Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Moyen
6 février 2026
Dans cet opus, Béka et Poupard misent sur le dépaysement. Ou du moins, ils en font la promesse. Lassée de voir le rugby envahir chaque recoin de son quotidien, la femme de l’Anesthésiste décide d’organiser des vacances. Destination choisie : le Viêt Nam, pays supposément hermétique à la culture rugby. Évidemment, le stratagème tourne court : une toute nouvelle fédération vient de voir le jour, et le pays attire désormais une foule de touristes fans de rugby.
Dans l’album, on pourrait s’attendre à être immédiatement propulsés à l’autre bout du monde, mais en vérité, le voyage met un certain temps à démarrer, et le dépaysement promis se fait attendre. Si l’action est bien censée se dérouler au Viêt Nam, le changement de décor reste finalement assez secondaire, au profit de situations déjà bien connues des lecteurs de la série.
Côté humour, le bilan est contrasté. Certaines blagues tombent à plat, donnant parfois l’impression de mécaniques un peu usées. Mais l’album sauve l’essentiel avec quelques gags qui font toujours sourirs. Mention spéciale aux piques adressées au football — tradition respectée —, aux savoureuses déformations professionnelles de l’entraîneuse, Grololo, lorsqu’elle raconte des histoires à sa fille avant de dormir (Alice au pays du Rugby, ou une relecture très personnelle des Trois Mousquetaires), ou encore à l’inusable rivalité France / Angleterre, toujours aussi efficace.
On appréciera également la scène à Notre-Dame-du-Rugby, où les fidèles de l’ovalie prêchent la tolérance envers tous… y compris les treizistes. Un clin d’œil qui rappelle que, sous ses airs potaches, la série conserve une vision du rugby comme sport ouvert, fédérateur et capable de s’adapter à toutes les cultures.
Au final, ce tome 24 ne révolutionnera pas la série Les Rugbymen. Il s’adresse avant tout aux lecteurs qui retrouveront avec plaisir les personnages et l’univers qu’ils connaissent par cœur. En dépit d’un souffle parfois inégal, l’album nous fait toujours sourire.
Par Alice D’ANDREA
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.