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Batman/Deadpool : la rencontre au sommet joue la carte du contraste

Par Quentin GUILLIER Très bon 20 août 2026 
Plus de vingt ans après JLA/Avengers, Marvel et DC ressortent enfin la clé du tiroir aux crossovers. Urban Comics réunit dans une édition cartonnée tête-bêche les deux volets de la rencontre entre le mercenaire le plus bavard de l'univers Marvel et le justicier le plus taciturne de DC, et avec eux, tout un défilé de duos, de team-ups improbables. Reste à savoir si l'événement tient ses promesses au-delà du symbole.
Batman/Deadpool : la rencontre au sommet joue la carte du contraste

L’argument de départ tient sur un timbre-poste : engagé par le Joker, avec l’aide plus ou moins discrète du Reverse-Flash, pour un contrat à Gotham City, Deadpool débarque en terrain hostile, et Batman n’est pas décidé à le laisser semer le trouble dans sa ville. Ce postulat simple sert de viatique aux deux épisodes réunis dans cette édition cartonnée, DC/Marvel : Batman/Deadpool (Grant Morrison au scénario, Dan Mora au dessin) et Marvel/DC : Deadpool/Batman (Zeb Wells au scénario, Greg Capullo au dessin), avec un sens de lecture pour chaque titre, une façon de rendre symboliquement justice aux deux maisons d’édition.

Le scénario ne cherche jamais à vendre une intrigue ambitieuse : le plaisir de lecture vient avant tout du choc des extrêmes, entre la diction incontrôlable du mercenaire et le silence pesant du Chevalier Noir. Katanas contre batarangs, sarcasmes contre sérieux absolu : le duel fonctionne surtout comme un jeu de contrastes, parfois avec efficacité, souvent porté par des clins d’œil bien sentis à la continuité de Batman. Autour de cette rencontre principale s’ajoute une ribambelle de team-ups tout aussi inattendus : Daredevil et Green Arrow, Captain America et Wonder Woman, Harley Quinn et Hulk, ou encore Krypto et Jeff le Requin Terrestre, réunis par des duos d’auteurs parmi les plus courus du moment.

Au-delà de l’anecdote, l’événement pèse d’abord par sa portée symbolique : ce genre de croisement entre les deux plus grands éditeurs américains reste suffisamment rare — le précédent notable remonte à JLA/Avengers, il y a plus de vingt ans — pour que la simple existence de l’objet suscite l’enthousiasme, indépendamment de son contenu. C’est aussi ce qui explique le soin apporté à cette édition cartonnée : format tête-bêche inédit, collection DC Deluxe, couverture variante disponible en tirage limité. Urban Comics traite ainsi cette sortie comme ce qu’elle est avant tout : un objet-événement, plus que comme le véhicule d’un grand récit.

Car c’est bien là que le bât blesse : à vouloir jouer la carte du clin d’œil et du fan-service assumé, le récit ne cherche jamais vraiment à convaincre sur le plan narratif, et certains contributeurs, bien qu’irréprochables sur le papier, semblent avant tout venus honorer une légende plutôt qu’apporter une véritable proposition artistique. Un crossover qui se vit avant tout comme un symbole et un plaisir coupable ponctuel, plus que comme une œuvre appelée à marquer durablement les deux mythologies qu’elle réunit.

Par Quentin GUILLIER

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Code EAN : 9791026854586
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