennie noire du Quiquenio gris [5].

Couverture pour The Nation par Edel Rodríguez
©Edel Rodríguez

E.R
Je le crois aussi, parce que ce livre est « entier », c’est une œuvre unique et c’est une histoire de Cuba qui n’a jamais été racontée. Je l’ai écrit en partie pour ceux qui ne la connaissent pas, parce que souvent, les Cubains qui sont partis n’en parlent pas, pour ne pas revivre cette histoire. Et ça, c’est très dur, très difficile. Beaucoup de Cubains qui arrivent à Miami disent : « On n’en parlera plus jamais de ça », et moi, j’ai voulu raconter les choses que j’ai vues et entendues. Je les ai mises dans le livre malgré les avertissements disant qu’on ne me laisserait plus entrer à Cuba, car pour moi, c’était une démarche nécessaire pour que d’autres puissent comprendre. Cuba ne se réglera jamais si nous restons dans cette petite guerre de mensonges. Sans gens pour dire les vérités, pour les expliquer, nous ne sortirons jamais de ce cycle de tragédies qui continue encore.

J.S
Boris Pasternak, dans Le Docteur Jivago, disait que le grand mérite de la révolution russe et de Lénine, était d’écraser la vérité par les mots, par les discours… Et c’est ce que nous avons vécu avec la Révolution cubaine, mais aussi avec tous ces grands mouvements récents, pleins de grands slogans, de puissantes masses populaires qui donnent cette impression de balayer le passé, jusqu’à ce qu’un livre ou un film finisse par révéler ce qui a été effacé…

Worm de Edel Rodríguez. Ed. Bayard Graphic
©Edel Rodríguez

E.R
Oui, c’est encore le cas. Et c’est ce qui se passe malheureusement pour les Cubains : nous n’avons pas assez de lumière. Beaucoup de Cubains n’osent pas parler parce qu’ils ont de la famille sur l’île et qu’ils se retiennent. Heureusement, je n’ai pas ce problème, donc je n’ai pas cette crainte. La vérité est plus importante que tout le reste et c’est le problème de Cuba : elle n’a pas été documentée et partagée suffisamment.

J.S
Pour finir, Jorge Domínguez, un chercheur cubain et ancien directeur des relations internationales de Harvard, disait souvent dans ses conférences, que la démocratie et Cuba sont comme le cinquième postulat d’Euclide, deux lignes parallèles qui se rencontreront éventuellement, à l’infini. Que vous inspire cette phrase ?

E.R
Eh bien, d’ici, il est difficile de trouver de l’espoir, même si j’aimerais l’avoir pour le peuple cubain, car, d’un côté, nous avons ce qui se passe là-bas et, de l’autre, ce qui se passe à Miami, que tu connais... Ce sont deux groupes de personnes qui ne savent pas communiquer et qui sont parfois un peu brutaux, voire sauvages. C’est difficile quand tu sais qui sont tes gens et que tu réalises que ces gens devront un jour s’asseoir et discuter. Obtenir une démocratie ne sera pas facile, nous le savons, et cette vision de voir les deux parallèles se rejoindre… Je pense que cela n’arrivera pas de mon vivant. Mais on verra bien, espérons.

J.S
Muchas gracias Edel.

Worm de Edel Rodríguez. Ed. Bayard Graphic
©Edel Rodríguez

Par Jorge SANCHEZ

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Code EAN : 9782227502246

Worm - Par Edel Rodriguez. Éditions Bayard Graphic. 304 pages - 28€.

– La chronique "Worm" par Bérengère Hallier

[1] Grande icone de la BD et de l’animation cubaine, sorte d’Astérix Cubain, crée par Juan Padrón durant les années 70.

[2] « Worm », ver de terre, « gusano » en espagnol, fut aussi l’insulte donnée par le parti communiste de Cuba aux "dissidents" pendant des décennies.

[3] Gerardo Machado, dictateur cubain de 1925 à 1933, fortement influencé par les dictatures et le militarisme Européen de l’époque.

[4] Telle la milice de Proud boys, fortement impliquée dans la tentative de coup d’état du 6 janvier 2020 et de nombreux actes de terrorisme, fondée et dirigée par des cubains de Miami.

[5] Période de grande orthodoxie et paranoïa généralisée dans le pays suite aux échecs des grands plans économiques du gouvernement "La ofensiva revolucionaria" de 1968 qui élimina toute forme d’entreprise privée, puis la "Zafra des 10 millions", de 1970, un projet directement inspiré du "Grand saut en avant", que les chinois avaient vanté comme une réussite absolue au monde socialiste, et que le gouvernement cubain a tenté de reproduire en battant les records de production de sucre, avec la somme pharaonique de 10 millions de tonnes, jamais atteinte.

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