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Dès l’entrée de l’espace, en plus de l’immense stand Disney Lorcana qui, les deux années précédentes, s’imposait par sa couleur violette caractéristique et ses écrans géants, c’est un autre stand tout aussi imposant, doté d’écrans tout aussi massifs, qui attire le regard : celui du mastodonte de la vente aux enchères en ligne, eBay. Deux autres grands stands sont par ailleurs consacrés à des licences majeures du TCG, Yu-Gi-Oh ! et One Piece, mais c’est bien le site américain qui tire son épingle du jeu : concours, cadeaux, Guest Stars, retransmissions en direct, ouvertures de boosters… Rien n’est omis pour attirer le chaland.
Un changement notable toutefois : d’un jeu de cartes fondé sur les personnages Disney, qui amuse les familles et séduit les collectionneurs, on passe à un espace consacré au gambling, à la collection, à l’achat-revente et à la spéculation. Car, il faut bien le reconnaître, c’est ce dernier phénomène qui domine le marché depuis plusieurs années. De plus en plus de créateurs de contenus lui consacrent leurs vidéos et ouvrent leurs propres boutiques. D’autres, comme l’Américain Logan Paul, affolent les compteurs avec des achats records, parfois controversés. Jouant sur le ressort de la nostalgie, le marché des TCG trouve dans les réseaux sociaux une caisse de résonance particulièrement puissante.
Si la licence Pokémon demeure aujourd’hui le leader incontesté du marché, malgré l’absence d’un stand officiel à Japan Expo, les monstres de poche japonais, qui célèbrent cette année leurs 30 ans, sont omniprésents, notamment sur les nombreux stands de revente qui ont fleuri dans le salon.
En pleine ascension, le TCG One Piece bénéficie de la même notoriété que le manga le plus vendu de l’histoire dont il est issu. En témoignent les deux mouvements de foule provoqués ces derniers jours : le premier au Musée Grévin, à l’occasion de la distribution d’une carte exclusive ; le second à Japan Expo, pour une opération similaire. Dans les deux cas, la distribution a dû être temporairement suspendue à la suite de débordements.
Les TCG font indéniablement partie des produits dérivés les plus recherchés du moment. Des éditeurs français comme le Label 619 ou La Musardine s’y sont mis, et les organisateurs de Japan Expo ne s’y sont pas trompés en leur consacrant un hall entier. De nouveaux acteurs sont apparus à mesure que cet espace gagnait en importance. Pour autant, sa localisation et la nature des stands proposés témoignent d’une spécialisation croissante, signe que le marché est désormais entré dans une phase de maturité.
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Photos : Lyne GEYNET, Kelian Nguyen