Bon
8 mars 2025
Qu’est ce qui peut bien expliquer la fébrilité de Saïd, ce jeune homme installé discrètement dans une résidence presque vide dans cette petite cité balnéaire espagnole ? Le jeune homme se tient constamment sur ses gardes, il est armé et surveille en permanence les alentours de l’appartement qu’il occupe seul. À part un peu de jogging, il passe une large partie de son temps devant la télévision ou des jeux vidéo.Tente-t-il d’échapper à la police ou à quelqu’un d’autre ? Et pour quelle raison ?
Dans cet hôtel il ne rencontre qu’une seule personne, un prof de sciences chaleureux et cordial au risque d’être un peu envahissant. C’est la rencontre avec ce voisin un peu maladroit qui va faire basculer l’étrange routine de Saïd et permettra aussi au lecteur de découvrir les dessous de cette intrigue.
Ce one-shot repose sur l’ambiance très spéciale d’une station balnéaire en basse saison, que restituent les clairs obscurs et les lumières contrastées des cases sombres et muettes ainsi qu’un découpage ménageant le suspens. Un climat de ville-fantôme traduit l’atmosphère d’une vraie tension de thriller. La narration parfaitement huilée impose un rythme lent et oppressant très efficace. Ce registre de polar intime trouve un nouveau souffle avec la rencontre de ces deux personnages que tout oppose et qui pourtant sera déterminante dans le dénouement de cette histoire.
Scénariste du précédent Kleosen compagnie de Serge Latapy et Amélie Cousse, Mark Eacersall signe ici son second album chez Grand Angle, passant de la mythologie gréco-romaine à ce polar tendu, solaire et ténébreux.
James Blondel intègre le label réaliste des éditions Bamboo avec ce premier album après divers travaux d’illustrations pour différents magazines et fanzines. son graphisme fluide fortement influencé par une ligne franco-belge classique est mis en valeur par une colorisation bien maîtrisée.
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