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23 mars 2026
Victor Lustig a plusieurs identités. Sa vie et sa carrière d’escroc relèvent déjà d’un grand roman feuilletonné, avec dans le rôle-titre un pas si gentleman cambrioleur. Après plusieurs années en exil à courir le monde ou à purger des peines derrière les barreaux, l’arnaqueur le plus recherché du monde occidental est de retour à Paris. Les poches pleines d’un dernier coup, lui et son acolyte ne comptent pour autant pas en rester là.
Dans le journal, Lustig apprend que l’exploitation et l’entretien de la Tour Eiffel sont des gouffres financiers. Une information qui fait grand bruit auprès du gratin de la capitale ; mais surtout qui suffit à ce sacré loustic pour élaborer un plan. Grimé en représentant de l’État, il fait venir les plus gros revendeurs de métal de la place pour vendre l’emblème de Paris au kilo.
Bien que l’album soit inspiré d’une folle histoire vraie, le duo aux manettes : Marchetti et Falzon, ne s’arrête pas à faire de cet Homme qui vendit la Tour Eiffel, une bande dessinée documentaire mais bien une farce burlesque. Tout y est « trop ». Les expressions sont caricaturales, les crédules plongent la tête la première et Lustig est aussi inarrêtable que Leonardo Di Caprio face à Tom Hanks dans le film de Spielberg, Catch Me If You Can. Le rythme de l’album est effréné, les gags oscillent entre l’humour slapstick de Tex Avery et celui des anachronismes de Goscinny.
Cette farce où réalité et fiction s’entremêlent accompagne le retour des premiers rayons de soleil et fait, avec nos zygomatiques, fuir la grisaille de l’actualité.
Par Kelian NGUYEN
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L’Homme qui vendit la Tour Eiffel - Par Marchetti & Falzon - Ed. Dargaud