Très bon
3 janvier 2026
L’intrigue reprend avec une intensité nouvelle l’odyssée de Haru Glory, ce jeune héros ordinaire chargé du fardeau le plus lourd de son monde : réunir les pierres sacrées pour anéantir les Dark Bring. Mais cinquante ans après le sommeil de ces artefacts maléfiques, une organisation de l’ombre tente de les réveiller pour imposer sa domination totale. La situation dégénère lorsque Haru, acculé, franchit la ligne rouge. Il active la neuvième forme de son épée Ten Commandments : Sacrifar, la lame maudite dont l’usage a toujours été formellement prohibé, quitte à y perdre son humanité.
En parallèle, une autre puissance occulte se dévoile, menaçant cette fois la trame même de la réalité : la maîtrise du temps. L’heure est aux alliances contre-nature et aux trahisons retentissantes. Un duel dantesque s’engage entre Sieghart, renégat du Peuple du Temps, et Haja, le traître de Demon Card. L’enjeu de cet affrontement dépasse l’entendement : le contrôle de la puissance de Chronos, une magie suprême capable d’étirer le temps jusqu’à l’anéantissement de toute vie.
Soyons honnêtes : sur le papier, Rave coche toutes les cases du pur nekketsu, avec ses poncifs inébranlables sur le pouvoir de l’amitié et sa galerie de personnages parfois archétypaux.
Certains pourraient même s’agacer du manque de profondeur d’un Musika ou du côté grotesque du bestiaire entourant Plue, qui flirte parfois avec le ridicule. Et pourtant, la magie opère. C’est là tout le paradoxe et le génie de Mashima .
Chaque chapitre se dévore avec une gloutonnerie intellectuelle inavouable, comparable à ce moment où, au restaurant, on oublie toute bienséance pour “saucer” son assiette jusqu’à la dernière goutte.
Hiro Mashima démontre ici une capacité redoutable à injecter une véritable tension dramatique dans un récit d’apparence classique. L’usage de l’épée maléfique n’est pas un simple artifice pyrotechnique, mais un dilemme moral pesant qui interroge sur le prix à payer pour la victoire, évitant ainsi l’écueil d’un manichéisme trop facile .
En refermant ce tome, malgré le sentiment de satiété, le cliffhanger final agit comme une torture exquise, nous laissant avec cette envie impérieuse de replonger immédiatement dans l’aventure.
C’est efficace, rythmé et terriblement addictif. Rendez-vous en librairie début mars 2026 pour le tome 12 (sur 18 prévus).
Par Milan MORALES
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Vous pouvez retrouver ici nos précédentes chroniques :
– les tomes 1&2
– les tomes 3&4
– les tomes 5&6
– les tomes 7&8
– le tome 9
– le tome 10