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Màlphas T. 1 : L’Enfer, c’est les autres... et c’est diablement drôle !

Par Quentin GUILLIER Bon 1er août 2026 
Ankama Éditions frappe fort avec la sortie du premier tome de Màlphas. Scénarisé par Serena Meo et dessiné par Moloko, ce diptyque fantastique nous propulse dans les mésaventures terrestres d'une démone déchue. Derrière une esthétique cartoonesque explosive et un humour noir décapant, cette nouvelle parution cache une réflexion étonnamment moderne et touchante sur la différence et l'acceptation.

Màlphas n’a rien d’un démon ordinaire. Fille adoptive de Lucifer en personne, elle dirige d’une main de fer le très créatif « Département des nouvelles tortures ». Son ambition ? Prendre la place qui lui revient de droit au Conseil des Enfers. Mais c’est sans compter sur la paranoïa de son illustre père. Refusant de partager son trône, le Diable l’envoie sur Terre accomplir une mission prétendument capitale, mais surtout impossible : retrouver le descendant du Christ afin de damner son âme.

Le syndrome de la « Nepo Baby » infernale

Accompagnée de son fidèle et improbable assistant Blorb (alias Moloch, le fils de Belzébuth), l’archiduchesse démoniaque entame un périple à travers les époques, des croisades du XIe siècle jusqu’à la France de l’entre-deux-guerres. Mais, loin des flammes de l’Enfer, ses pouvoirs s’affaiblissent. L’enthousiasme laisse peu à peu place au doute et à la frustration, alors que Màlphas réalise qu’elle est victime d’une vaste manipulation de son père.

Màlphas T. 1 : L'Enfer, c'est les autres... et c'est diablement drôle !

Sous le vernis de l’humour, une critique sociétale acérée

Si le point de départ de Màlphas prête à sourire, la force de la scénariste Serena Meo réside dans sa capacité à glisser un véritable sous-texte derrière cette comédie absurde. L’œuvre dépasse la simple parodie satanique pour interroger notre humanité.

Le voyage temporel sert ici de révélateur : à travers les siècles, une constante demeure, le rejet de la différence, mais aussi la violence, le mensonge et les rapports de domination. Au point de se demander si l’Enfer n’est finalement pas la juste place de l’humanité. Ce tome introduit également une jeune et mystérieuse humaine, Raziel, dont l’histoire évolue, pour l’instant, en parallèle de celle de Màlphas. Elle cherche à fuir l’oppression patriarcale exercée par sa famille. Les autrices abordent ainsi des thématiques résolument contemporaines — identité de genre, émancipation, place des minorités — avec une intelligence rare. Le message passe par l’aventure et l’empathie, sans jamais tomber dans la leçon de morale sentencieuse. Un tour de force pour une série mettant en scène l’incarnation même du mal.

Une claque visuelle sous acide

Pour porter ce récit survitaminé, Moloko déploie un style graphique qui détonne. L’influence de l’animation américaine est évidente : le trait est rond, extrêmement dynamique et expressif, conférant aux personnages une vitalité folle qui rythme la lecture.

Ce dynamisme est sublimé par une colorisation audacieuse. La dessinatrice joue sur un contraste permanent entre la noirceur des thèmes abordés — la dépression, les Enfers — et une palette pop, parfois presque fluo. Un choix esthétique risqué, mais qui s’avère payant, renforçant encore le décalage absurde de l’intrigue.

Un premier acte qui donne chaud

Avec ce premier volume de 112 pages, Ankama Éditions confirme son flair pour les pépites du s la production Jeunes Adultes. Màlphas réussit le pari paradoxal d’être une œuvre à la fois cynique et lumineuse. Prévue en seulement deux tomes, la série s’achève, pour ce premier acte, sur un cliffhanger retentissant qui laissera les lecteurs trépignant d’impatience. Une excellente surprise, diablement recommandable.

Par Quentin GUILLIER

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Code EAN : 979103353070
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