Très bon
13 décembre 2025
Ce Bestiaire, enrichi par des illustrations inédites du maître brésilien, ose le pari risqué de transformer la science-fiction en une zoologie rigoureuse, où près d’une soixantaine de créatures (iums, mantrisses, éleutères géants et autres abominations marines) prennent vie sous nos yeux ébahis.
Cet ouvrage encyclopédique, imaginé, créé et rédigé par Olivia Le Moëne, s’attache à recenser les écosystystèmes entiers imaginés par Leo à travers ses différentes séries-cycles (Aldébaran, Bételgeuse, Antarès et au-delà), en s’appuyant sur les observations fictives de Kim Keller, l’héroïne principale de la saga.
Olivia Le Moëne, diplômée en neurosciences comportementales, s’amuse littéralement à décrire avec une précision chirurgicale ces bêtes inventées :
• L’ium vorace des mers d’Aldébaran, symbiotique et impitoyable ;
• L’emblématique mantrisse, prédatrice aux appendices hypnotiques (ma préférée) ;
• ou l’éleutère géant, dont les écailles végétales fusionnent avec les marais toxiques.
Leo signe des planches numériques superbes, croquis compris, tandis que les notes de Kim Keller (rapport de l’Institut d’étude de la mantrisse oblige) ancrent le tout dans une pseudo-science irrésistible, comme si ces monstres hantaient vraiment Bételgeuse ou Antarès. Pour les amateurs de cette saga (débutée en 1994 et qui se perpétue encore aujourd’hui sur de nouveaux cycles), nous avons là un complément indispensable à la saga, tant sa profondeur éthologique rend l’exobiologie palpable et addictive.
On y décèle une vraie passion pour le détail : ces créatures ne sont pas de simples décors, mais des piliers narratifs, soulignant les thèmes chers à Leo comme la survie en milieu impitoyable ou les alliances improbables entre humains et aliens.
Personnellement, je trouve que ce bestiaire élève l’œuvre au rang d’univers cohérent et immersif, où chaque bestiole respire la menace physiologique ! Un régal pour qui chérit les mondes organiques et retors de la SF franco-belge. Cette expérience littéraire s’avère être au niveau qualitatif de son pendant pour la série Valérian & Laureline : « Le Guide des 1000 planètes » chez Dargaud.
Les illustrations de Leo, réalistes à en frémir, captivent par leur texture vivante, tandis que les textes d’Olivia Le Moëne oscillent entre rigueur scientifique et humour subtil, ce qui rend l’ensemble accessible sans jamais sombrer dans le pédantisme.
Cet ouvrage brille par sa complétude et son élégance graphique, et s’avère être un must-have que les fans invétérés adoreront retrouver sous le sapin en cette fin d’année !
Par Milan MORALES
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