Après dix ans passés au scénario du Marsupilami, Stéphane Colman dépose son stylo. Mais la BD imaginée par Franquin en 1987 ne s’interrompt pas pour autant : elle revient même sur le devant de la scène, accompagnée de deux nouvelles adaptations à l’écran. Une chose est sûre, Marsu n’a pas crié son dernier “Houba”.
Après une première adaptation télévisée libre en 1993, signée par le géant Disney et mal accueillie par Marsu Productions, la maison d’édition crée sa propre série en 2000. Le brave Marsu y affronte son ennemie de toujours, le jaguar, mais aussi le vil trappeur Bring. Pour sa deuxième saison, sortie en 2003, la série est renommée Mon ami Marsupilami. Un titre plus que évocateur, puisque Marsu et sa famille vont se lier avec des humains : la famille Dujardin. Aucun lien avec l’acteur du même nom.
Quelques années plus tard, en 2009, la série reprend sous le titre de Houba ! Houba ! Hop !, d’après le cri de la bête… et son bond. Marsu trouve un nouvel ami en la personne d’Hector, un jeune garçon, mais se fait au passage une ennemie : Félicia Devort, détestant au plus haut point la jungle palombienne et voulant la raser pour en faire une mégalopole. Rien que ça.
Enfin, en 2012, sort une cinquième saison intitulée Nos voisins les Marsupilamis. Plus de dix ans plus tard, une nouvelle série voit enfin le jour. Clairement annoncée dans l’optique de réinventer l’univers de Franquin pour une nouvelle génération dès l’âge de cinq ans, nul doute qu’elle contentera cette nouvelle audience de jeunes téléspectateurs.
Pour l’occasion, un relooking d’usage et de tendance s’impose : les marsupilamis passent à la 3D, avec aux manettes les studios Ellipse Animation et Belvision. Ce qui frappe tout de suite, c’est l’absence — à priori — de Marsu, le marsupilami par excellence. Il ne laisse même pas place à ses enfants ni à sa douce, mais à de nouvelles petites boules de poils : Twister, Hope et Punch. Trois noms pleins d’énergie, ce qui en dit long…
Exit la forêt palombienne, puisque les trois marsus débarquent en ville, trouvant refuge auprès des jumelles de neuf ans, Jade et Mica. Celles-ci doivent à tout prix cacher les petites bêtes, pourchassées par les vils prédateurs que sont “Capitaine Stan” et le jaguar. Seulement, c’est bien plus facile à dire qu’à faire, quand les trois bébés marsupilamis n’ont qu’une envie : explorer en toute liberté la ville fascinante qui les entoure.
Le résultat, qui s’annonce plein d’action et d’humour, est à retrouver en France dès le 5 novembre au petit matin, sur Gulli. Cette revisite promet de faire parler d’elle en dehors de la francophonie, puisque les droits à l’international (hors USA et Chine) ont d’ores et déjà été acquis par Nickelodeon, pour une large diffusion en 2026.
Même s’il est encore trop tôt pour se pencher en profondeur sur le sujet, il est dit que ce nouvel univers est développé en parallèle par plusieurs filiales : Microids, laissant présager un jeu vidéo, mais également Dupuis et le journal Spirou. Un tout premier spin-off pour la BD ?
En 2012, le Marsupilami a connu une revisite en live-action. Une initiative signée par Alain Chabat, cinéaste et avant tout grand lecteur de BD, à qui l’on doit aussi l’adaptation à succès d’Astérix Mission Cléopâtre.
Adapter le Marsupilami en live-action est, sur le papier, un projet ambitieux, surtout compte tenu des moyens nécessaires pour les effets numériques. Pourtant, dans le film de Chabat, la créature se fait plutôt discrète, laissant la vedette aux deux comiques que sont Alain Chabat, himself, et Jamel Debbouze. Même l’élégant Lambert Wilson a fait une apparition aussi inattendue que remarquée pour l’occasion.
Le 4 février prochain sort un deuxième film, toujours en prises de vues réelles mêlées à des images de synthèse. À la réalisation, on retrouve Philippe Lacheau, connu pour son adaptation du manga Nicky Larson, qui, à la manière de Chabat, s’inclut dans le casting du Marsupilami.
Si l’on ne connaît pas encore exactement la nature du lien avec le premier film, on sait néanmoins que Jamel Debbouze sera de retour dans son rôle de Pablito Camaron. S’ajoute au casting le non moins célèbre Jean Reno, en antagoniste. Ironiquement, les marsupilamis risquent une fois de plus de se faire voler la vedette.
Enfin, comme évoqué précédemment, le Marsupilami va également faire son retour en BD, avec un 35ᵉ tome et, au passage, un changement de scénariste. Stéphane Colman laisse sa place à Ced et Kid Toussaint, auteurs des séries Elles et Animal Jack. Au dessin, Batem reste fidèle au poste depuis les débuts de la série.
Dans cet opus, Marsu va devoir faire face à une quintuple menace, comprenant notamment l’habituel Bring M’ Backaliv, mais aussi de nouveaux venus, guidés par un jeune indigène acquis (ou pas) à leur cause. Il ne manque plus que le jaguar…
Mais il en faut plus pour se faire hérisser les poils d’un marsupilami, en témoigne la couverture présentant un Marsu plus que confiant face à ses oppresseurs. Quant au titre La dernière chasse, il soulève autant de questions sur l’avenir de la série principale que sur le sort réservé aux cinq chasseurs.
Par Rémi BARNAULT
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