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L’Arnaque des nouveaux pères - Par Jourdain, Daudin et Grimée - Éd. Glénat

Par Inès Pichaux-Vigreux Bon 12 décembre 2024 
Nouveauté très attendue de la rentrée chez Glénat, ce récit est le second pensé à deux têtes et écrit à quatre mains par Stéphane Jourdain et Guillaume Daudin. Les deux journalistes ont publié en 2021 chez Steinkis Les Contraceptés, où la question de la contraception masculine ouvre la porte à de nombreux tabous et inégalités. Trois ans plus tard, c’est la parentalité hétérosexuelle qui sera leur nouveau sujet, transverse de multiples problématiques actuelles.

Tout commence par des vacances en famille, puis un post sur les réseaux et une prise de conscience. Guillaume Daudin et Stéphane Jourdain, auteurs de l’ouvrage Les Contraceptés, saisissent peu à peu que la charge mentale s’est invitée dans les valises de leurs compagnes, tandis qu’ils récoltent en ligne les lauriers de leur participation aux activités ludiques.

Éclairés quant aux problématiques d’égalité de genre, érudits, ils sont confrontés à la réalité de leurs privilèges et vont devoir subsister la pratique à la théorie. Au travers de nombreuses rencontres, ils vont peu à peu découvrir l’iceberg d’inégalités que cache cette “arnaque des nouveaux pères”. Car, si l’on s’éloigne de la figure paternelle qu’ils ont eux-mêmes connue, à savoir le patriarche traditionnel, figure d’autorité brillant par son absence dans le foyer, l’évolution est lente voire très lente. Et ces nouveaux pères, s’ils sont plus présents, réclament des médailles pour des tâches socialement valorisées, invisibilisant de fait tout le travail de leur compagne.

L'Arnaque des nouveaux pères - Par Jourdain, Daudin et Grimée - Éd. Glénat
L’Arnaque des nouveaux pères : Enquête sur une révolution manqué ̶ Par Stéphane Jourdain, Guillaume Daudin et Antoine Grimée
© Glénat

Et si la sensibilité quant à l’égalité des genres, couplée à la bonne volonté, pouvait être un leurre ? Que faire de ce “dadwashing” ? Comment agir concrètement et repenser la parentalité dans le couple hétérosexuel ?

C’est à travers une enquête menée sur plusieurs mois que les deux auteurs, sous le trait d’Antoine Grimée, vont tenter de creuser ces problématiques. Le premier constat se fait dans leur entourage proche, avec les témoignages d’amies dont la fatigue à gérer un “enfant” supplémentaire n’est que la surface de problématiques systémiques et sociétales. Car, dès la naissance de l’enfant, la charge revient d’office à la mère, à cause d’un congé paternité court qui ne permet au père que d’être un assistant provisoire. Beaucoup de causes et de conséquences de ces inégalités dans la parentalité hétérosexuelle vont être développées, au travers de nombreuses rencontres, de théoriciennes et chercheuses à un coach pour pères, en passant par un groupe de parole pour auteurs de violences conjugales. Les auteurs iront jusqu’en Suède, où des évolutions notoires ont déjà eu lieu, tout en mettant en avant le travail qui doit encore être fait, collectivement, chez les hommes. La place laissée par les femmes dans le foyer, dont elles se sont souvent emparées malgré elles, est également abordée, avant que leur enquête ne se conclue par une table ronde, “100% représentatives des pères de 2024”.

Si l’ensemble de l’ouvrage est copieusement documenté, cette conclusion laisse un arrière-goût amer. Comment représenter tous les pères en ne questionnant que des hommes blancs, érudits ou socialement privilégiés, alors que leur enquête montre justement que les milieux précaires sont les plus frappés par ces inégalités ? Cette lacune est le manque principal à cet ouvrage, qui permet néanmoins d’ouvrir la porte de la large diffusion à une problématique actuelle et profonde.

L’Arnaque des nouveaux pères : Enquête sur une révolution manqué ̶ Par Stéphane Jourdain, Guillaume Daudin et Antoine Grimée
© Glénat

En effet, la sensibilité et la bonne volonté ne suffisent plus. Les efforts de ces nouveaux pères sont insuffisants et bien trop valorisés, et cette enquête le prouve concrètement. Elle apporte de nombreuses pistes de réflexion, quelques outils qui pourraient être plus nombreux et surtout un message clair : il est grand temps de passer à l’action ! C’est une vraie prise de conscience collective et des actions concrètes qui permettront à l’égalité de voir le jour, et pas d’ici une douzaine de générations. S’il n’est pas exhaustif, cet ouvrage a le mérite de proposer une réflexion globale, pour une bonne première approche du sujet. Un second volet, ou des lectures complémentaires, pourront permettre aux lecteurs et lectrices d’avoir une compréhension plus poussée de ces enjeux.

Ainsi, que vous soyez L’aidant, Le partageur, Le fainéant, L’élogieux, Le brouillon ou L’autruche, ou que vous côtoyez vous-même l’un de ces grands ados, vous trouverez dans cette bande dessinée des clés pour voir le verre à moitié plein et, on l’espère, renverser la balance.

Par Inès Pichaux-Vigreux

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Code EAN : 9782344060186
Glénat ✍ Guillaume Daudin ✍ Stéphane Jourdain ✏️ Antoine Grimée à partir de 13 ans chronique sociale Esprit critique France
 
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4 Messages :
  • Ça ne ressemble pas une enquête très pointue, ni à une charge très acérée. A titre personnel, je suis comme tout justiciable. Je veux bien être culpabilisé, mais il faut que l’accusation fasse bien son boulot.

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    • Répondu par Olive le 13 décembre 2024 à  15:04 :

      Les couleurs sont jolies, mais le dessin, bof. Quand au lettrage informatique, c’est du Comics Sans non ?

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    • Répondu par Bruno le 13 décembre 2024 à  15:05 :

      Bonjour. Ce qui est bien avec ces sujets est qu’autant la culpabilité que l’accusation nous (je suis un homme) reviennent. À nous de nous saisir des deux. On peut être aidé par d’autres dans le boulot d’accusation, mais pas réclamer cette aide, c’est à nous de bosser. Et pour ce qui est d’être culpabilisé, on peut tout de suite valider notre culpabilité, pour se rendre à l’étape suivante : la reconstruction, autrement, mieux, au mieux. Les deux auteurs sont des hommes et c’est ce qu’ils tentent de faire il me semble.

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  • Nouveauté très attendue de la rentrée

    Ah ouais ? Très attendue par qui ? Personne à ma connaissance.

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