Moyen
29 avril 2025
Camille et Gloria vivent leur retraite paisiblement, mais chacun à leur rythme. Le couple vit à double vitesse face au prolongement : une technologie médicale révolutionnaire qui permet de stopper le vieillissement du corps. Gloria y voit la promesse de la jeunesse éternelle, Camille préfère profiter du temps qui lui reste de manière plus « naturelle ».
Le traitement est très coûteux et Gloria a déjà dilapidé quasiment l’intégralité de sa fortune personnelle pour couvrir les frais. Ne lui reste que le restaurant familial dans lequel le couple s’est rencontré, prochain à faire les frais de l’industrie de la fontaine de jouvence.
Dans ce récit de science-fiction, l’auteur introduit de nombreuses notions comme la fin de vie, la peur de mourir, le culte et les diktats autour de la beauté et de la jeunesse éternelle, qui ne sont pas sans rappeler le film The Substance sorti en salle l’an passé. Mais il aborde aussi les luttes sociales, l’égoïsme face à l’empathie, la vie éternelle résultat de lourds sacrifices face aux plaisirs simples d’une vie modeste.
Cependant, toutes ces notions ne sont que le tapis d’une intrigue principalement centrée autour de la vente du restaurant et du déchirement d’un couple dont chaque individu défend une philosophie de vie diamétralement opposée. Dans ce scénario de SF au postulat novateur, les questions sociétales et de bioéthique ne sont ici qu’effleurées. Par exemple, les manifestations anti-prolongement sur fond de lutte des classes ne sont visibles que dans deux planches. La moelle plus philosophique de ce récit de science-fiction paraît s’écraser derrière une intrigue plus commune.
Le dessin vivant et la gamme pastel des couleurs, à dominance de bleu et de rose, donne un aspect doux-amer à l’album. Une tonalité appropriée pour ce récit de vie centré sur les relations.
Par Kelian NGUYEN
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Le Prolongement - Par Gwendal Le Bec - Ed. Casterman