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Jeff Mistral T.1, Mort imminente - Par Olivier Andrieu et Alain Julié – Éd. Klev

Par Milan MORALES Excellent 26 mai 2026 
Plongez dans les années 1950-1960 avec ce polar vintage où un détective privé enquête sur un vol de diamant mystérieux, entre voitures d’époque et expériences de mort imminente. Une série qui rend hommage à la grande bande dessinée franco-belge tout en osant une touche de surnaturel audacieuse.

L’album débute en mai 1955 en Alsace, où Aristide Klein, représentant de commerce pour les cirages Baratte, conduit sa Simca Aronde à travers les routes rurales. Soudain, un cerf traverse sa trajectoire : l’Aronde fait une embardée, Aristide est éjecté et s’évanouit. Une bonne sœur en 2 CV le découvre et prévient les secours.
Mais le choc est si violent qu’Aristide vit une décorporation, une EMI (Expérience de mort imminente). Il traverse un long tunnel baigné de clarté sereine, ressent un bien-être profond et rencontre ses proches décédés prêts à l’accueillir. Lorsque les infirmiers tentent un massage cardiaque sur place, Aristide assiste impuissant à la scène depuis au-dessus de son corps. Les secours le ramènent à la vie et il voit s’éloigner parents, ancêtres, tunnel et paix… Il revient de son bref voyage dans l’au-delà.

Sept ans plus tard, en septembre 1962, l’action se déplace au Musée des Arts décoratifs de Paris. Gaston Couderc, directeur du musée, alerte le détective Jeff Mistral : le diamant Lucie, l’un des plus beaux au monde, vient d’être volé alors qu’une exposition majeure devait ouvrir le soir même. La porte a été fracturée, curieusement, mais le coffre-fort a été ouvert sans effraction et l’alarme débranchée sans dégât.
Jeff Mistral rencontre Julie, une jeune femme mystérieuse qui affirme que le voleur n’est autre qu’Aristide Klein, son compagnon, celui-là même de l’accident de 1955. Selon elle, Aristide aurait développé des facultés spéciales à la suite à son EMI, lui permettant d’ouvrir le coffre sans clé. Mais Julie dit-elle toute la vérité ? Qui manipule qui ? L’enquête se déroule en partie dans la mythique usine Renault de l’île Seguin à Boulogne-Billancourt, visible sur la couverture.

Ce tome 1 convainc immédiatement pour qui aime ce style d’enquête à la Gil Jourdan. Le scénario d’Olivier Andrieu est bien construit, avec un rythme qui s’installe dès les premières cases.
L’objectif était de nous remettre dans le contexte des années 1950, et c’est pleinement réussi : l’ambiance vintage s’installe sans effort, sans jamais verser dans la naïveté.

Un exemple ? Le message codé posté dans les petites annonces du journal local. Pour les lecteurs habitués à ce type de littérature policière rétro, c’est un clin d’œil satisfaisant qui renforce l’immersion. Pour les autres, par contre, ils risquent de ne pas bien comprendre ce procédé.

L’univers général est magnifiquement transmis, avec une attention particulière portée aux véhicules et aux lieux d’époque.
La représentation des voitures est magistrale, on perçoit bien l’amour qu’Alain Julié éprouve pour ces belles courbes et ces beaux châssis estampillés Citroën, Simca ou Peugeot. Les 404, Dauphine, 4L et DS deviennent presque des personnages à part entière dans cette chronique automobile rétro.
La course-poursuite finale sur l’île Seguin est magistralement construite, avec un dynamisme et un réalisme qui rendent hommage à l’école de la BD franco-belge classique.

Dans les séquences d’action, quelques scènes d’entre-cases manquent parfois, ce qui oblige à revoir les cases précédentes pour comprendre ce qui se passe. Ce petit défaut de rythme visuel n’entache pas l’ensemble, mais peut frustrer le lecteur qui souhaite une lecture fluide sans retours en arrière.

On était aussi un brin circonspect quant au dénouement de l’enquête, avec pas mal de questions qui restaient en tête jusqu’aux toutes dernières cases. Néanmoins, grâce à une habile pirouette narrative, l’auteur parvient à repousser aux calendes grecques ces fameuses explications… ou peut-être même à jamais.

Les auteurs nous délivrent donc un bel ouvrage généreux : couverture rigide cartonnée avec jaquette collector, format 24×32 cm (légèrement plus grand que la norme), papier couché mat de qualité. Il comprend 72 pages, dont 44 pages d’histoire et un imposant cahier « making-of » de 28 pages avec crayonnés, encrages, extraits du scénario et un chapitre documentaire sur l’histoire de l’île Seguin.

Par Milan MORALES

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Code EAN : 9782959206627
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