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Excellent
25 février 2026
Le Docteur Poche captive le lecteur dès qu’il apparaît. Son large costume rouge et chapeau haut de forme attirent l’attention. Son sourire bienveillant rassure tandis qu’il évolue dans un décor mystérieux, allègrement inquiétant tout comme Albert, le majordome qui habite l’horloge dans le hall de la maison du Docteur. Un milieu réaliste qui nous semble commun mais qui bascule instantanément dans un rêve éveillé que nous soyons enfants ou adultes.
Une poupée perdue et abîmée demande à retrouver sa propriétaire, une petite fille prénommée Alice qui réside en Angleterre. Le Docteur Poche rentre chez lui et décide d’exaucer le vœu de la malheureuse. À peine débarqués de l’autre côté de la Manche, le bienfaiteur et sa protégée vont rencontrer une multitude de personnages. À leur stupéfaction, ce sont deux et non pas une Alice qui vont se présenter à eux. Mais quel est ce mystère ?
Ce nouveau conte merveilleux de Marc Wasterlain comble à nouveau son large public. D’abord les petits dont les peurs, joies, colères, envies, rêveries sont exprimées à leur échelle de sentiments. Ensuite les plus grands qui y verront les multiples références littéraires, scientifiques ou philosophiques (Lewis Carroll, Darwin, Proust, …) et enfin, les grands enfants et nostalgiques qui y retrouveront un vieux copain découvert jadis et qui les prendra une ultime fois dans ses mains gantées pour s’envoler au pays des rêves.
Le style graphique se reconnaît tout de suite : à la fois complexe et simple, naïf et stylisé. Le trait est nerveux et volontiers non académique par endroits, exprimant le passage du réel vers le surnaturel. On part vers l’inconnu tout en gardant la pointe des pieds sur terre. Le dessinateur n’a pas perdu la main pour provoquer cette illusion immergeant le lecteur dans son univers magique. Et si les planches sont un peu moins chargées, celles-ci restent généreuses de détails et embellies par une splendide mise en couleurs.
Le Docteur Poche détient le remède contre l’addiction des enfants aux écrans. Eux qui adorent s’évader dans l’imaginaire, tendez-leur cet album ou lisez-leur cette histoire en duo ou en famille s’ils le préfèrent. C’est une expérience réalisée par un enchanteur du 9ème art qui leur laissera des étoiles plein les yeux.
Par David SPORCQ
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