Rave T.7 & T.8 Edition originale – par Hiro Mashima – Ed. Glénat Manga

Par Milan MORALES 24 juillet 2025 
Bienvenue à cette dernière session de rattrapage express consacrée à la réédition en grand format de la série « Rave » de Hiro Mashima par les éditions Glénat.
Vous pouvez sans souci retrouver les chroniques des six premiers tomes en-dessous de cet article.

Résumé détaillé du tome 7 de Rave

Chapitres 98 à 114
La tempête gronde sur Southernberg : suite à la résurrection de Demon Card, Lucia, fils du redouté King, impose sa suprématie et parvient à reconstruire totalement l’organisation criminelle de son père.

Pour le contrer, les deux plus grandes puissances criminelles s’allient : la Brigade Doryu et les Onigami.
Leur objectif commun : s’emparer des très convoitées pierres Sinclair et précipiter le monde dans le chaos.

Haru et ses compagnons luttent contre cette nouvelle coalition maléfique.

Au cœur de Mildesta, le groupe doit affronter la destruction du village, symbole brutal d’une guerre qui s’étend désormais à l’ensemble de Southernberg.
Ce désastre bouleverse profondément nos héros : les sacrifices consentis, la détresse des habitants, marquent un tournant dans leur aventure.

Sur le plan stratégique, l’arrivée d’un nouveau membre des Oracion Seis, le commandant Deep Snow, rebat les cartes.
Pris entre attaques surprises et alliances explosives, Haru et sa bande progressent tant bien que mal vers leur but ultime : retrouver le quatrième fragment du Rave.
Parallèlement, Elie poursuit la quête de son identité et les mystères de l’Aetherion, tandis que Musica et Let se confrontent à leurs propres dilemmes.

Avis critique :

Disons-le d’emblée : ce septième opus, censé être un tome charnière, est de loin le plus déceptif jusqu’ici.

Après la montée en puissance savamment orchestrée des six premiers tomes, ce tome 7 laisse un parfum d’inachevé, voire de frustration. Sur le papier, la montée des enjeux, la multiplication des alliances maléfiques et l’éclatement de la guerre devraient offrir un cocktail explosif. Pourtant, la magie opère nettement moins.

D’abord, la surenchère d’adversaires et de sous-intrigues nuit à la clarté du récit. Les apparitions successives de Demon Card, des Onigami, de Doryu, de Deep Snow et des Oracion Seis donnent un sentiment de dispersion et rendent difficile l’attachement à l’un ou l’autre des antagonistes.

La menace est partout, mais paradoxalement l’émotion s’en trouve diluée : la destruction de Mildesta, qui aurait pu constituer un climax poignant, est traitée rapidement, sans réellement approfondir l’impact sur la population locale ou les membres du groupe.

Les héros, eux-mêmes pourtant bien développés jusqu’à présent, semblent ici en retrait, contraints de réagir dans l’urgence, sans trouver le temps de s’affirmer ou d’exprimer des choix forts.
Les scènes d’introspection restent superficielles, et l’aspect dramatique peine à s’imposer face à une mécanique narrative qui privilégie l’escalade à la profondeur.
Même la mort de l’un de nos héros est rapidement évacuée, voire niée, et est repoussée au second plan.

Reste une énergie indéniablement shonen, des scènes de combat dynamiques et un univers toujours plaisant, servi par une édition Glénat soignée.


Ce tome 7, véritable tournant dans la série, vaut surtout pour la mise en place des enjeux à venir. Il apparaît, au regard de la construction minutieuse des premiers volumes, comme le plus faible sur le plan narratif et émotionnel, alors même qu’il ouvrait la voie à de formidables possibilités dramatiques.

Peut-être est-ce le prix à payer pour une série qui aspire à monter en puissance : à force de vouloir élargir l’échiquier, elle sacrifie temporairement l’essentiel — l’âme de ses personnages et l’intensité de son récit.

Résumé du Tome 8 :

Chapitres 115 à 129
L’assaut sur le vaisseau se transforme vite en course contre la montre. Nos héros affrontent une série d’adversaires redoutables, dont les légendaires assassins des ténèbres, qui utilisent des pouvoirs magiques mortels au service de Doryu.

Alors que la mission de sauvetage d’Elie se poursuit, 2 membres de l’organisation Oracion Seis — Reina et Jegan — font irruption dans la bataille. Ils n’hésitent pas à semer le chaos, bouleversant totalement la stratégie de nos héros : Let se lance sur la piste de Jegan tandis que Haru et Musica pénètrent dans le manoir de Doryu.

Qu’en avons-nous pensé …

Avec ce huitième volume, Hiro Mashima a décidé de reprendre en main le fil principal de son arc : en trois chapitres (ou presque), il évacue les démons secondaires pour remettre enfin le lecteur face à de véritables adversaires : Reina & Jegan, les Oracion Seis d’un côté et de l’autre, Ogre & Doryu !
Et instantanément, le rythme redevient haletant, la tension ressurgit face à l’incroyable puissance de ces protagonistes.

Musica fera alliance avec Reina, tous deux Silver Claimers, contre Ogre, qui se révèle être un Gold Claimer !

Sur l’autre front, Haru est mis en échec total par Doryu et il ne doit son salut qu’à l’intervention du guerrier du ciel azuré, Dalmation, gardien du Rave du futur.

Autant le tome 7 nous avait déçus, autant la seconde moitié de celui-ci se révèle enthousiasmante !

Hiro Mashima tisse ici une intrigue où chaque instant compte, où l’angoisse de perdre un être cher nourrit la rage et le courage des protagonistes, et où des alliances contre-nature — donc précaires — amènent à une issue incertaine pour les personnages.

Ainsi, l’auteur mènera l’un de ces guerriers à réaliser le sacrifice ultime de sa vie.
Ce mini-arc se déroulant entièrement sur ce tome, il a néanmoins pris le temps de creuser la psychologie de ce dernier et sa rédemption s’avérera complète et touchante, offrant par la même occasion un power-up bienvenu à Musica (qui était en perte de vitesse sur les derniers tomes…).
Notre mangaka nous a d’ailleurs délivré, pour cet événement, des planches diablement sexy mais toujours classieuses.

Autre fait notable, l’intrigue principale avance à nouveau : sauf retournement de situation (qui serait assez malvenu, convenons-en), il ne reste plus comme antagonistes qu’un Oracion Seis engagé et le maître des ténèbres. Les sous-fifres ont tous été balayés, et on est en joie de voir nos héros se confronter à des boss de fin de niveau ô combien charismatiques.

En somme, ces tomes 7 et 8 de Rave incarnent parfaitement l’esprit du manga d’aventure : héros déterminés, alliances inattendues, pouvoirs extraordinaires et une quête qui résonne autant par ses combats extérieurs que par les batailles intérieures des personnages.


Lire cette réédition, c’est renouer avec une épopée où l’amitié, le courage et la confiance en l’Autre restent les armes ultimes face à l’adversité grandissante.

C’est avec le tome suivant que nous atteindrons déjà la moitié de l’histoire contée par Hiro Mashima (18 tomes pour cette réédition).
Ayant rattrapé notre retard sur son rythme de réédition, nous sommes terriblement impatients de découvrir la suite des aventures d’Haru ; le tome 9 est programmé pour une sortie le 3 septembre 2025 avec un rythme de parution de 2 mois.

Ces deux volumes bénéficient de la nouvelle édition Glénat qui valorise tant la qualité graphique que la précision d’une traduction modernisée, garantissant un plaisir de lecture à la fois fluide et authentique.

On apprécie particulièrement la montée dramatique progressive qui évite les excès tout en cultivant la tension propre aux meilleures œuvres shonen.

Par Milan MORALES

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Acheter


Code EAN : 9782344060483
CONTENUS SPONSORISÉS  
PAR Milan MORALES  
A LIRE AUSSI  
BD d’Asie