Disparition de Hermann, grande figure de la bande dessinée belge réaliste

Par Didier PASAMONIK 23 mars 2026 
Il n’y en a pas 36 000 des dessinateurs réalistes puissants qui ont influencé des générations de dessinateurs. Mentionnons Paul Cuvelier, Paul Gillon, Jean Giraud… On peut le mettre assez facilement aux côtés de ce trio de tête. Réalisant ses premiers travaux au milieu des années 1960, Hermann contribue au renouvellement de la bande dessinée réaliste classique. Que ce soit sur des scripts de Greg, de Van Hamme ou de son fils Yves H, ou dans les histoires qu’il scénarise lui-même, il exprimait souvent une colère froide contre le « bipède », l’être humain fauteur de guerres.

Herman Huppen, dit Hermann, était né le 17 juillet 1938 à Bévercé, un village belge situé dans les environs de Malmédy près des Hautes-Fagnes qui jouxtent la frontière allemande. La capitulation de la Belgique, en 1940, entraîne l’incorporation des cantons d’Eupen et Malmédy à l’Allemagne. Sa première rentrée scolaire, il la fait donc à l’école allemande en 1944. Quinze jours plus tard, le pays est libéré et les cours reprennent en français.

Disparition de Hermann, grande figure de la bande dessinée belge réaliste
Photo : D. Pasamonik (ActuaBD.com)

Une famille aventureuse

Sa mère, divorcée, ainsi que ses frères et sœurs, s’établissent dans la commune bruxelloise de Saint-Gilles. Herman entre en formation professionnelle en ébénisterie. À l’âge de 16 ans, à la sortie de l’école, il décroche un travail dans un atelier à la finition d’horloges à carillon Westminster, qu’il quitte au bout de quinze jours pour entrer dans un bureau d’architecte. En parallèle, le jeune homme suit des cours du soir de dessin d’architecture et de décoration intérieure à l’Académie des Beaux-Arts de Saint-Gilles (Bruxelles).
Quand il a 18 ans, sa mère qui n’a pas froid aux yeux et qui, pour défendre ses enfants, «   aurait attaqué un train avec une fourchette   », emmène ses deux garçons au Canada rejoindre sa fille aînée déjà établie à Montréal. Là, Hermann est engagé par une société spécialisée dans l’aménagement de restaurants pour lesquels il dessine des rendus de perspectives destinés aux clients. Il le quitte au bout de trois ans et demi pour la Belgique, sa mère et lui étant restés nostalgiques de l’Europe.

Un beau-frère éditeur

Comanche : Le Ciel est rouge sur Laramie de Greg et Hermann, un tournant dans la série.
© Le Lombard

En trois ans de présence en Amérique, il ne s’est même pas aperçu de l’existence des comic books. Il n’aurait pas davantage découvert la bande dessinée si, à l’occasion de son mariage avec la femme de sa vie, Adeline, en 1964, il ne s’était découvert un beau-frère dans l’édition. Celui-ci n’est rien moins que Philippe Vandooren, futur directeur éditorial chez Dupuis, alors chez Marabout, où il travaille à l’édition. Il est l’auteur du célèbre manuel Comment on devient créateur de bande dessinée (1969). Il est responsable de publications pour les Scouts de France auxquelles il livre textes et illustrations. C’est lui qui invite Hermann à y publier sa première bande dessinée pour la revue scoute Pleins Feux.

Une revue qui tombe dans les mains du dessinateur et scénariste Greg qui remarque ce trait réaliste venu de nulle part. Il engage le jeune homme à l’essai dans son studio de dessin de la place du Roi-Vainqueur. Hermann cumule alors son job d’architecte d’intérieur et de dessinateur de BD, en particulier sur des récits courts didactiques, dont un Oncle Paul pour Spirou.

Bernard Prince, sur un scénario de Greg.
© Le Lombard

Le règne de Greg

Greg scénarise pour lui une première aventure de détectives, Valéry Valérian, qui est présentée à Pilote sans rencontrer l’intérêt de René Goscinny. La chance lui sourit lorsque Greg réussit à placer Bernard Prince (1966) dans le Journal Tintin. Au départ un peu apprêtée et moralisatrice, la série est très vite dessinée avec fougue. Son dessin s’inspire certes de Jijé, mais surtout de Giraud qui avait frappé les imaginations en lançant avec Jean-Michel Charlier son Blueberry (1963) dans Pilote.

L’arrivée d’Hermann coïncide à un moment où Raymond Leblanc tente de se défaire de la tutelle de celui qui était, depuis 1946, le directeur artistique du journal de Tintin  : Hergé. Il y arrive grâce à l’ambitieux Greg qui prend à ce moment la rédaction en chef de l’hebdomadaire (1965). Le créateur d’Achille Talon apporte avec lui une génération de jeunes auteurs qui vont moderniser le journal des 7 à 77 ans.

Jugurtha. série scénarisée par Jean-Luc Vernal.
© Le Lombard

En 1967, la réalisation de Jugurtha sur un scénario de Laymilie (Jean-Luc Vernal), qui raconte l’histoire d’un prince de Numidie en lutte contre Rome, est l’illustration de cette nouvelle politique : Alix n’a plus l’exclusivité de l’antiquité et l’École de Bruxelles, celle du journal. Hermann l’abandonne bientôt pour Comanche (1969). Cette série s’impose comme un des sommets du western en bande dessinée. «  C’est mon caractère, disait Hermann, j’aime bien ce qui bouge, j’aime ce qui est tendu, musclé, ce qui a une force. «  Rio Bravo  », ça m’ennuie, seuls les chevaux y sont intelligents  !   »

Libertés
L’Ardennais intervient de plus en plus dans le scénario. Dans Le Ciel est rouge sur Laramie, c’est Hermann qui impose à Greg la scène, digne de Dirty Harry, où le héros abat sans état d’âme une crapule désarmée qui s’écroule symboliquement dans les poubelles  : «  On peut trouver cela extrême, mais je considère que les crapules, il faut les arrêter. Je n’ai plus aucune illusion à propos du bipède. L’humain, ça n’existe pas. Il y a des bipèdes dont certains sont humains. La plupart ne le sont pas.  »

En 1977, il prend l’occasion du lancement du magazine Super As, un hebdomadaire créé par Jack De Kezel pour le groupe allemand Springer Verlag, pour voler de ses propres ailes et s’affranchir à la fois de son éditeur et de son mentor. Il y publie Jeremiah (1978), un récit d’anticipation décrivant un monde d’«  après la bombe  ». La terre est devenue une jungle sans merci où l’homme est clairement un loup pour l’homme. Bernard Prince est repris par Dany  ; Comanche par Rouge. Hermann peut enfin jouir de sa liberté toute neuve. Pour Spirou, il dessine Nic (1980), une fantaisie pour enfants inspirée de Little Nemo scénarisée par Morphée, alias Philippe Vandooren, qui prendra en 1982 la direction éditoriale de Dupuis.
Il continue Jeremiah sans désemparer quasiment au rythme d’un album par an, soit 42 titres à ce jour (Le dernier, Les Larbins, date de 2025).

Jeremiah. Un monde d’après la bombe.
© Ed. Dupuis

En 2002, Jeremiah devient une série de 35 épisodes produite pour la télévision par la MGM, tandis qu’en 2003, Lune de guerre, sur scénario de Jean Van Hamme, est adaptée au cinéma.

Le révolté
En 1984, il rejoint Glénat pour y créer Les Tours de Bois-Maury, dans lequel il applique son réalisme à la crudité de l’histoire médiévale. Ce devait être un album isolé, mais son accueil favorable l’amène à continuer la série qu’il réalise en alternance avec Jeremiah. 15 titres seront publiés où il déploie sa palette originale de couleurs directes, les derniers titres étant scénarisés par Yves H.

Les Tours de Bois-Maury. Le moyen-âge vu par Hermann.
© Editions Glénat

Mais le «  vrai  » Hermann, le révolté qui s’insurge contre la lâcheté et les méfaits du «  bipède  », profite de la collection Aire Libre lancée par son beau-frère pour Dupuis en 1988, pour y livrer quelques-uns des thèmes qui lui tiennent le plus à cœur  : Missié Vandisandi (1991) dénonce la corruption et les trafics dans le Congo post-colonial. Il est suivi par Sarajevo-Tango (1995), un album qui raconte le siège de Sarajevo pendant la guerre de Yougoslavie. Dans Caatinga (1997), Hermann revient sur la désespérance des Cangaceiros dans le Nord-Est brésilien des années trente. Il retrouve un temps l’univers du Western dans On a tué Wild Bill (1999) pour mieux dénoncer la noirceur de cette geste héroïque qui n’a rien d’une aventure distractive. Enfin, il s’allie avec l’un des scénaristes les plus réputés de son temps, Jean Van Hamme, pour livrer Lune de Guerre (2000), un huis-clos pathétique et sanglant. Pour son fils Yves H, Hermann dessine Liens de Sang (2002), un thriller qui débouche sur une intrigue fantastique, tandis que, toujours avec Yves H, il s’attaque à l’univers des pirates dans un diptyque des éditions Aire Libre, Le Diable des 7 mers. D’autres titres suivront (24 au total), eux aussi scénarisés par Yves H.

Dans les dernières années, sa production avançait à pas cadencés, ponctuée de « retours sur image » comme cet épisode inédit de Bernard Prince qu’il réalise en 2010, sur un scénario de son fils Yves H. ou encore cette version « perso » de Comanche que serait Duke, toujours sur scénario de son fils.

Grand Prix d’Angoulême 2016

Katsuhiro Otomo (Akira) remet à Hermann le Grand Prix d’Angoulême.
Photo : D. Pasamonik (ActuaBD.com)

Ce qui frappe, c’est la puissance de sa production et la quantité de ses albums (pas loin de 120 publiés, soit deux titres par an depuis près de 60 ans). Ce n’est pas une production « alimentaire » : son dessin est fouillé et généreux, avec un sens du cadrage exceptionnel. Il excellait dans un point de vue caméra en contre-plongée, « au ras des fesses » comme il le disait lui-même. C’était un grand raconteur d’histoires et un dessinateur exceptionnel qui a beaucoup apporté à la bande dessinée franco-belge. Il avait attendu longtemps pour recevoir le grand Prix d’Angoulême (en gros, le jury ne pouvait pas le piffer) mais à l’occasion du changement du scrutin, c’est la profession, et en particulier les jeunes auteurs qui lui avaient permis de succéder à Katsuhiro Otomo, l’auteur d’Akira, excusez du peu.

Nous l’avions revu il y a trois ans à l’occasion des 77 ans du Journal Tintin. Après la fête, qui se terminait vers 23 heures, ce sportif accompli (il avait longtemps fait du vélo), s’apprêtait à rentrer chez lui. Du Centre Belge à Uccle où il habitait, il y avait près de 8 kilomètres, soit deux heures de marche. On l’avait invité à prendre un taxi, il refusa : il rentra chez lui à pied ce soir-là ! Le lendemain, frais comme un gardon, il venait dédicacer à la Fête de la BD de Bruxelles !

Cartagena, sur un scénario de Yves H. Sa dernière oeuvre.
© Le Lombard

Il venait d’achever son dernier album, Cartagena, sur scénario d’Yves H. Ce sera son œuvre posthume.
Cette force de la nature a été vaincue par un cancer. Il fallait bien cela pour abattre « le sanglier » de la bande dessinée belge. So long, Hermann !

Par Didier PASAMONIK

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LA BIBLIOGRPAHIE DE HERMANN

Bernard Prince (Le Lombard) - Scénario de Greg
1 - Général Satan (1969)
2 - Tonnerre sur Coronado (1969)
3 - La frontière de l’enfer (1970)
4 - Aventure à Manhattan (1971)
5 - L’oasis en flammes (1972)
6 - La loi de l’ouragan (1973)
7 - La fournaise des damnés (1974)
8 - La flamme verte du conquistador (1974)
9 - Guérilla pour un fantôme (1975)
10 - Le souffle de Moloch (1976)
11 - La forteresse des brumes (1977)
12 - Objectif Cormoran (1978)
13 - Le port des fous (1978)
18 - Menace sur le fleuve (2010) - Scénario de Yves H.

Bernard Prince d’hier et d’aujourd’hui (1980)
Intégrale 1 (2010)
Intégrale 2 (2010)
Intégrale 3 (2010)

(les n°s 14 à 17 ont été dessinés par Dany et Aidans, scénario de Greg)

Comanche (Le Lombard) - Scénario de Greg
1 - Red Dust (1972)
2 - Les guerriers du désespoir (1973)
3 - Les loups du Wyoming (1974)
4 - Le ciel est rouge sur Laramie (1975)
5 - Le désert sans lumière (1976)
6 - Furie rebelle (1976)
7 - Le doigt du diable (1977)
8 - Les shérifs (1980)
9 - Et le diable hurla de joie (1981)
10 - Le corps d’Algernon Brown (1983)

Le prisonnier (1998, Ligne d’ombre)
Intégrale The whole story (1995)
Intégrale 1 (2004)
Intégrale 2 (2005)

Duke (Le Lombard) – Scénario de Yves H.
1 – La boue et le sang (2017)
2 – Celui qui tue (2018)
3 – Je suis une ombre (2019)
4 – La dernière fois que j’ai prié (2020)
5 – Un pistolero, tu seras (2021)
6 – Au-delà de la piste (2022)
7 – Ce monde n’est pas le mien (2023)

Jugurtha (Le Lombard) - Scénario de Jean-Luc Vernal
1 - Le lionceau des sables (1975 – RTP, 1977, Le Lombard)
2 - Le casque Celtibère (1975 – RTP, 1977, Le Lombard)
(ces 2 tomes sont repris dans l’Intégrale 1 (2011 – Le Lombard)

Jeremiah (tous les albums sont aujourd’hui édités par Dupuis)
1 - La Nuit des rapaces (1979, Fleurus)
2 - Du sable plein les dents (1979, Fleurus)
3 - Les Héritiers sauvages (1980, Fleurus)
4 - Les yeux de fer rouges (1980, Fleurus)
5 - Un cobaye pour l’éternité (1981, Hachette)
6 - La Secte (1980, Hachette)
7 - Afromérica (1982, Hachette)
8 - Les Eaux de colère (1983, Hachette)
9 - Un hiver de clown (1983, Hachette)
10 - Boomerang (1984, Novedi)
11 - Delta (1985, Novedi)
12 - Julius et Roméa (1986, Novedi)
13 - Strike (1988, Dupuis)
14 - Simon est de retour (1989, Dupuis)
15 - Alex (1990, Dupuis)
16 - La ligne rouge (1992, Dupuis)
17 - Trois motos.. ou quatre (1994, Dupuis)
18 - Ave Caesar (1995, Dupuis)
19 - Zone frontière (1996, Dupuis)
20 - Mercenaires (1997, Dupuis)
21 - Le cousin Lindford (1998, Dupuis)
22 - Le fusil dans l’eau (2001, Dupuis)
23 - Qui est Renard Bleu (2002, Dupuis)
24 - Le dernier diamant (2003, Dupuis)
25 - Et si un jour, la terre... (2004, Dupuis)
26 - Un port dans l’ombre (2005, Dupuis)
27 - Elsie et la rue (2007, Dupuis)
28 - Esra va très bien (2008, Dupuis)
29 - Le petit chat est mort (2010, Dupuis)
30 - Fifty-fifty (2011, Dupuis)
31 - Le panier de crabes (2012, Dupuis)
32 - Le caïd (2013, Dupuis)
33 - Un gros chien avec une blonde (2014, Dupuis)
34 - Jungle City (2015, Dupuis)
35 – Kurdy Malloy et Mama Olga (2017, Dupuis)
36 – Et puis merde (2018, Dupuis)
37 – La Bête (2019, Dupuis)
38 – Tu piges ? (2020, Dupuis)
39 – Rancune (2022, Dupuis)
40 – Celui qui manque (2023, Dupuis)
41 – Casio céleste (2024, Dupuis)
42 – Les larbins (2025, Dupuis)

Intégrale 1 (2005, Dupuis)
Intégrale 2 (2006, Dupuis)
Intégrale 3 (2006, Dupuis)
Intégrale 4 (2007, Dupuis)
Intégrale 5 (2007, Dupuis)
Intégrale 6 (2008, Dupuis)
Intégrale 7 (2010, Dupuis)

Les Tours de Bois-Maury (Glénat)
1 - Babette (1984)
2 - Eloïse de Montgri (1985)
3 - Germain (1986)
4 - Reinhardt (1987)
5 - Alda (1988)
6 - Sigurd (1990)
7 - William (1990)
8 - Le Seldjouki (1992)
9 - Khaled (1993)
10 - Olivier (1994)

Bois-Maury (Glénat)
11 - Assunta (1998)
12 - Rodrigo (2001) - Scénario de Yves H.
13 - Dulle Griet (2006) - Scénario de Yves H.
14 - Vassya (2009) - Scénario de Yves H.
15 - Œil de ciel (2012) - Scénario de Yves H.

Intégrale (2009)
Intégrale en noir et blanc (2013)

Nic (Dupuis) - Scénario de Philippe Vandooren
1 - Hé, Nic ! Tu rêves ? (1981)
2 - Bonnes nuits, Nic (1982)
3 - Ca, c’est filarmo, Nic (1983)

Intégrale (2014 – Ed. Hématine)

Récits complets
Missié Vandisandi (1991, Dupuis)
Sarajevo Tango (1995, Dupuis)
Caatinga (1997, Le Lombard)
On a tué Wild Bill (1999, Dupuis)
Lune de Guerre (2000, Dupuis) - Scénario de Jean Van Hamme
Liens de sang (2000, Dupuis) - Scénario de Yves H.
Coffret trilogie USA (2000)
Manhattan Beach 1957 (2002, Le Lombard) - Scénario de Yves H.
Zhong Guo (2003, Dupuis) - Scénario de Yves H.
The girl from Ipanema (2005, Le Lombard) - Scénario de Yves H.
Sur les traces de Dracula, tome 1 : Vlad l’Empaleur (2006), scénario de Yves H.
La Vie Exagérée de l’Homme Nylon (2007, le Lombard) - Scénario de Kirstein
Afrika (2007, Le Lombard)
Le Diable des Sept Mers tome 1 (2008, Dupuis) - Scénario de Yves H.
Le Diable des Sept Mers tome 2 (2009, Dupuis) - Scénario de Yves H.
Une nuit de pleine lune (2011, Glénat) - Scénario de Yves H.
Retour au Congo (2013, Glénat) - Scénario de Yves H.
Station 16 (2014, Le Lombard) - Scénario de Yves H.
Sans pardon (2015, Le Lombard) - Scénario de Yves H.
Old Pa Anderson (2016, Le Lombard) - Scénario de Yves H.
Le passeur (2016, Dupuis) - Scénario de Yves H.
Brigantus tome 1 (2024, Le Lombard) - Scénario de Yves H.
Brigantus tome 2 (2025, Le Lombard) - Scénario de Yves H.
Cartagena (2026, Le Lombard) - Scénario de Yves H.

Albums isolés et participations (sélection)
Les Daltons (1980, Bédescope)
Alerte aux pirates (1980, Bédescope)
Les amis de Buddy Longway (1983, Le Lombard)
L’étoffe d’un crack (1984, Bédescope)
La ballade des baffes (1983, Goupil éditeur)
6000 mètres (1993, Gibraltar)
Billy the kid (1993, Gibraltar)
Barney Jordan (1993, Gibraltar)
Le secret des Hommes Chiens (1995, Dupuis), dessins et
scénario de Yves H., encrages et couleurs d’Hermann.
Sales petits contes 2 : Perrault (1998, Dupuis) -
Scénario de Yann
Abominable (1988, Glénat)
L’arbre des deux printemps (2000, Le Lombard)
Héros et bovins (2002, Mosquito)
Monographies (sélection)
Schtroumpf – Les Cahiers de la bande dessinée n°44 (1980,Glénat)
Hermann, une monographie (1997, Mosquito)
Inside Hermann (1995, Comic ! Events)
DBD n°15 (2002)
Sur la terre ferme avec Hermann (2002, Petit à Petit)
Hermann Post-Atomique (2008, CBBD-La Poste Belge)
DBD Hors-série n°5 : Hermann, le stakhanoviste du dessin
(2011)

Crédit photo : Didier Pasamonik

✏️ Hermann Belgique Bruxelles Rome Tours Décès 2026
 
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11 Messages :
  • Triste nouvelle . Un grand raconteur d’histoire et créateur d’ambiance sans pareil .

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    • Répondu le 24 mars à  14:04 :

      C’était le plus grand. On pensait qu’il n’arrêterait jamais. Après la mort de Pratt et celle de Moebius, c’était le dernier des géants. Lors de sa période fin 70-mi 80, avec le coloriste Fraymond, il est sur le toit du monde. Personne ne peut rivaliser, même pas les italiens ou les américains. Il était encore excellent il y a une dizaine d’années. Il nous laisse un peu seuls, même s’il nous reste Tardi, Cosey, Bernet, quelques autres qui dessinent encore.

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      • Répondu par Michel Dartay le 24 mars à  18:28 :

        J’apprends avec tristesse cette nouvelle qui m’afflige sincérement, car je l’avais rencontré prés de l’Hôtel du Nord, il y a plus de dix ans. Bernard Prince et Comanche-Red Dust, avec Greg au scénar restent des classiques, à lire et à relire. En solo, ses Tours de Bois-Maury restent magnifiques, comme son Jeremiah, assez proche de l’univers de Mad Max.

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      • Répondu le 24 mars à  19:54 :

        Dans les successeur il y’a évidement François Boucq , Christian Rossi, Emmanuel Lepage mais dans la jeune génération ont peut penser à Paul Gastine, Corentin Rouge,Damien Cuvillier .

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        • Répondu le 24 mars à  22:04 :

          La plupart des noms que vous citez en sont très loin. Et parmi la jeune génération, les grands réalistes se comptent sur les doigts de la main. Il faut aller voir en Italie, en Espagne, en Argentine, et aux USA évidemment. Hermann n’aura en tout cas aucun successeur. Contrairement à Giraud, il est inimitable.

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      • Répondu le 24 mars à  21:02 :

        Pour avoir des auteurs de cette dimension là, encore faut-il laisser du temps à des œuvres exigeantes d’exister, à des auteurs, ou autrices, de poursuivre sereinement leur carrière. Mais dans cette édition court-termiste, avec des albums jetables passé 3 jours d’exposition en librairie, les « Hermann » de demain ne sont pas prêts de pointer le bout de leur nez. L’univers de Jeremiah est un monde du chaos, où la loi du plus fort s’impose. Typiquement l’état du marché actuel de la BD.

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    • Répondu par Philippe Wurm le 27 mars à  20:40 :

      En 1938 sont nés trois figures majeures de la bande dessinée européenne : Jean Giraud, Jean‑Claude Mézières et Hermann.
      Trois créateurs d’univers, trois dessinateurs réalistes à l’imaginaire puissant, qui nous ont entraînés dans leurs rêves et offert des voyages inoubliables.

      Originaires de France et de Belgique, ils ont tous vécu plusieurs années en Amérique du Nord. Ils y ont découvert un rapport nouveau à l’espace, à la lumière, aux paysages grandioses. Le western fut leur catalyseur. Chacun d’eux a trouvé en Jijé — père du réalisme franco‑belge et premier passeur vers la Nouvelle Frontière — un guide qui depuis les comics et les strips américains, dont Milton Caniff et Alex Raymond sont des figures essentielles, a projeté la bande dessinée d’aventure vers les sommets.
      Avec la complicité de scénaristes d’exception — Charlier, Christin, Greg — ils ont bâti des univers qui ont profondément façonné notre imaginaire.

      Qu’est‑ce que la bande dessinée ? A chaque génération la question se pose à nouveau. Chaque époque invente ses méthodes, apporte ses solutions. Pour ma part, hier comme aujourd’hui, j’ai toujours admiré la démarche de ces trois auteurs : un dessin réaliste d’une exigence extrême, une narration impeccable — avec leurs scénaristes ou en solo — et souvent des couleurs remarquables - dont particulièrement, Fraymond et Tranlé.
      Leur manière de concevoir et de réaliser leurs albums nous emportait, nous envoûtait, et nous offrait des expériences aussi riches en rêve qu’en réflexion. Les grands auteurs et autrices qui leur ont succédé ont confirmé la pertinence de cette voie.

      J’ai eu la chance de rencontrer ce trio à plusieurs reprises. C’est avec Hermann, installé à Bruxelles, que j’ai le plus échangé. Malgré l’ascèse de son atelier d’Uccle et son travail absorbant, il m’a accueilli au fil des années et m’a transmis ses leçons de dessin à travers les corrections qu’il apportait aux planches que j’avais l’audace de lui montrer. Au‑delà de l’immense dette de lecteur que je lui dois, je peux témoigner de la générosité professionnelle du créateur de Jeremiah, qui savait donner sans compter.

      Cette générosité est la marque d’un immense artiste, mais aussi celle d’un homme remarquable et unique.
      Merci, Hermann.
      So long, avec les géants de la bande dessinée.

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  • Tout simplement, merci pour toutes ses heures de lecture.

    Répondre à ce message

  • D’abord, un ajout nécessaire pour les "Intégrales" JÉRÉMIAH :
    – Intégrale 8 (2017)
    – Intégrale 9 (2025)

    Ensuite, ma tristesse !
    J’ai bientôt 63 ans et j’ai l’impression qu’ Hermann m’a toujours accompagné, à commencer par COMANCHE dans le journal "TINTIN", puis dès la parution de JÉRÉMIAH et son 1er album.
    C’est toujours son dessin - et quelque soit l’outil utilisé - qui m’a d’abord fasciné, au travers de son style, du mouvement, du cadrage, des couleurs …
    Sa personnalité et ses propos, qui ont pu parfois froisser certaines âmes trop sensibles ou trop nuancées, démontraient son honnêteté intellectuelle, sans illusion sur la nature humaine.
    Je me doute bien que les témoignages de respect, d’affection et d’admiration des "anonymes" sont nombreux, mais je tenais néanmoins à signifier, même brièvement, l’attachement que j’avais pour cet auteur de BD et toute son œuvre immense !
    Je pense aussi à son fils, Yves, qui l’accompagnait artistiquement depuis plusieurs années, et à ses proches. Je pense aussi à DANY, un de ses amis et un des "anciens" qui nous restent, que j’admire aussi depuis tout ce temps.

    Répondre à ce message

    • Répondu par Michel Dartay le 26 mars à  19:42 :

      Exact, toutes nos condoléances à son fils Yves, ainsi qu’à son fidèle ami Dany !

      Répondre à ce message

  • Ami Didier, tu as oublié le Hermann ( Alain Littaye 1982) et le portfolio La cage !
    Le petit éditeur belge Loup/Hibou a également proposé un recueil noir et blanc de ses premières histoires réalistes parues dans le journal Tintin, scénario Duval.

    Répondre à ce message

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