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Bon
5 novembre 2025
Seize premières pages en couleurs pose un cadre mystérieux : comme dans un cauchemar, on y voit les réminiscences d’un passé violent. Flash-back lumineux, regards par des trous de serrures, vision d’enfants manifestement enfermés... Puis un retour à la réalité, avec le réveil d’un homme (est-ce l’un de ces enfants, qui a grandi ?) qui semble tenir un autre individu en otage. On passe alors au noir et blanc pour les 160 pages suivantes.
Nous voilà sur une planète connue sous le nom de « monde de Maggral », faite de grands ensembles continentaux. Dans cet univers, les capitaux se sont concentrés vers les marchés financiers et les grandes multinationales (toute ressemblance...), qui se confondent avec les États. Accompagnant ce stade aigu du libéralisme, l’industrie de guerre prospère. En son sein, la quête du quorum, minerai essentiel dans la fabrication des armes, est source de conflits. En particulier, deux multinationales s’affrontent : l’une d’elles, dont les dirigeants ont des méthodes particulièrement féroces, fait enlever le fils d’un dirigeant concurrent. La rançon ? Refiler tout ce qui peut alimenter le commerce d’armements, sinon l’enfant sera exécuté. La riposte est alors d’engager un chasseur de primes, du nom de Kaltan Lagary, autrefois connu sous le nom de Red Smile.
Ce manga seinen, de science-fiction, est la premier du jeune auteur Sbulu, qui s’est chargé de tout (scénario, dialogues, dessin). Il met en scène un contexte global assez classique dans sa dimension dystopique : la primeur d’intérêts financiers sur toute autre valeur, dans un univers où agissent en sous-main des puissances et des intérêts parfois insaisissables. Les personnages, quant à eux, sont plus originaux : le récit est particulièrement centré sur la figure de Kaltan, dont il est difficile de savoir de quel côté du Bien et du Mal il se trouve.
Sa cause est noble, mais ses motivations le sont moins ; cette ambivalence trouve son origine dans un passé d’enfant-soldat, où il a côtoyé Vajura, une femme elle aussi difficilement saisissable. Deux temporalités se retrouvent alors dans le récit, avec de fréquents retours vers l’enfance du héros. On a parfois un peu de mal à se retrouver dans la diversité des enjeux de l’histoire, mais celle-ci reste bien construite, avec un graphisme qui rappelle Final Fantasy, y compris dans certains contenus (un monde qui semble très futuriste, mais où on trouve encore des combats d’épée).
Deux autres tomes sont déjà écrits, et paraîtront si ce premier passe du succès d’estime, que l’on accorde bien volontiers, à une réussite en termes de ventes.
Par Damien BOONE
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