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Très bon
21 avril 2026
Après de nombreux succès, notamment ses fameux récits de voyage, ainsi que son excellent et fort justement remarqué Pour une fraction de seconde, Guy Delisle nous revient avec un projet fort différent : une interprétation (et non une adaptation, comme il le précise lui-même) d’un récit complet de 16 pages de Jean Echenoz.
C’est pour Delisle l’occasion d’explorer « ce que la bande dessinée peut en révéler de singulier ».
Bien lui en a pris. C’est pour nous l’occasion de découvrir un texte moins connu d’Echenoz, écrit en 1988, qui raconte une histoire toute simple : celle d’un père et de son fils ayant perdu leur femme et mère (ainsi que leur appartement, tout ayant été emporté par un incendie), mais qui veulent en préserver le seul portrait restant, immense, peint sur un mur pour une publicité, mais que l’occupation des sols menace. C’est là une très belle histoire de filiation et de deuil, dans une société davantage préoccupée par la rentabilité.
On retrouve avec grand plaisir la ligne claire de Delisle, ses personnages fins et légèrement caricaturés ainsi que l’utilisation d’une belle bichromie.
En peu de mots (mais ceux d’Echenoz !) et pas tellement plus de dessins, Delisle nous offre donc un ouvrage singulier et sensible, qui nous fait réfléchir.
Par Philippe LEBAS
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