Marsupilami Supermaru/Marsu Club : un dyptique qui part d’une bonne idée

Par Rémi BARNAULT Pas mal 8 mai 2025 
Ces dernières années, la série lancée par Franquin, Batem tient les crayons et Colman le scénario, et ceci depuis 2006. Les deux derniers albums forment un diptyque avec une idée prometteuse, portée par un graphisme toujours aussi maîtrisé. Il a fallu attendre quatre ans pour avoir la deuxième et ultime partie, qui sera le dernier scénario de Colman. Que retenir de cette pièce en deux actes ?

Et si, le temps d’un album, vous deveniez vous-même un Marsupilami, partageant ses aventures au cœur de la jungle plutôt que d’en rester simple spectateur ? Quel passionné de BD n’en a jamais rêvé ?

Supermarsu

Dans le tome 33 et première partie de ce qui constitue le tout dernier "diptyque", la botaniste Diane Forest mène des études dans la jungle de Palombie auprès des Marsupilami. Accompagnée de Georges et de son neveu Hector, elle doit cependant rentrer en Angleterre pour cause de manque de financement de l’université. Or, Hector, émerveillé par Marsu, n’entend pas rentrer chez lui. Au cours d’une exploration de la jungle, voilà que le jeune garçon se retrouve transformé lui-même en Marsupilami, ne gardant comme caractéristique propre qu’une mèche rousse, rappelant celle de... Spirou. Rappelons que Le Marsupilcoatl (nom donné par les indigènes) vient à l’origine d’une BD des aventures de Spirou de Franquin, Spirou et les Héritiers.

Marsupilami Supermaru/Marsu Club : un dyptique qui part d'une bonne idée
© Dupuis.

Reste à savoir s’il s’agit d’un clin d’œil capillaire ou d’un pur hasard. Cette parenthèse étant faite, il faut souligner que l’introduction pré-transformation traîne dans la longueur, un peu au détriment de l’intrigue. La suite est sous forme de récit initiatique où Hector explore sa nouvelle condition et ses capacités. On sourit notamment à quelques références au COVID bien trouvées et à l’humour bien typique, surtout graphiquement de la série. L’album propose également d’autres belles références, à Disney notamment.

© Dupuis.

Au-delà de cela, “Supermarsu” est un récit qui touche par moment tant il est centré sur les émotions des personnages. On notera que Hector en Marsupilami éclipse totalement la présence des membres de la famille de Marsu de l’intrigue. Aussi, l’aventure avec un grand A n’est pas vraiment présente. Ce qui n’enlève en rien le plaisir de la lecture. Nous ne sommes pas loin de la narration du Nid des Marsupilamis.

Marsu Club

Dans ce tome 34, alors que Marsu est triste du départ d’Hector et de ses proches pour l’Angleterre. La tension monte enfin quand Hector revient soudainement dans la jungle, de nouveau transformé en Marsupilami. Cette fois-ci, il est bien décidé à s’installer, ce qui ne va pas plaire à certains membres de Marsu. En effet, il ne peut y avoir qu’un mâle adulte sur le territoire et Hector en a toutes les caractéristiques. Aussi, une rivalité naît avec les enfants de Marsu.

Cet album est particulièrement drôle, notamment les réflexions que se font les enfants Marsupilami à propos d’Hector - un infra-langage à décryptern comme d’habitude, non pas via des paroles, mais en rébus. Il y a également de belles références, certaines flagrantes, d’autres plus discrètes, tant à la série qu’à d’autres univers du côté de l’école de Marcinelle de la BD franco-belge. De Peyo notamment.

© Dupuis.

Si l’on note une redondance entre ces deux albums, le contraste d’ambiance reste néanmoins intéressant à observer. Hector et sa tante Diane - désormais bien installés dans l’univers de la série Marsupilami - étaient déjà apparus dans les tomes 26 et 32, avant même diptyque. Cependant on peut regretter l’absence de certains personnages emblématiques, comme le chasseur Bring M. Backalive, au profit du Jaguar et des Indiens bien connus. Certains personnages passent au second plan, voire sont mis de côté : on se concentre beaucoup sur Marsu et Hector.

Si les références abondent et si le point de départ du diptyque se montre original, le développement reste assez classique, sans grande surprise. Une histoire plutôt sympathique sur le vivre ensemble et la quête intérieure. Le récit aurait sûrement gagné en efficacité en tenant en un seul volume. Même si, au bout de deux tomes, on reste un peu sur notre faim, hagroubaaââ houba !

Graphiquement, le plaisir est intact : en une trentaine de tomes, le Marsupilami n’a pas pris une ride, le dessin est toujours aussi énergique. Les décors aux allures amazonienne de la jungle fictive de Palombie continuent de faire rêver, portés par une mise en scène toujours aussi soignée, vive et poétique.

Par Rémi BARNAULT

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Code EAN : 9791034766314

Le dernier tome de Marsupilami, Marsu Club, est disponible aux éditions Dupuis pour 13,50 €.

Marsupilami Dupuis ✍ Stephan Colman ✏️ Batem
 
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PAR Rémi BARNAULT  
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