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Diane Arbus : Photographier les invisibles

Par Anthea MARIANI Moyen 30 mai 2025 
Photographe iconoclaste et relativement marginalisée de son vivant, Diane Arbus n'a connu une réelle reconnaissance de la part de l'opinion publique qu'après son suicide à 48 ans, en 1971. Devenue célèbre pour ses photos comme Jumelles identiques ou Travestie sur le divan, la photographe n'a pourtant pas connu une grande reconnaissance de son vivant. La bande dessinée d'Aurélie Wilmet nous ouvre la porte sur la psyché de ce personnage à la marge, dans sa pratique artistique.

Une figure majeure de la photographie et pourtant méconnue du grand public

Fascinée par ce qui sortait de l’ordinaire, Diane Arbus a cherché tout au long de son œuvre-vie à représenter les marginaux. Qu’il s’agisse des prostituées, des travestis ou de freaks (désigne les phénomènes de foire, baptisés Freakshows, qui avaient un grand succès populaire aux États-Unis à partir de la fin du XIXe siècle), la photographe aime capturer tout ce qui échappe aux normes.

La BD permet de retracer le parcours de vie de cette femme qui semblait ressentir plus d’alchimie avec les autres au travers d’une lentille d’appareil photo que sur le plan conversationnel. Relativement silencieuse, la BD emprunte le point de vue de Diane, ce qui rend paradoxalement la lecture opaque au lecteur au lieu de la faciliter.

Un récit qui se glisse au plus profond de la dépression

Harmonies de mauve et de bleu, la BD se décline en couleurs révélatrices de l’état mental de Diane. On devine au fond une forme de rage dans le choix du violet, qui ne s’obtient du bleu (couleur de la dépression) qu’en y ajoutant du rouge (couleur de la colère et de la passion). Un choix colorimétrique judicieux, mais qui aurait gagné à être accompagné d’une plus grande profondeur de champ. En effet, les aplats de couleur, qui peuvent caractériser le style carte postale, finissent par lasser l’œil et rendre la lecture terne.

Et pour lutter contre une fadeur visuelle, rien de tel que de bons dialogues, vous en conviendrez. Pari loupé au regard des échanges entre personnages qui sonnent plats et creux. Ce manque de sel dans les échanges humains révèle bien le brouillard de la dépression nerveuse dans laquelle s’enfonce Diane, mais finit aussi par agacer le lecteur. En ce sens, l’ouvrage s’impose par l’intelligence de sa conception, mais aussi par son oubli du lecteur, que le récit peine à émouvoir par manque de relief.

Par Anthea MARIANI

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Code EAN : 9782203292949

Diane Arbus : Photographier les invisibles - Wilmet Aurélie - éditions Casterman
Parution : 7 mai 2025
Nombre de pages : 216
Prix : 29,95 €

Casterman ✏️ Wilmet Aurélie à partir de 16 ans Histoire docu-fiction nonfiction Etats-Unis
 
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