Bon
11 novembre 2025
“Billie Bang Bang”. Quel drôle de titre qui n’est pas sans rappeler la fameuse chanson de Lucky Luke par Jacques Cardona. Une comparaison qui serait bien plus forte si le protagoniste de l’album était le hors-là-loi Billy the Kid. Mais retournons à nos moutons sans trop tergiverser. Billie est une jeune fille de huit ans pleine de vie, d’humour et de sympathie. Ses yeux, d’une grandeur saisissante, semblent vouloir embrasser toute l’immensité du monde. Billie a pour meilleur ami une drôle de créature complètement marteau, nommée… Marto. Une sorte de petit diablotin en culotte. Il a la particularité de pouvoir changer de taille instantanément.
Billie vit avec ses parents, souvent dépassés par son tempérament, ses histoires et son excentricité prononcée. Il faut dire aussi qu’ils sont, à leurs heures, plongés dans leur monde : les yeux enfoncés dans le smartphone. Qui a dit que c’était propre aux jeunes ?...
L’album commence fort avec la destruction du parc municipal et de ses infrastructures, par Billie et Marto. Mais que fait la police ? Justement, on les voit à quelques reprises. La situation offre de l’agitation aux gardiens de la paix vite dépassés, tout en trouvant le temps de sympathiser avec les pompiers. Il faut dire que malgré tout, Billie garde un capital sympathie. Une provocatrice malicieuse, dotée d’une sacrée répartie.
l’album effleure des thématiques telles que la santé mentale, le harcèlement et les défis familiaux. Le tout sans jamais lâcher son ton purement décalé, burlesque. Résultat : des gags plus ou moins efficaces, mais toujours hautement expressifs. Chacun tourne en dérision les différents sacro-saints “commandements” des parents.
Bille Bang Bang s’inscrit dans la lignée des petites héroïnes de papier moderne, à l’image du Monde de Charline ou de Mortelle Adèle, qui revendiquent le droit à la différence et aux éclats de folie, loin du canon classique et lisse de la fillette modèle et de la princesse en haut de sa tour. Billie n’est pas une incitation à la bêtise, mais une invitation à affirmer sa personnalité et à rigoler à gorge déployée, sans prise de tête de petits écarts que l’on a tous plus ou moins faits dans notre enfance et qui ont participé à notre construction, notre découverte du monde, de nous-même et des limites de la société. Tout en tirant en dérision certaines injonctions un peu plus absurdes.
L’album est augmenté d’un sympathique jeu de l’oie, pour passer de bons moments entre amis et en famille et mettre de côté les petites chamailleries. Petit bémol : le “plateau” du jeu de l’oie s’étale sur la page classique, la troisième de couverture un peu souple et son rabat, ce qui le rend peu pratique à manipuler à plat.
Par Rémi BARNAULT
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Le deuxième tome de Billie Bang bang est en vente aux éditions Le Lombard, pour 9,45€.
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