Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html

Kraken Mare T. 1 : Le manga français qui a conquis le Japon

Par Colin BESNIER Très bon 6 février 2026 
Plusieurs millénaires après notre ère, l'humanité parvient à miner le cœur des trous noirs à la recherche de l'éther noir, seule énergie permettant le voyage intergalactique. Cette pratique, pourtant interdite par l’Église après un terrible cataclysme, continue d'être secrètement menée par des foreurs clandestins. Eden est à bord d'un de ces vaisseaux, prête à vivre son premier forage. Seulement, la jeune femme n'est peut-être pas tout à fait qui elle prétend être...

Nous voilà dès les premières pages plongés dans de la hard science fiction, ce qui pour les novices signifie un univers futuriste dans lequel la place donnée à la crédibilité scientifique des technologies est (très) importante. Attendez-vous donc à des termes techniques comme « Événement des horizons » ou « éther noir », ainsi qu’à des interchapitres d’explication du « lore » de cet univers. De quoi régaler les amateurs du genre, généralement friands de ce genre d’informations étendant leurs univers favoris. Saviez-vous d’ailleurs que Kraken Mare était aussi une mer sur Titan ?

Kraken Mare T. 1 : Le manga français qui a conquis le Japon
©IZU,Hagane/ Kodansha Ltd.

Un récit qui met donc la science à l’honneur, tout en restant malgré tout une fiction plaisante à lire, les deux éléments les plus marquants étant justement ces fameux Kraken sommeillant au sein des trous noirs, et qu’il ne faut surtout pas réveiller, ainsi que l’Atomancie. Cette magie, unique en son genre, fonctionne sur les mêmes principes de paradoxes qu’on peut connaître de la physique quantique, comme celui de la très célèbre théorie du chat de Schrödinger.

©IZU,Hagane/ Kodansha Ltd.

Au niveau du dessin, Hagane nous propose de superbes doubles planches de vide spatial, où le gigantisme saisissant des vaisseaux fait pâle figure face à l’immensité du trou noir ou du Kraken, s’étendant à travers l’espace de la planche. On profite aussi des représentations des villes sur Mars, conglomérats d’habitations reposant les unes sur les autres dans une sorte d’amas-ruche. Les scènes d’action, apparaissant plutôt vers la fin de ce volume, sont aussi très réussies par leur dynamisme ou la monstruosité des corps représentés.

Le scénario nous place du côté d’Oriale, alias Eden. On apprend à la fin du premier chapitre que cette dernière est en fait une espionne de l’Église ayant pour mission de saboter le vaisseau foreur et d’en récupérer l’éther noir. Notre héroïne devra aussi infiltrer les rangs des pirates rouges, principaux demandeurs de l’énergie tant recherchée, où elle retrouvera un ami qu’elle pensait disparu. Conventionnel dans sa narration, Kraken Mare propose un scénario rafraîchissant, où Oriale devra faire l’agent double, voire triple, sans se faire démasquer.

©IZU,Hagane/ Kodansha Ltd.

Rappelons aussi que ce manga français est l’un des tout premiers à bénéficier d’une première publication... au Japon ! C’est dans le Monthly Afternoon qu’on pouvait trouver en 2024 déjà les premières pages de Kraken Mare, aux côtés de celles de Vinland Saga, par exemple.
« Notre lectorat (japonais) a reconnu qu’on lui parlait à lui  » confie l’auteur. Un manga donc fait par des fans de SF, pour des fans de SF.

Par Colin BESNIER

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Acheter


Code EAN : 9791043304323

Kraken Mare T.1 - Par IZU et Hagane, chez Pika Edition. Album parut le 21 janvier 2026. 208 pages, 7.70€.

Kraken Mare Pika ✍ Izu ✏️ Hagane Science-fiction Action France
 
Participez à la discussion
1 Message :
  • J’ai beaucoup aimé le manga ( •̀ ω •́ )y, les mangas japonais ont assez peu de thèmes comme ça, c’est devenu assez rare je trouve de nos jours ┗( T﹏T )┛, l’arrivée de cette équipe européenne nous permet donc d’avoir accès à un roman graphique pas cher de 260 pages, ce qui permet d’éviter d’aller vers un Lost Eden par exemple, qui est aussi du dessinateur sous son vrai nom, mais qui n’a que 48 pages pour quasiment deux fois le prix de ce manga. C’est vraiment satisfaisant. Et en plus ça marche dès le premier tome donc on est pas dans une situation où on se dit qu’il faudra attendre un T2 pour vraiment se faire un avis comme dans Dark Souls Redemption par exemple, que j’ai aimé mais il nécessite d’avoir les deux tomes qui forment un acte.

    L’histoire et la DA fait aussi un mix de références bien connues pour créer sa propre histoire, donc on a aussi plaisir à autant voir une nuance de quelque chose qu’on a aimé et de voir un nouveau truc.

    Déjà on a le classique trope du Kraken Mare en SF dont la Mare revêt souvent soit l’aspect d’une mer noire de composés chimiques étranges en milieu alien, soit d’un fluide étrange obscur et hostile, et le Kraken revêt soit l’aspect d’un alien à l’hostilité implacable, soit d’une menace ambiante non visible à une échelle cosmique. On peut y retrouver du Alien avec l’éther noir qui est nocif et à des propriétés étranges, certains côtés monstrueux de HR Giger bien que le manga ne vise pas l’utilisation de la sexualité, et certaines ambiances intérieures de vaisseaux qui rappellent le Nostromo. Il y’a aussi du Ctulluh avec les Krakens qui semblent aussi avoir un côté sentient et « magique » bien que non encore vraiment montré. On peut noter le côté Dune de Villeneuve par l’aspect de certains charadesigns comme le vaisseau Faucon, l’allure du perso de Gaud qui fait penser à Momoa, la structure politique de l’univers avec une planète « impériale » aux mains de l’église omniprésente qui fonctionne comme un empire et une planète « épice », Mars, qui est la seule planète à avoir une ressource pour canaliser l’éther noir ce qui donne un enjeu similaire à la lutte qui s’y déroule comme sur Arakis. Puis l’usage de l’église qui a des pouvoirs étranges. Il y’a également du Alejandro Jodorowsky et du Mobius dans l’aspect de certains designs de vaisseau (comme celui du chapitre 1 qui sert de couverture) et certaines pesanteurs de mises en scène. Et il y’a du Tsutomu Nihei dans la représentation des mégastructures et dans certains aspects graphiques, on pourrait aussi voir du Aposimz dans la gestion des transformations dans la deuxième moitié du manga (je me demande d’ailleurs si Nihei s’est pas inspiré des auteurs européens et celui-là entre autre quand il a encore changé sa DA). Le manga a été recommandé par Tsutomu Nihei et on comprend pourquoi car ce manga européen est l’un des rares en manga à utiliser des tropes de HR Giger et à avoir une DA autour des Mégastructures, des choses qui plaisent à cet auteur.

    Concernant l’histoire c’est très bien dosée et rythmée, c’est très dense à la différence de beaucoup d’auteurs de manga qui aiment souvent ne faire qu’une chose par chapitre. Ici on a des chapitres qui densifient leurs histoires pour montrer beaucoup de choses mais sans trop pour autant s’éparpiller dans les sous-histoires, c’est plutôt du lore, des situations et du dialogue qui suivent quand même le sens de l’histoire du chapitre. L’histoire mêle de l’espionnage (beaucoup de trahison en liaison avec le thème), de la tragédie, le tout avec un trait général assez Herbertien. Puis il y’a aussi l’ajout du détail amusant de la dilatation de l’espace temps.

    Répondre à ce message

CONTENUS SPONSORISÉS  
PAR Colin BESNIER  
A LIRE AUSSI  
BD d’Asie