Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html

Week-end à Rome - Par Simon Bournel-Bosson - Éd. L’Agrume

Par Romain GARNIER Très bon 29 octobre 2024 
Après le succès critique obtenu pour Les trompettes de la mort, bande dessinée présente dans la sélection officielle du FIBD d’Angoulême en 2023, Simon Bournel-Bosson a une double actualité aux éditions L’Agrume : Week-end à Rome et Florimonde et l’affaire Coquillette. La première, qui occupe notre chronique, est une bande dessinée compacte, d’un format modeste, aisément identifiable par un rose nuancé et un orange vif. Une lecture drôle au sujet de la rupture amoureuse dans le berceau de la civilisation romaine. Une réussite.

Étienne est dans l’embarras et la tristesse la plus vive. La veille, Mathilde a rompu avec lui. Dans son avion de la compagnie Célibat’air, notre protagoniste s’envole pour Rome, l’autre capitale de l’amour avec Paris. Étienne avait initié cette escapade intime afin de célébrer son anniversaire. Les billets ne pouvant être remboursés, l’homme a entrepris, déprime et complaintes en poches, de respecter le programme initial avec l’impression déroutante d’être accompagné par le fantôme de son ex.

Parcourant les rues de Rome la larme à l’œil, il s’essaye en vain à profiter de son périple. Chaque pas est une occasion de se remémorer Mathilde. Chaque couple qui s’embrasse langoureusement est comme un marteau-piqueur qui fracasse son cœur, déjà brisé, en une multitude de morceaux d’un amour amer. Chaque hôtel, chaque restaurant lui dresse impitoyablement le miroir d’une solitude embarrassée. Le soir venu, à la suite de l’ingestion d’une pizza, Étienne zigzague entre les murs de la réalité et ceux de l’onirisme le plus effrayant. Il s’est égaré dans sa souffrance et doit affronter ses peurs.

Week-end à Rome - Par Simon Bournel-Bosson - Éd. L'Agrume
© Simon Bournel-Bosson / Éd. L’Agrume (2024)
© Simon Bournel-Bosson / Éd. L’Agrume (2024)

Étienne, le clown blanc du cirque de l’amour

Au contraire de ce chacun/chacune pourrait imaginer en découvrant le récit, la bande dessinée est d’un humour constant, mélangeant l’absurde, des dialogues et des pensées savoureux, un onirisme délirant, des mises en scène drolatiques et des outrances sans cesse renouvelées. Le tout prenant la forme d’une gigantesque tartufferie dans ce grand cirque de l’amour qu’est la ville de Rome.

Le pathétisme d’Étienne, entretenu et poli comme une pierre d’orfèvrerie par l’auteur, nous amuse à ses dépends. Il faut dire que la galerie de personnages croisée lors de son périple nous y entraîne. Elle en profite allègrement pour exploiter le pauvre hère en le dépouillant de ses moindres subsides, exigeant sans cesse des tarifs extravagants pour le moindre service. Un vrai touriste, qui plus est en proie au désespoir amoureux.

© Simon Bournel-Bosson / Éd. L’Agrume (2024)
© Simon Bournel-Bosson / Éd. L’Agrume (2024)

La ville de Rome est dans son ensemble à l’image du protagoniste qui la traverse : en ruines. Un miroir tendu à sa relation amoureuse. Il y déploie toute sa mélancolie et ses souvenirs attristés. Un topos littéraire que celui d’errer ainsi dans les ruines antiques afin de méditer, que ce soit sur l’écoulement du temps ou l’expression des sentiments, de la Pléiade (Joachim du Bellay, Ronsard) au romantisme français. Simon Bournel-Bosson apporte à ce topos un humour déjanté et un voyage initiatique pour Étienne, un passionné de chanson française qui déclame à tout va.

Dans le même esprit, avant même la page titre, le personnage nous met en garde : « Scusi ! Je vous préviens, c’est pas la grande forme... ». Et comme parodiant l’incipit de L’Étranger d’Albert Camus, avec un sérieux qui n’est qu’humour, les premiers mots de la bande dessinée sont : « Hier, Mathilde m’a quitté ».

© Simon Bournel-Bosson / Éd. L’Agrume (2024)
© Simon Bournel-Bosson / Éd. L’Agrume (2024)

Une esthétique pop au service de l’intrigue

Si le récit est drôle et conforte chacun et chacune dans sa lecture, le plaisir de s’évader dans les planches de l’auteur réside pour beaucoup dans son dessin, ses couleurs et autres choix esthétiques. Cette bande dessinée compacte nous offre un dessin très dynamique avec presque exclusivement des pleines pages dominées par deux couleurs : rose et orange.

Une esthétique épurée qui fonctionne merveilleusement avec un trait tout en lisibilité, au contraire du mauvais goût qu’on peut imaginer sans peine en découvrant la couverture. Les mises en scène très diverses dynamisent cet ensemble très convaincant.

© Simon Bournel-Bosson / Éd. L’Agrume (2024)
© Simon Bournel-Bosson / Éd. L’Agrume (2024)

Que vous souhaitiez exorciser une rupture douloureuse aux côtés d’Étienne, ou plonger dans une Rome colorée où l’humour transcende la souffrance dans une fable contemporaine, Week-end à Rome fera votre bonheur. Étienne Dondon, un anti-héros attachant et chanteur passionné, vous attend à l’aéroport et...en librairie !

Par Romain GARNIER

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Acheter


Code EAN : 9782487071087

Week-end à Rome - Par Simon Bournel-Bosson - Éd. L’Agrume
Paru le 19-09-2024 - Format 13.4 x 2.8 x 19.3 cm
– 272 pages - 16 €

Découvrir le travail de Simon Bournel-Bosson :

– Les Trompettes de la mort, un récit écologique à mi-chemin entre Princesse Mononoke et Bambi, de Louis Groult

L’Agrume ✏️ Simon Bournel-Bosson Humour Amour France Rome
 
CONTENUS SPONSORISÉS  
PAR Romain GARNIER  
A LIRE AUSSI  
Romans Graphiques